/// Erik ... à suivre ... \\\

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3 mai 2009 : Trail du Nivolet-Revard - Manche FFA

Vendredi 1er mai, 14h30. Nos amis Céline et Quasy arrive à la maison pour nous emmener jusqu'à la gare, notre train est prévu à 15h05, leurs arrivée à la maison sonne le top départ d'un weekend dépaysant et chargé !

Chargé, nous le somme, nous chargeons d'ailleurs nos gros sacs dans l'AX « dernier cri » de Céline. Pas de panique, tout rentre, comme quoi, cette AX, un vrai break !

Direction la gare où nos sauveurs nous déposent, nous leurs souhaitons bon weekend, bon triathlon, et les quittons. Nous avons un peu d'avance, mais tout juste pour attendre 5' notre numéro de voie et arriver juste pour nous installer dans notre TGV...sauf qu'arrivé sur le quai, je m'aperçois que ce n'est pas un TGV…mais un TER…et là…c'est la désillusion, ce n'est pas 5h00 de rail, mais 6h30 !

Départ 15h05, ponctuelle comme peux l'être la SNCF…arrivée à 21h49 après pas mal de page de lecture, une pause repas, quelques heures d'écoute MP3…bref…pas de quoi s'ennuyer…ou presque. Le trajet se passe bien…mis à part une porte automatique qui ne peux s'empêché de s'ouvrir et de se fermer toute les 10 secondes…soit 2424 ouverture/fermeture de porte sur notre trajet…in-tchiiiii…in-tchiiiii…

A l'arrivée, Laurent nous attend et nous embarque pour nous emmener chez lui. Un magnifique chalet à l'écart d'un petit village de basse montagne, avec une rivière pas loin pour mouiller le kayak et un terrain de jeu nature à perte de vue !

A 23h, nous sommes au lit.

Samedi 2 mai.

Le réveil ne sonne pas, mais nous sommes debout dès 8h. Petit déjeuné avec du pain maison…délicieux !

Un grand soleil apparait, Laurent m'invite à courir dans sa montagne…je le suis pour 1h00 de course sur chemin plus ou moins boueux, sentier, et 250m de dénivelé dont les derniers avant d'arriver à la Croix de la Dent bien raid…un tee-shirt ne survivra pas à l'attaque de la Dent ! … un véritable chemin de croix !

En haut, à la croix, panorama grandiose, presque du 360° avec d'un coté la plaine de l'Ain, point de vue sur les vallées descendant sur le Rhône…superbe !

Nous redescendons droit sur le village par des prairies fleuries digne de « la vache et le prisonnier » avec Fernandel. La campagne en basse montagne…le bonheur ! Quelques conseils de Laurent pour mieux descendre, je prends moi qui suis piètre descendeur, et je m'exerce dans la descente qui nous ramène progressivement vers la maison.

Avant de revenir sur le chemin qui nous ramène à la maison, petite pause où j'en profite pour m'étirer et écouter le silence !

Puis retour tranquille.

A la maison, nous profitons du grand soleil pour nous dorer sur les transats de la terrasse. Un régale. Une petite douche et nous passons à table. Excellent poisson en papillote pour nos papilles…miam !

Je passe mes temps libre de la journée à perfectionner mon porte bidon Ultimate en y ajoutant des petits élastique sur la ceinture pour me permettre d'avoir à portée de main mon ravitaillement de banane dont je ne peux me passer sur une course ! Couturier que je suis, j'en ai cassé une aiguille !


L'après midi, Laurent et Kathy partent faire une sortie VTT, Céline et moi partons pour une petite sieste sur le matelas de la mezzanine extérieur…au soleil…un délice !

La petite sieste dure deux heures !

Reposé, Kathy et Laurent nous emmène en visite de la région à travers vallée, lac, montagne, petit rafraichissement en bord de lac en prime…la pluie commence malheureusement à se présentée. Nous rentrons à la maison.

Pas de stress pré compétitif pour me couper l'appétit, j'engloutis la purée sans me plaindre ! Et j'adore !

22h…au lit, une dure journée nous attend demain !

 

Dimanche 3 mai : Réveil 4h45 ! Le trail du Nivolet-Revard m'attend…ou plutôt, le jour du trail que j'attends est arrivé !

Petit déjeuné à base de gâteau sport, je n'en ai jamais mangé autant !

Départ de nuit à 5h15 avec le minibus Asics pour une bonne heure de route. J'en profite pour somnoler, quant à Céline, elle s'endort.

