/// Erik ... à suivre ... \\\

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Retour sur : la retraite des Templiers 2011

Beaucoup de sollicitation, les fêtes, manque de temps. Bref, peu de temps pour être aussi rentable sur mes comptes-rendus.

Alors je vais refaire un rapide retour sur ma fin de saison à rebondissement !

 

 

23 octobre : Les Templiers.

Parce qu’il ne faut pas parler que des choses positives, parlons des « loupés » ! Les Templiers, s’en est un beau !

Après une préparation de 3 mois post championnat du Monde, tout va pour le mieux, avec reconnaissance du parcours sous un temps magnifique, des kilomètres et du dénivelé à gogo. Je suis en grande forme, mes potentiels sont même au-delà de ceux du Championnat du Monde. Une course à Nantes, avec les Foulées du Tram. 14,5km couru à 18km/h. Oui, la forme est là !

Et puis vient la dernière semaine. Fini les entrainements. Il ne reste plus qu’à se concentrer, plus qu’à rentrer dansla course. Maistout se détraque. Plus rien ne va. Imperceptiblement, inconsciemment, tout s’emballe.

Je pars sur Millau, sur place, l’hôtel, les copains du Team, mes parents. Mais quelque chose cloche. Je ne me suis pourtant pas mis de pression, mais j’ai un pressentiment.

 

 

Dimanche matin.

 

7h,le départ.

Les premiers kilomètres ne vont pas trop mal. Le temps est frais, mais je suis suffisamment couvert. Mes chaussures sont toute récentes. J’ai cassé les miennes peu avant. Juste eu le temps de faire quelques entrainements avec. Suffisant.

La première montée. Celle de Carbassas. Les sensations ne sont pas exceptionnelles, mais ça va. Je reste avec la tête de course et marche comme convenu dès que je peux pour m’économiser. En haut, je relance, tout est bon. Toujours pareil. Pas la sensation des grands jours, mais je me maintiens dans le groupe sans soucis. 20 bons kilomètres de plateau.

Au fil des kilomètre, alors que l’allure reste sur des base raisonnable de 14/15km/h, le peloton s’amenuise. A l’approche de la première descente vers le premier ravitaillement, celui de Peyreleau, nous devons être au plus une quinzaine. Je prends un gel qui, une fois vidé, m’échappe des mains. Je me retourne pour le ramasser, et repars,20 mètresderrière les cinq hommes de tête dans lesquels je sais être Thomas Lorblanchet, Thierry Breuil, Martin Reyt…bref, trois de ceux que j’avais mis parmi les favoris. Ludovic Pommeret me passe, je reviens vite dessus. Devant, ils ont augmenté l’allure. L’écart se stabilise, je ressens gène au ventre, je ne peux recoller.

La descente commence, devant, ils ne trainent pas, la course s’enflamme, très tôt cette année. Trop tôt vu ma condition du moment !

Manu Gault revient sur moi, je le laisse passer en milieu de descente et le suis.

Nous retrouvons le goudron, j’essaye de relancer. Le ravitaillement, je lance mon Camelbag pour prendre au vol ma ceinture porte bidon…et je repars sans prendre plus de temps pour m’arrêter qu’il n’en faut pour me faire pointer. On m’annonce un retard de 30’’ sur la tête de course…c’est peu, mais beaucoup de temps pris en l’espace d’une seule descente. Ils n’ont pas fait semblant !

J’enchaine, maintenant la seconde montée, celle-ci nous emmène au champignon préhistorique. Les premiers mètres vont bien, mais rapidement, les jambes s’alourdissent, se raidissent, crampent même ! Nous n’avons fait que 24km ! C’est incompréhensible !

Rapidement, je poursuis à marche rapide, puis moins rapide. Andy Symonds, le futur vainqueur, me dépose. Souvent quelques autres.

A proximité du haut de cette difficulté, c’est au tour de David Pasquio, Manu que j’avais laissé à l’entrée du ravitaillement, Nicolas Martin puis Fabien Antolinos qui me doublent presque ensemble. En plus du physique, c’est le moral qui en prend un coup ! J’arrive bientôt au champignon, et essaye de relancer tant que me le permettent mes jambes.

On m’annonce à ce niveau2’de retard ! J’ai perdu 1’30’’ dans la montée !

J’arrive tant bien que mal à maintenir un 14km/h qui me parait bien pauvre. Malgré tout, je me rapproche petit à petit du groupe constitué devant moi de Manu, David et Fabien. Je ne perds pas espoir malgré mes douleurs musculaires qui ne me laisse pas présager une grosse performance si tôt dans la course !

A nouveau le plateau du Causse Noir. De grandes pistes à parcourir, je réussi à recoller au groupe, mais avec souffrance.

