/// Erik ... à suivre ... \\\

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14 février 2009 : Hivenal Trail de Grand Brassac

Ca y est, la saison trail commence…tôt ! C'est le baptême du feu, ma première course en tant que représentant du Team Asics ! Un peu de pression certes, mais surtout peur de décevoir et de ne pas être à la hauteur du groupe. Tant pis, il faut bien se jeter à l'eau !

 

De retour à l'entrainement depuis quatre semaines, un trail en deux étapes s'avère difficile, surtout par ce froid !

Bref, la décision est prise, je suis inscrit, je vais participer au Grand Brassac Hivernal Trail.

Et oui, c'est là Saint Valentin... je n'ai rien d'autre à faire que de partir pour un trail par étape de 46 km avec 1800 m de déniv. +…

Au programme : 18km le samedi, départ 19h. 18km en nocturne. Une grosse nuit et retour sur les chemins Périgourdins dès 10h le dimanche pour 28km. Une partie sur le même itinéraire que la veille…mais de jour…

Heureusement, Niko (Darmaillacq) m'ayant fait un bilan de son expérience, je ne pars pas complètement dans l'inconnu !

 

Bref, départ de Nantes le vendredi soir pour rejoindre mes parents à La Palmyre.

Samedi 14 février après midi, convoi de 2h30 de route pour rejoindre le hameau de Grand Brassac, au fin fond de la Dordogne.

Sitôt arrivé, prise de possession de dossard et changement de tenue…nouveau Team, nouvelle tenue, et bien que je n'ai pas encore la tenue de course officiel, je peux quand même user le principal, les chaussures, pour cette étape courte, j'ai opté pour les Asics Gel Attack…plus légère, une semelle avec une bonne accroche me semble-t-il, on verra bien…je les sors juste de la boite ! Bien que cela soit plutôt déconseillé, j'en prends le risque !

Un petit échauffement, rencontre avec Alain, traileur passionné de ce bout de Périgord qui n'hésite pas à s'exiler en terre bretonne pour courir en nature, puis direction la ligne de départ, dans le centre de ce petit village perdu.

Mes parents et Céline m'y accompagnent, je me débarrasse de mes derniers vêtements quelques secondes avant le départ seulement, il fait froid ! Je m'échauffe, je sautille, on se blotti tous ensemble sur la ligne de départ…il fait meilleurs !

Sur la ligne justement, je ne connais pas grand monde. On m'annonce Christophe Bassons, on m'annonce également Pascal Mouchague, ancien vainqueur ici, on m'annonce deux trois autres coureurs locaux…on verra bien ! Et y'a des gens comme Alain, qui viennent « juste » pour le défi…juste pour se dire « je l'ai fait »…et 46km sur ce genre de terrain, on peut en être fière ! Des comme lui, nous sommes 229 sur la ligne de départ, dans ce froid hivernal, au milieu de…pas grand-chose !

Un petit U2 pour réchauffer l'ambiance, un speakeur dynamique qui connait bien son affaire, des coureurs motivés, tout est là pour que la fête soit belle.

Je suis en première ligne, le coup de canon retenti enfin !

Bien sure départ rapide...par des températures pas loin de 0°...la tenue longue est indispensable!

Les bêtes sont libérées, nous nous ruons dans la ruelle qui nous emmène dans le noir. Au bout de 300m, nous arrivons sur une portion de route…ca monte déjà ! Il fait froid, nous sommes à peine échauffé, mais nous sommes déjà à fond ! C'est parti pour 18km nocturne !

Sur la route, pas de difficulté, je me contente de ma petite lampe e-lite vissée sur la casquette, elle est bien suffisante pour monter les 800m de cotes bitumées. Le cœur est au max, je reste caché dans le groupe de tête, en 5/6ème position.

En haut, virage serré à gauche, nous récupérons un chemin gras où les appuis y sont rendu fuyants. Je fais attention a ne pas me blesser, un peu gêné par ceux qui me précèdent, mais nous arrivons rapidement en bas de la descente sans problème.

Nous revenons dans le centre de Grand Brassac, que nous traversons. Nous sommes 6/7 à nous détacher doucement. Contournement de l'église descente bitumée, nous ressortons du village et dès les dernières maisons, virage à droite pour entamer sur un chemin une côte qui calme les ardeurs ! D'ailleurs, le groupe s'étire avant d'exploser.

En haut, nous nous retrouvons à quatre. Pascal Mouchages en tête, Christophe Bassons en deuxième, moi dans les pieds et Frédéric Courrèges en fermeture. Un petit coup d'œil rapide derrière me permet de constater que l'écart est déjà fait.