Arrivée à 7h50. Le jour est levé, nous filons récupérer nos dossards, puis nous préparons minutieusement nos affaires sous l'œil attentif du staff.

Nous retrouvons Manu (Gault) et Cathy (Dubois) du Team qui viennent d'arrivées. Cathy n'a pas l'air en forme, Manu est toujours aussi chaleureux, et prêt à en découdre !


Petit échauffement d'à peine 10 minutes pour moi, grandement suffisant vu la difficulté du parcours, nous aurons de toute façon 5 kilomètres d'échauffement avant l'entame de la grande montée sur le plateau du Revard.


Je laisse Céline, retrouve Manu, il est 7h45, et c'est la queue pour rentrer dans le parc de départ…On met 10' pour y rentrer, et Laurent qui nous dit de faire vite…sinon il n'y aura plus de place devant…

On s'infiltre pour passer le sas. Puis on se glisse entre le coureur et débouchons par le coté de l'arche en première ligne, devant tout le monde. Et juste à nos coté, Cathy est également là. Le Team Asics aux avants postes…pour l'instant !

8h00, départ est donné sur le stade de Voglans, nous sommes plus de 500 coureurs à être libérés. Je reste devant, abrité derrière une avant-garde de renom. Parmi eux, je ne les connais pas tous, mais j'entends des encouragements aller pour Ludovic Pommeret, Aurélien Brun, Damien Vierdet, et puis d'autre que je connais, Manu (Gault) bien sûre, à coté de qui je cours, Gilles Guichard.


Le premier kilomètre est sans grande difficulté, de la route en faux plat, mais rien de bien éprouvant, d'autant plus que l'allure est modérée. Conscient de mon de départ souvent trop rapide, je reste au chaud dans le groupe à suivre le rythme emmené par Ludovic P. et Aurélien Brun. Devant, déjà deux athlètes sont partis, dès le premier kilomètre. Je ne les connais pas, je m'imagine des coureurs avec des fourmis dans les jambes que nous récupérerons rapidement dans la montée…il s'agit en fait de Benoit Laval, qui vient de faire un trail de 3 semaines au Népal avec plus de 250km, et de Martin Reyt, tout de bleu ciel vêtu.

Je reste sagement a coté de mon leader du jour, Manu, déjà vainqueur de l'Eco Trail de Paris et en course pour une sélection en équipe de France de Trail pour le championnat du Monde de Serre-Chevalier, la Merel Sky Race.

La première bosse arrive, nous bifurquons sur un chemin entre quelques maisons et la piste s'élève vers les hauts de Voglans.

Derrière les deux échappées, le peloton s'étire de plus en plus au fil des mètres. Je reste caché.

Avant le sommet de cette mise en bouche, la file de coureur se scinde en groupe plus petit, nous sommes en chasse à une dizaine de coureurs, et a priori, tous les leaders sont là. Tant mieux, je calque ma course sur eux, au moins pour le début de la première grosse difficulté, la montée sur la croix du Nivolet.

La première cote est avalée rapidement, je peux juger à ma Suunto que déjà 100m de dénivelé ont été engrangés, c'est toujours ca de pris ! Nous amorçons sa descente. Descente rapide, en partie sur route, puis un bout de chemin, je me paye même le luxe de mener le groupe, rien qu'en laissant mes jambes dérouler, je bifurque à gauche juste après un pont sur autoroute pour récupérer un chemin de champs. Enfin tout en bas, nous reprenons de l'altitude par une large piste calcaire, devant toujours nos deux échappés, quoi que nous reprenons déjà quelques mètres à celui au maillot bleu. Je me laisse glisser dans le groupe pour voir un peu qui se trouve là, nous sommes un petit groupe de 6, Manu est là, concentré, nous sommes donc en force !

Après Fournet, nous prenons un chemin sur la droite, c'est le début de 7,5km de montée régulière vers le point culminant de la course : Sire, à 1558m. Dès le premier kilomètre de montée, nous perdons quelques éléments, il ne reste bientôt plus que Manu, Ludo P., Aurélien B., et moi. Devant, hors de vue, Benoit L. continu sa promenade, et Martin R. est toujours intercalé mais commence à caler un peu…nous revenons progressivement !