L’église abandonnée, je la reconnais, mais je n’ai pas goût à en apprécier les beautés ! Tout comme les fermes, je passe à coté sans y jeter un œil comme je peux le faire habituellement. La tête n’est plus là…les jambes non plus !

Malgré tout je reste avec le petit groupe, mais mes muscles sont si durs.

Juste avant Saint André de Vézines, montée raide et technique. STOP. C’est ce que semblent me dire mes jambes. Je m’accroche. Je ne peux pas abdiquer. Pas possible. Alors je continue, mais mes adversaires s’en vont. Après l’étroit sentier sinueux tracé pour l’épreuve, Fabien est en galère avec ses bâtons, je reviens dessus, mais mes malheureux membres ne me permettent pas de le suivre lorsqu’il repart. Saint André approche.

J’arrive au ravitaillement une grosse trentaine de seconde après le groupe de trois. Je change juste ma ceinture porte bidon contre une ceinture double bidon et repars après avoir vider un verre de coca.

Effet immédiat, à peine sorti du ravitaillement, je vomis tout !

Je repars confiant, habituellement après ma petite vidange, je repars très bien. Mais là, ce n’ai malheureusement pas le système digestif qui me freine, mais mes jambes. Et là, je n’y peux rien !

Je repars quand même, essayant de me remotiver. Un sursaut d’orgueil avant Roques Altes, mais là haut, je craque. Des douleurs s’accumulent. Les jambes, les talons me font mal, un genou, bref, jour de deuil.

Yves-Marie mitraille, un dernier petit geste, plus d’au revoir que de satisfaction. Je tire ma révérence pour aujourd’hui. Je déclenche le plan de secours. Rapatriement et clignotant. Je n’ai plus que cette vision sombre dela course. Redescendre à La Roque Sainte Marguerite, le long de la Dourbie, et m’éclipser.

La descente devient un calvaire avant même d’avoir commencer. Je claudique. Je boitille. La tête est loin. La motivation envolée.

Début de descente, François d’Haene me double, puis Chris Malardé. Un petit encouragement, inutile pour moi.

Je redescends tête basse, petit train. Dernier tiers, Taz est là pour les encouragements, je fais une pause. Je regarde passer une dizaine de concurrent, mais la fraicheur me fait rebouger. Plutôt que d’attendre, je poursuis sur le parcours tranquillement, sur les pas de Guillaume Lenormand.

Arrivée à La Roque par le haut. Ma mère vient à ma rencontre, je marche. Nous redescendons ensemble…avant le pont sur la Dourbie…je retire mon dossard. Pour moi cette année, pas d’arrivée aux Templiers.

Grande déception, d’autant plus grande à la vue de la forme la semaine passée. Mais c’est le sport, prendre des risques, c’est soit aller au sommet, soit chuter.

 

 

Mais voilà, cette course des Templiers reste une expérience à prendre. La préparation pour cette course trois mois d’efforts et de sacrifice vain. Après quelques jours seulement, il faut rebondir. Oui. Mais sur quoi ?

 

J’épluche le calendrier. Pascal me soumet l’idée de courir la Saintélyon…ça ne me tente pas vraiment. Trop de bitume. Trop traumatisant. Je regarde le calendrier. Une course importante tant qu’à faire, alors je cherche.

 

Une semaine après mon abandon, je reprends l’entrainement. L’avantage de cet arrêt prématuré dans cette course : j’ai pu récupérer plus facilement.

Je reprends donc les entrainements sur-motivé par ma forme actuelle.

Un autre problème. Une semaine de vacances en Turquie programmée de longue date. Je ne peux, et ne veux l’annuler. Ca fera une semaine off…en plein prépa !

La veille de notre départ en vacances, c’est décidé. La course, après hésitation, sera quand mêmela Saintélyon. Grandecourse historique, c’est la plus importante de fin de saison, et comme le dit le Coach, la « seule qui valle la peine d’être gagner » ! C’est ambitieux, mais pourquoi pas ! Et puis courir de nuit, c’est ce qui me plait !

 

Alors c’est parti. Et ce projet débute par une semaine off…à quatre semaines de la course, soit là où les dernières grosses séances doivent être faites. Pour moi, elles seront truque. Visite de la Cappadoce, d’Antalya…et juste deux footings à jeun !

Dès le retour, je reprends avec une grosse semaine d’entrainement. Pas de transition ! A la fin de celle-ci, c’est J-14 !

 

Malgré tout, cette course, ce ne sera que du bonus. Alors pas de pression, pas d’ambitions, juste du plaisir. Retrouver le plaisir de courir, de se faire mal, d’aller au bout de soi-même.

 

 

 

La Saintélyon très bientôt !



13/01/2012
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