Pascal imprime son tempo...soutenu. Je profite des chemins et sentier pour plus de prudence, j'allume ma deuxième lampe, bien plus puissante... (Je n'en dirais pas plus...c'est ma "botte secrète"!)

Je passe vite second, Christophe me suit, Frédéric décroche dans la première grosse descente au bout de 3/4km. Le terrain, humide et donc gras par endroit, et très roulant à d'autre endroit. Certaine portion sont en dévers, d'autre plutôt roulante permettent de récupérer un peu...mais mon gros soucis en ce début de saison...c'est que je suis juste dans les côtes !

Je fais l'élastique, je perds une dizaine de mètres dans les montées pour les récupérer sur les hauteurs. Derrière, Christophe aussi fait l'élastique et le quatrième revient l'espace d'un instant vers le 5ème km avant de définitivement décrocher.

Les premières côtes en sous bois passe pas trop mal malgré tout, puis, à la sortie d'un virage, nous arrivons sur une vaste prairie à flanc de coteau, que bien sure, nous devons descendre…puis remonter…avant de redescendre pour enfin remonter ! Au final, Pascal a pris quelques mètres ! Nous le reprenons un peu plus loin, aidé par le point de mire de sa lumière.

Le reste de la course n'évoluera pas beaucoup...pas de paysage à décrire, c'est un noir d'encre!

Vers le 10ème km, quelques hectomètres de plat...récup'! Je suis les conseils de Niko…

Vers le 12ème, nous arrivons devant un filet de protection ! Aie ! Puis une corde…c'est la main courante qui nous indique le passage du Moulin de Rochereuil, avec descente de la falaise en glissade avec ces cordes pour aide. En bas, petit pont, traversée du Moulin, je chope un gobelet au passage, puis nous arrivons sur une passerelle. Toujours Pascal devant, Christophe derrière, l'oscillation du pont par nos foulées non synchronisées nous fait danser sur un rythme inédit…mais certainement comique ! A la sortie du pont suspendu, nous nous faufilons dans un goulet qui nous emmène, via un pseudo chemin de boue, jusqu'à une buse…étroite, par laquelle nous devons nous faufiler pour ressortir derrière. J'épargne mais mains de la boue, mais mes pieds sont trempés ! Heureusement, les Asics Gel Attack sèchent vite…

A peine sortie de la canalisation, nous sommes confrontés à l'ascension d'une belle cote bien glissante, heureusement, l'organisation a prévu la corde pour monter l'obstacle ! Les jambes répondent bien les chaussures prouvent leurs efficacité d'accroche…tant mieux !

En haut, nous redescendons…classique !, pour comme il se doit remonter…normal !

Bref, enfin de retour sur la crête, nous revenons sur nos pas…ca sent bon le retour !

Et Niko m'avait prévenu, la fin est cassante, effectivement, elle n'est pas simple! « Les montées seront descentes ... mais les descentes seront montées ! » …ça je n'arrête pas de me repasser cette phrase dans la tête !

En parallèle, je me fais chambrer par mes deux camarades à cause des nombreux encouragements. (Ils ne sont pourtant que 3 à m'encourager...mais ils ont de la voie!!!)

Je m'accroche à Pascal...Christophe s'accroche à moi...finalement, nous restons toujours groupé. L'arrivée approche rapidement, mais je crois bien que le retour est plus difficile que l'allé, outre la fatigue en plus, les côtes ont l'air plus raides !

Quatre kilomètres avant l'arrivée, c'est mon lacet qui commence à se détacher, je sens ma chaussure gauche de moins en moins serrée…et juste après, un petit tronçon de chemin en montée, au sol boueux et collant. Je fais l'extérieur du chemin pour éviter de perdre ma chaussure ! Tant pis, le lacet restera défait jusqu'à l'arrivée…

A 2km de l'arrivée, je reconnais le lieudit de Latrade, 3 maisons qui me font du bien au morale, dernière traversée de bois pour déboucher sur le bitume d'une petite route montante, puis virage à droite pour récupérer un chemin. Au bout du chemin, Pascal prend la route sur la gauche, je lui dis à droite…il tourne à droite sur le chemin ! Le problème ? C'était à droite de la route…mais à gauche du chemin ! Je lui rentre dedans et le réoriente dans la bonne direction…il faut rentrer dans le champ !

Traversée du champ en devers au bout duquel un mur de 2m glissant nous accueil, une corde nous vient en aide…petit saut, et c'est la dernière ligne droite à travers bois, éclairé par des lampions qui illumine notre tracé, magique !