De mon coté, je trottine sans arrêt, à la Dawa Sherpa, en essayant d'être régulier. Tantôt je mène le groupe, travaillant pour Manu, en prêtant bien attention à ce qu'il suive facile, tantôt, je reste derrière, laissant le soin au membre des Team Quechua et Puma de faire le travail. En fin de groupe, le maillot du violet TEC. Les mètres verticaux défilent au fur et à mesure de notre avancée sur le sentier au milieu de la forêt. 40 minutes de course, je me retrouve devant le groupe, sans forcer l'allure, je prends quelques mètres, j'en profite pour m'évader. Avec un peu de chance, un adversaire forcera l'allure se qui fera l'affaire de Manu resté au chaud dans le groupe…j'ai un leader à emmener !

Au final, je leur prends une cinquantaine de mètre dans cette partie un peu plus roulante, puis à nouveau le sentier grimpe fort. Je reste devant, tout en temporisant mon avance. Ludo est bien, il mène l'allure, quant à Aurélien, il semble un peu plus juste. Manu quant à lui, il reste concentré et à l'air de métriser sereinement. C'est tout bon !

Bientôt la fin de la première partie de montée, Nous revenons forts sur Martin, à moins que ce ne soit lui qui se laisse reprendre ?

Bref, je le reprends, derrière moi, seul Manu avec Ludovic, et mon inconnu au maillot du PEC. Aurélien à plus de 100 mètres de retard.

880 mètres à ma montre, nous avons pris plus de 600 mètres, et je suis encore tout frais, je suis confiant pour le top 10, puisque en étant dernier de mon groupe réduit au minimum, je suis 6ème, et encore frais. Nous avons une petite partie de montée descente raisonnable en sous bois avant d'entamer une petite redescente sur Pragondran, notre premier ravitaillement. Ludovic prend les commandes, Manu le suis, je reste collé à lui et derrière, Martin et le Toulonnais sont avec nous. En bas de descente, Kathy anticipe le ravitaillement et nous annonce à Laurent, je lui laisse mon bidon après avoir bien bu. Tout se passe pour moi comme prévu.

Arrivé au ravitaillement, pointage des codes-barres des dossards, nous ne sommes que 5…et ca bouchonne ! Je récupère auprès de Laurent un nouveau bidon, Manu récupère son ravitaillement, et nous emboitons le pas à Ludovic qui repart. Derrière, nos poursuivants temporises, ils partent avec un peu de retard. Laurent nous accompagne sur quelques mètres et nous indique la tête de course à 2'…pas de quoi s'inquiéter, la course est encore longue, et nous voilà en 3ème et 4ème place. Si tout continu dans cette perspective, nous assurons un podium pour le Team.

Une petite partie roulante, je viens au niveau de Ludovic, qui me glisse « tiens, c'est toi le chevalier ! »…je lui réponds… « heuuu, oui, mince, je voulais passer inaperçu ! », je ne prolonge pas la conversation, pas par manque d'envie, il a l'air bien sympa bien que je ne le connaisse que de nom, mais parce que le chemin commence à s'élever et je risque de ne plus pouvoir parler rapidement !

Il nous reste 3,5km avant le sommet, après Ludo, c'est Manu qui prend notre trio en main. Je reste en troisième position, derrière Ludovic, pour lui laisser le soin de maintenir le rythme de Manu. Celui-ci prend quelques mètres, toujours avec sa petite foulée bondissante, il m'a l'air en forme, tant mieux pour nous !

Derrière, lors de ligne droite un peu plus longue, j'aperçois Martin qui s'accroche à distance. Derrière Ludovic, je ne bronche pas, je lui laisse faire le travail, il revient progressivement sur Manu.

Le pourcentage est élevé, avec quelques rampes et des dalles de pierre, je m'essaye à la marche rapide. Manu lui cours toujours, avec des pause marche bien plus brèves que moi ! je regarde ma montre régulièrement. L'heure de course est passée depuis quelques minutes, je suis rassuré moi qui ai toujours des problèmes lors de mes premières heures de course, celle-ci est passée presque inaperçue !

Nous débouchons enfin de la forêt. Dans l'éclaircie, un petit groupe de spectateurs. Je suis 3ème du groupe, c'est maintenant Ludovic qui mène et qui débouche le premier sur la plaine. Lui est encouragé par pas mal de monde, Manu et moi sommes encouragé par Isa, et j'ai la surprise d'entendre des « aller Martin », il est revenu sur nous et est juste sur nos talons.

On nous annonce la tête de course à 1'30''.

Sur la plaine, Ludo relance, Manu le suis, je me contente de suivre, je n'ai pas la force de prendre de relais à Manu. Derrière, Martin lâche prise. Nous voilà maintenant sur la crête, en direction de la croix du Nivolet que nous voyons au loin.

Je commence à penser à mes kinder parier avec mes amis…plus la place est bonne…et plus j'aurais de kinder ! Le petit plus insignifiant mais qui motive énormément !

Nous continuons à monter progressivement en direction des chalets de Sire, le terrain est nu, le chemin est large, le soleil me réchauffe. C'est toujours Ludovic qui nous emmène.

Au Chalet, le point culminant de la course, le sentier bifurque légèrement à droite et s'enfonce dans un bois, toujours sur la crête. Nous allons droit sur la croix.

Ludovic profite d'un passage un peu plus technique pour s'échapper, il prend rapidement une avance telle qu'on ne le voit bientôt plus du tout.

Je suis encore trop juste pour pouvoir relayer Manu. Je reste derrière. Nous traversons notre premier névé, terrain glissant !

Nous abordons la dernière petite ascension qui nous amène à la Croix du Nivolet, une grande croix métallique en bout de crête, surplombant le lac du Bourget, Aix-les-Bains et toute la plaine.

Ce dernier raidillon…est raide ! Je m'accroche à Manu, pour pouvoir l'aider dans la plaine.

Nous arrivons à la croix, quelques personnes, dont des bénévoles, sont là pour nous pointer et nous encourager. Nous contournons la croix, je passe au bord de la main courante…la descente est directe, mais la vue magnifique !

De toute façon, notre chemin de part pas par là…nous faisons le tour de la croix et redescendons par le chemin aller. Je passe dans la descente devant Manu, plus à l'aise que lui. Je porte les Asics Attack, lui des chaussures légères style Nimbus, donc un avantage en cote et sur terrain roulant, mais légèrement défavorable dès lors qu'il y a quelques rochers. Et là, c'est le cas…donc à moi de faire mon travail et d'emmener mon leader ! Nous croisons les coureurs qui nous suivent de quelques minutes en sens inverse, eux en montée, nous en descente.

Nous arrivons rapidement à l'embranchement qui nous fait partir sur la droite et nous sépare du tracé aller. Nous enchainons encore quelques descentes rendues technique par un tapis de feuille au dessus des cailloux. Je file, motivé par la présence de Manu. Cette partie de chemin en sous bois passe rapidement et on se retrouve vite au soleil en plaine. Devant, Nous voyons nos deux adversaires. Ludovic revenant juste sur Benoit, ils ne sont pas très loin. Je motive Manu « on revient tranquillement, pas la peine de se mettre dans le rouge, la fin nous est plus favorable »…de toute façon, en gérant à distance, nous avons un avantage psychologique, et ca nous permet de temporiser sans se griller pour le final…il reste tout de même presque 30km !

Un long faux plat, retour dans le sous bois, enchainement de quelques petites bosses/descentes, je mène toujours notre duo Asics. Descente à travers un alpage, on retrouve la route et approchons du ravitaillement de La Feclaz.


Les premiers sont pointés à 1', l'écart à légèrement diminué, nous sommes encore dans un bon tempo qui nous permet de nous rapprocher calmement. Kathy et Laurent nous y attendent. Nous arrivons ensemble, changement de bidon, un petit gel et ca repart !

Nous ne perdons pas de temps. Un petit coup d'œil derrière…personne, nous avons un peu d'avance.

Nous reprenons un sentier montant et retrouvons rapidement des sous bois. Bientôt, notre chemin nous oblige à traverser un névé. Je fais de mon mieux pour passer sur les parties les plus facile à courir, c'est-à-dire sans neige, et pour facilité l'avancée de Manu qui a moins d'accroche que moi sur ces chaussures. Je prends donc souvent quelques mètres d'avance et l'oriente lorsque je le peux. Je suis bien, mais je tiens à rester avec Manu. Tout d'abord parce que son résultat sur cette course et plus importante que le mien en vue de la qualif' au Monde, mais que même si je partais maintenant, vu mon expérience encore assez faible, je ne suis pas sûre de rallier l'arrivée qui est encore à 25km, même si a priori nous avons plus de 12km de descente sur le papier qui nous attendent. Et puis aussi parce que le savoir avec moi me motive et me pousse de l'avant !