Nous dévalons la pente, puis dans le même ordre que depuis le troisième kilomètre, nous franchissons la ligne, Pascal en premier, moi en second et Christophe en troisième.

Derrière, l'écart est de 3'40" sur le 4ème, 5' pour le 5ème, un petit matelas pour le lendemain qui me parait confortable.

 

Une petite douche artisanale rapide, je réussi à la faire allumer, elle est bouillante ! Le temps que quatre gars (moi et les trois autres premiers) prennent leurs douches difficilement (trop chaud !!), et la douche devient froide pour les suivant !!! Efficacité !

 

Nuit en tente...nous avons pris les devant, un duvet dans lequel nous nous glissons, un autre duvet par-dessus, et une grosse couette encore par-dessus ! Malgré tout, le froid passe !

La fatigue à quand même raison de nous…c'est que j'ai un peu forcé et qu'en plus je suis en dette de sommeil !

Au réveil, il fait -7° dehors...et -6 dans la tente!!! Mais tout va bien!! La couette est trempée de condensation, le duvet du dessus aussi…mais nous, nous sommes au sec !

Petit déjeuné vraiment petit, sous la tente au chaud avec les autres coureurs, avant de se mettre en tenue et de partir pour un petit échauffement.

 

L'étape du jour est de 28km. (1000m déniv. +)

Départ 10h. Il fait frais… -1°C ! J'ai la stupidité de courir manches courtes/short...bref, les jambes sont un peu raides de la veille, mais on verra bien!

Aujourd'hui, je chausse les Asics Trabuco…avec des chaussettes neuves… « Faites ce que je dis…pas ce que je fais ! » Et bien sure, pour l'occasion, ma casquette fétiche.

Je retrouve mes concurrents de la veille sur la ligne, ainsi qu'Alain, toujours aussi volontaire, pour ces 28km du dimanche matin.

Le départ est donné simultanément avec la course des 18km.

Ca part aussi rapide que la veille. Parti en retrait, je passe sur l'espace vert, honte à moi, pour retrouver le groupe de devant.

Je suis en deuxième ligne, voir en fin de premier groupe, mais reste malgré tout au contact. Devant le groupe, Pascal Mouchages accompagne les premiers du 18km, avec moi, Christophe Bassons, les autres sont des coureurs du 18km. Ceux du défi sont en retraits, je suis plutôt satisfait de la tournure des choses !

Première boucle, comme la veille mais de jour, je suis le train du groupe de tête, prends des précautions dans la descente.

Retour en ville, cote de la veille, même effort soutenu dans cette difficulté, puis en haut, nous nous retrouvons à six. Trois du 18km, et les trois même que nous étions la veille sur le 46km.

Sur l'aller, le premier du 18km prends quelques longueurs, Pascal l'accroche, je reste avec le second du 18km et Christophe dans ma foulée à une trentaine de mètres derrière. Je fais l'effort pour ne pas prendre trop de distance, Christophe me suit toujours sagement, mais il souffle autant que moi…ca me rassure !

A la séparation des parcours, vers le 9ème kilomètre, je suis donc avec Christophe, Pascal à pris une vingtaine de seconde. Je ne suis pas encore inquiet malgré le fait que je ne sois pas au top de ma forme !

Au 10ème km, nous passons en 40'30", Christophe passe devant et accélère légèrement...je le laisse partir en chasse de Pascal. Je continue ma course à mon rythme. Des ampoules commencent à me chatouiller les orteils…chaussures et chaussettes neuves oblige !

J'arrive à une belle propriété, que nous contournons. Quelques spectateurs, descente de rochers, puis j'arrive au passage du filet...une vingtaine de mettre en apesanteur sur un filet pour traverser un vide de 4/5 mètres. Je réussis l'exploit de traverser la moitié debout…je m'effondre au milieu…et au grand bonheur des 2/3 spectateurs, je termine en roulant !

Retour sur terre.

Juste après cet effet de style, le ravitaillement, j'en profite pour refaire le plein (eau...banane...) car je sens que mon corps « me quitte » et repars...avec Frédéric Courrèges qui m'a rattrapé !

Je ne l'avais pas vu revenir !

A partir de là, nous terminons cette boucle de 10km supplémentaire par rapport à la veille. La fin est beaucoup plus roulante, se qui me permet de me caller derrière Frédéric. L'allure n'est pas exceptionnelle, mais pourtant je commence à avoir les jambes lourdes…plus que 13km !

15ème km, 1h02'. Je suis surpris de ce temps de passage qui me parait bon par rapport aux sensations.