Je suis plutôt pas mal sur les passages de neige, choisissant bien mes trajectoires, mis à part 2/3 tout droit en sortie de virage à angle droit, mais je réussis à orienter Manu avant qu'il ne prenne la même trajectoire que moi ! Je suis encore particulièrement frais, j'en sus surpris.

En sortie de bois, une colline à montée, nous avons à nouveau en point de mire le duo de tête, à peine 1' d'avance sur nous, et j'attends toujours la défaillance de l'homme parti dès le premier kilomètre. J'ai encore bien en tête le profil de la course qui indique deux bons kilomètres de montées avant le Revard, mais rien en vue d'approchant…alors je patiente et garde des forces !

Toujours en prairie, nous progressons bien ensemble, Manu me conseil de partir si je me sens bien, je lui réponds encore que la fin que j'ai vu sur le profil de course nous avantage et qu'on a encore bien du temps avant de penser à rattraper nos adversaires, et je lui dis que le principale est de ne pas se mettre dans le rouge avant l'ascension finale.

Après quelques minutes, je suis surpris de voir à coté du chemin Laurent qui nous encourage et qui me dit d'y aller maintenant si je suis bien…le chef a parlé, j'accélère a peine. Je me rends compte en me retournant quelques secondes après que Manu devait être limite, car il a lâché d'un coup. Je l'encourage du mieux que je peux, et me concentre sur ma course, car au moment ou je m'en vais, le chemin n'est plus, mais il nous faut, sur cinq cent mètre, monter à travers l'alpage en direction le sommet…car nous y sommes déjà !

Moi qui croyais en être encore loin, je m'y retrouve.

Je ne cède pas à la tentation de marcher, je persiste dans ma petite foulée qui m'emmène jusqu'en haut s'en problème, en haut, nous redescendons sur un chemin après avoir traversé la route, jusqu'au belvédère du Revard qui nous offre une vue plongeante sur Aix-les-bains en contre bas et sur le lac du Bourget. Petite descente en bord de falaise. Juste une main courante pour éviter un tout droit plongeant !

Je jette un œil à droite, le panorama sur le lac du Bourget et sur Aix est magnifique ! Quelques mètres sur ce balcon et virage sur la gauche, un escalier qui remonte jusqu'au point d'observation. Pas mal de spectateurs nous y attendent. Parmi eux, Kathy et Laurent sont arrivés. Un escalier mène jusqu'en haut. Pour garder une foulée plus régulière, je laisse tomber les escaliers et trottine à coté, sur l'espace dégarni de terre végétale.

En haut, j'ai le droit à mes encouragements. Je n'ai pas besoin de nouveau bidon. Je demande juste un gel à Laurent… « pas de gel » me répond il…je longe le bâtiment, puis contourne le muret pour entamer la descente via le monotrace qui traverse l'alpage. Laurent me suis. Au dernier moment, il me donne un gel que je prends rapidement avant de m'élancer dans la descente sous ces conseils… « Prend des risques et va les chercher ! »… bien chef !

Sauf que moi, prendre des risques dans les descentes…je n'en suis pas un grand spécialiste…va pourtant falloir que je m'exécute si je veux faire mieux que 3ème ! Mes adversaires ne sont pourtant pas loin, on m'a annoncé la minute, et au trail du Petit Ballon, j'ai bien réussi à reprendre 1' dans la descente…et bien que la descente était certainement moins technique qu'aujourd'hui, c'est que je suis capable de reprendre du temps !

Laurent me laisse. Je lâche les freins !

Une bonne partie à flanc de près où je peux prendre de la vitesse et prendre confiance, c'est tout ce qu'il me fallait, la route est juste au dessus, j'arrive rapidement à son niveau, Laurent et Kathy m'y encourage, toujours en me conseillant de prendre des risques. Un coup d'œil derrière, pas signe de manu ni de personne d'autre. J'ai vite fait le trou. Manu à du avoir un petit coup de mou. C'est donc à moi de représenter le Team à l'avant…pas le droit de me rater !

On laisse la route sur la gauche pour la récupérer juste après. Elle est juste au dessus, je vois même le toit du minibus Asics passer, eux ne me voient pas !

Enfin on laisse la route pour piquer sur la droite, mon monotrace descend j'agrandi la foulée, prend de la vitesse dans la descente, tout va bien ! Dans la descente, je ne tiens plus…petite pause pipi…je serais plus décontracté après !! Soulagement, je relance, malgré la pause, je me retourne avant de repartir…toujours personne…je reprends encore plus de vitesse.

En bas, un névé, pas moyen de l'éviter, et pas le temps…il est étroit, une dizaine de mètre…je le traverse. Au bout de deux foulées, ma jambe droite s'enfonce. J'essaye d'alléger aussitôt avec la gauche, les deux se retrouvent enfoncées jusqu'aux genoux. Emporté par mon élan, je suis balancé en avant. D'instinct, je mets mes mains en avant, je suis pris au piège !

Les jambes enfoncées jusqu'aux genoux, me voilà maintenant les bras enfoncé dans la neige jusqu'aux épaules ! Rafraîchissement ! Je m'extirpe de la en me mettant à genoux et en sortant mes bras l'un après l'autre, tout mouillé tout gelé, et je repars prudemment sur les quelques mètres qui me reste avant de repartir à pleine allure ! Le chemin de descend pas trop, l'altitude non plus, me voilà bloqué à 1400 mètres, et l'arrivée est à 270 mètres ! La descente risque d'être raide à un certain moment ! Pour l'instant, je gagne de la distance à l'arrivée !

Certainement trop confiant par une descente trop faible, je me déconcentre un instant, une racine ou un cailloux traverse le chemin sous les feuilles qui tapissent le sol, mon pied gauche se prend dedans, je suis jeté au sol, toujours avec se quart de seconde pour réaliser que je vais me retrouver par terre, le tout en souhaitant de tout cœur qu'il n'y aura pas de cailloux sur le sol là où je vais rebondir !

Rien…ouf ! Je glisse malgré tout sur le tapis de feuille au dessous duquel c'est un tapis de terre qui amortit lourdement ma chute. Même coté que lors de ma chute en Corse…décidément ! Cette fois-ci, la douleur est plus vite…mais pris dans ma course, je me relève et repars. Ca me chauffe la hanche ! Je regarde…le short est intact…c'est du solide !

Par contre, le maillot blanc est tatoué ! De grosse éraflure le décor ! Mais pas de trou…c'est le principal. Je regarde à nouveau, pas de trace de sang…sauvé, la bête n'est pas touchée…que du superficiel, rien d'inquiétant !

Quelques kilomètres, toujours pas d'évolution marquante de l'altitude en négatif, il reste encore 17 kilomètres lorsque je passe au niveau d'un signaleur qui me renseigne (Col de Pertuiset), toujours 1400 mètres d'altitude…on à le temps de descendre !

La légère douleur due à la chute s'estompe au fur-et-à-mesure qu'elle se réchauffe.

Trois minutes plus tard, je me retrouve face au passage que je redoutais dont je me rappel bien avoir vu sur le profil de la course, LA descente, 700 mètres en 4 kilomètres à descendre…du pentu !

Effectivement, j'enchaîne les lacets tout les 100 mètres ! A peine ai-je pris de la vitesse, je stoppe mon élan pour tourner…et relancer dans l'autre direction. Je vais vite, mais je perds certainement du temps à chaque virage…à travailler !

Je vois par moment des coupes de virages. Lorsque je vois le chemin en dessous, je n'ose pas couper, trop timide. Lorsque je ne vois pas le chemin au dessous, je ne coupe pas…de peur de me perdre et d'avoir à remonter ! Je garde la prudence, je suis le sentier, mais est obligé de relancer vivement à chaque nouveau lacet.

Toujours en tête le nombre de kinder virtuellement gagné. 3ème, ca commence à faire pas mal de kinder !

En milieu de descente, un chemin presque dans l'axe d'où je viens. Un autre en épingle à cheveux sur la gauche. Dans mon élan, je file à droite…pas de chance, c'était à gauche ! Je stoppe, fais demi tour et repars de plus belle dans un nouvel enchaînement de lacet…l'altitude dégringole !

Je mets du temps à descendre, mais je vois enfin la fin de se petit calvaire. Calvaire car si je suis encore pas mal physiquement, je suis conscient et persuadé de perdre du temps…précieux le temps !

Le ravitaillement « Les Mentens » est enfin là ! Il me reste 12km, c'est le sprint final, d'autant que d'après le profil, c'est de la descente roulante et rapide jusqu'à l'arrivée, puisque sur la carte, le chemin est en bordure de vallée, un retour pour moi !