La boucle se termine par une montée pour rattraper le circuit connu de la veille, en approche du Moulin de Rochereuil et de sa falaise à descendre/remonter. En attendant, nous avons à nouveau une portion de récupération, j'essaye d'en profiter un maximum, de m'économiser pour l'enchainement difficile qui nous attend.

Je suis surpris d'y être déjà (passage au 20km en 1h28' d'après la banderole qui l'annonce). Nous dévalons la falaise avec la main courante, cette fois de jour, la perspective change.

Au ravitaillement, je prends le temps de boire, pas Frédéric. Je repars à ses trousses, passe la passerelle sur laquelle je danse à nouveau, beaucoup plus difficilement que la veille.

Passage dans la buse, mon manque de souplesse se fait sentir…je me mouille les pieds et ne peux faire autrement que de mettre les mains dans la boue…beurk !

Nous revenons au pied de la falaise, que nous devons escalader. La première passe difficilement, mais passe, arrivé en haut, nous redescendons, pour remonter, cette fois, c'est la fin, Frédéric s'en va, je reste coincé ! Mes jambes ne veulent plus me faire monter…c'est donc ç la force de mes bras que je me hisse le long de la corde jusqu'en haut !

En haut, Frédéric c'est arrêter quelques secondes, c'est retourné, l'air de m'attendre, puis est parti. Me voilà seul !

A mon tour en haut, je marche 2/3 pas et je reprends une petite foulée de « ré-acclimatation », je repars au moral !

1km plus tard, c'est le pompon, l'hypoglycémie du siècle! J'ai du mal à marcher droit! Je me ravitaille, bois, et profite des descentes pour avancer en essayant de récupérer, les montées sont plus laborieuses...Niko m'avait prévenu, tout se joue dans les 6 derniers km du 28km. « Les montées seront descente…mais les descentes deviendrons montées ! »…je m'en souviens…douloureusement ! Un peu plus loin, suite à une cote que je négocie pas trop mal, j'arrive à recoller à Frédéric…mais en haut, il repart pour ne plus que je le revoie…snif !

Je me refais le parcours en décomptant les mètres qu'ils me restent avant l'arrivée, à 4km de l'arrivée, un duo me passe en trombe...me voilà 6ème ! Heureusement, il ne reste plus que 4km et je puise pour rapatrier l'arrivée. De toute façon, avec l'avance prise sur le 5ème la veille, je ne peux pas me faire reprendre au général !

Je retrouve enfin les trois maisons de Latrade, signe d'arrivée proche…ouf !

Traversée de bois via un chemin boueux, retour sur la route en cote…je n'ai vraiment plus rien à donner, même pas la force de trottiner comme ce matin lors de l'échauffement !

En haut, je retrouve le chemin…plat, je trottine encore, arrive au champ, le traverse, je passe le petit mur du bout en me hissant à la corde, puis c'est la dernière ligne droite, sprint serait un grand mot, mais j'accélère légèrement dans la descente qui m'emmène tout seul vers l'arche d'arrivée.

Au final de cette étape, 6ème, je perds le podium du général derrière Pascal Mouchages puis Christophe Bassons et Frédéric Courrèges en 3ème qui à repris facilement l'avance que j'avais le matin.

Mais je ne suis 4ème au final que pour seulement...18" de l'ovni qui m'a doublé 3km avant la fin de la deuxième étape, une certain Fabrice Majek, présent sur toutes les dernières éditions.

Niko avait raison, même si ca ne c'est pas joué à grand chose sur le 18km, celui qui gagne le 18km gagne au final (les 5 dernières années!)

Et Niko avait encore raison lorsqu'il m'a dit que celui qui s'accroche au 1er le samedi a toute ces chances d'exploser le lendemain...moi dans un premier temps, et Christophe Bassons dans un deuxième temps qui a fait les mêmes 6 derniers kilomètres que moi ! Fabrice m'aura quand même repris plus d'1' au kilomètre dans le final…bravo !

Belle épopée !

En parallèle sur le 18km, mon père termine en 2h05' quant à Céline, elle finit en 2h10' dans le milieu du peloton.

 

 

 

1

95

MOUCHAGUE

Pascal

VH1

01:23:40

02:16:19

03:39:59

2

96

BASSONS

Christophe

SH

01:23:42

02:18:25

03:42:07

3

192

COURREGES

Frédéric

VH1

01:27:20

02:17:29

03:44:49

4

184

CLAVERY

Erik

SH

01:23:41

02:22:22

03:46:03

5

1

MAJEK

Fabrice

SH

01:28:45

02:17:36

03:46:21

 



19/02/2009
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