Au ravitaillement, bien sure, Kathy et Laurent ne sont pas là, ils n'ont pas eu le temps de faire le tour de la montagne pour arriver ici, et nous étions prévenu. J'ai encore de l'eau dans ma gourde, suffisamment pour rallier l'arrivée. A la table, devant les bénévole, je prends un gobelet de coca, que je vide d'un trait, puis deux, puis trois, puis quatre ! Les bénévoles, pour rires, me demandent d'en laisser pour mes camarades…je termine quand même par un verre d'eau pour rincer le sucré du coca !

Je repars sous les encouragements des bénévoles, ils m'annoncent les premiers à 1' toujours ! Je n'ai rien perdu depuis le Revard, nickel. Voilà maintenant 12km rien que pour moi !

J'imaginais une large piste toute en descente jusqu'au bout, je me retrouve sur un sentier pas forcément qu'en descente. Deux trois montée de quelques mètres, pas très difficile, mais qui coupe le rythme et qui font mal aux jambes au vue des kilomètres accumulés. Dès le ravitaillement quitté, je passe au pied d'une falaise. L'altimètre est de nouveau bloqué autour des 680 mètres. C'est une partie roulante. Je donne tout. Je suis conscient que si je veux gagner encore une place, il faut que je m'investisse. Dans les petites buttes, je relance à fond. J'essaye de gagner le maximum de temps possible sur mes adversaires…je prends des risques…

Un contrôleur est là, en plein milieu de la forêt. Il m'indique le chemin à prendre. Une cote. Les jambes sont lourdes, difficile de relancer. Il me dit « 50m est ça redescend ! » Ouf, je m'y engage. Une levée de terre sur laquelle nous remontons un peu. Un peu plus de 50 mètres de long ! Peut être 100 mètres…mes les mètres sont long à présent lorsqu'il faut monter !

A 20 mètres du virage qui nous fait redescendre, j'abdique. Je m'octroie une petite pause marche. Je m'inflige une marche forcée, elle me permet quand même de récupérer un peu et d'arriver en haut en perdant un minimum de temps. A nouveau une belle descente…je galope à nouveau !

En bas de la descente, au pied d'une nouvelle petite montée…ça y est ! Je vois un adversaire ! Enfin ! Il n'a pas l'air dans son meilleur état…c'est Ludovic Pommeret !

Peut être un effort trop violent sur la pleine qu'il doit payer ? Peut être un rythme trop soutenu de Benoit L. qui l'a fait exploser ? En tout les cas, je reviens dessus, et dans la petite côte qui a des airs de rampe, je le passe. Un petit encouragement réciproque, il m'annonce la gagne pas loin devant, je lui réponds qu'il a une petite marge sur le quatrième, mais je continu mon chemin…à la quête d'une inespérée victoire…mais là haut, les consignes étaient succinctes mais limpides…il faut prendre des risques !

Il ne s'accroche pas…je m'enfuis, je file.

Retour sur la route à Mery, c'en est terminé de ladite descente qui devait être roulante. C'est maintenant une descente goudronnée, plus que 6km, je suis encore très bien, motivé par la quête d'une première victoire à ce niveau. La descente est rapide, je lâche tout. Je laisse mes jambes s'emballer. Au point d'eau de Mery, on m'annonce le premier à 45'', je lui ai enfin repris un peu de temps…lui qui est devant depuis le départ !

Un vélo. C'est Franck, venu en voisin nous encourager. Un bol d'air, ca me pousse en avant, je me fais bien grand, file vers l'arrivée. Puis il me laisse pour attendre Manu, que j'espère non loin derrière.

Un kilomètre et demi plus loin, je débouche sur une large piste parallèle à l'autoroute, et devant, il est là, en contre bas, au bout de la piste. Je le vois pour la première fois depuis le départ.

J'ai le réflexe de regarder ma montre et de prendre un pointage...et lorsque je passe à mon tour à mon repère, j'ai exactement 30'' de retard. Malheureusement pour moi, un peu plus loin, avant qu'il ne disparaisse, il se retourne et me voit.

Il à l'air bien, très bien, il repart à nouveau, l'air frais, et je ressens immédiatement le contre coup psychologique…j'en ai les jambes sciées…la victoire ne sera pas pour aujourd'hui, il est bien trop fort pour moi !

En bas, je profite par acquis de conscience de cette longue piste dégagée pour me retourner…personne derrière.

Il reste 4,5km, personne derrière, sauf gros problème, ma deuxième place est acquise…mais la ligne n'est pas franchie et il reste une dernière difficulté, la montée des Essarts.

J'arrive sur le chemin de l'aller. Je me repère…à l'aller, tout avait l'air si facile…et maintenant…

Je suis au pied de ma dernière cote. Elle commence par un chemin le long d'un champ. Pas facile !

Je trottine malgré la fatigue, ne lâche rien…le pont est en vue, c'est mon dernier repère, mon dernier point d'accroche. Je commence à doubler des concurrents du parcours de 23km. Des femmes pour la plupart.

Mais jambes me lâche avant le pont, je termine les 100 derniers mètres à marche rapide…à la même allure que ceux qui sont à mon niveau.

Le pont, enfin. Ragès, c'est le lieu dit où je me trouve. Moins de trois kilomètres. Derrière, toujours personne en vue…et il reste 1 kilomètre d'ascension.

Devant, je ne l'ai pas vu longtemps. Même lors des portions un peu plus longues, il n'est plus à vue.

Au pont, je retrouve le bitume. J'ai repris ma petite foulée. Un peu plus petite qu'avant, mais toujours plus rapide que ma marche.

Quelques personnes m'encouragent, ça me redonne un coup de fouet. Le sommet est là, devant moi, il approche, les derniers mètres sont difficiles, mais j'y arrive, après, ce ne sera que de la descente, je n'aurais plus qu'à allonger ma foulée pour cueillir ma première deuxième place. Dernier coup d'œil derrière, personne sur les 200 mètres qui me précèdent. Il reste 1,5km. Normalement, je ne crains plus rien. J'aurais réussi à résister.

Virage à droite, retour sur un chemin. Je laisse aller ma foulée. J'agrandis mes pas. Je pousse sur mes jambes. Je mets mes dernières forces dans la bataille. Je la sais terminée.

J'arrive dans Voglans par ce petit chemin. Un panneau indique le dernier kilomètre. Des habitants m'encouragent. Je passe entre les premières maisons. Quelques virages.

J'arrive à une grosse route. Je reconnais, nous en sommes à 500 mètres du but…ouf !

Je passe sous un pont. La route devient moins pentue. Je me fais mon sprint…jusqu'au bout…engagement !

Il commence à y avoir un peu de monde, l'arrivée approche.

Virage à gauche…elle est là !

Gagné, après ma collection de 3ème place sur les manches du Challenge Salomon, je gagne un galon supplémentaire en décrochant une seconde place sur cette manche de Championnat de France de Trail…devant quelques noms de haut rang…me voilà satisfait et heureux de ma course.

Le soleil, comme depuis le matin, nous réchauffe un maximum. Céline m'attend à l'arrivée. Manu arrive 6ème après être bien revenu de son coup de mou. Kathy et Laurent nous rejoigne peu de temps après. Cathy franchi la ligne loin de son niveau, affaiblie par un gros virus, mais bien présente quand même.


Plus tard dans la journée, le podium, ma deuxième place est confirmée…mon lot sera…un VTT !!!


Il restera hébergé chez Kathy et Laurent. Car Céline et moi, nous rentrons en train couchette. D'ailleurs, les récompenses terminées, nous prenons la route direction Lyon Gare Part Dieu. Nous quittons le minibus Asics, un peu d'attente avant quelques heures en train couchette.


Nous arrivons Gare de Nantes à 6h39…je suis au boulot à 8h00…la semaine sera longue…et beaucoup de récupération et d'heure de sommeil pour récupérer de ce beau weekend !

 

1. Benoit LAVAL                    4h05'26''

2. Erik CLAVERY                  4h08'28''

3. Martin REYT                      4h09'02''

4. Ludovic POMMERET        4h10'38''

5. Gilles GUCHARD               4h14'42''

6. Manu GAULT                     4h15'27''

7. Fabien ANTOLINOS         4h16'57''

8. Damien VIERDET               4h17'06''

9. Aurélien BRUN                   4h19'18''

10. Stéphane JOUVANCE     4h19'18''

 

  

 De son coté, pendant que je m'amusais dans la montagne, Céline courait surl e 23 km et à réussi à terminer en 2h30', soit presque 9km/h pour une course comptant 950m de dénivelé positif...pas mal. Elle est classée 250ème sur 450...la reconversion triathlon/trail est réussie pour nous deux!

 

 

PS : Les Kinders ont une saveur délicieuse ! 22 de gagnés pour cette seconde place ! ;) miam !



11/05/2009
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