/// Erik ... à suivre ... \\\

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Championnat du Canigou...suite et fin des vacances !

Repartis de La Plagne, nous avons erré sur la côte méditerranéenne depuis le Pont du Gard jusqu'à Banyuls. Profitant des plages, du soleil, de la mer…et des douches de plage !

Mais pas de chance : 3 jours avant le Championnat du Canigou, c'est un rhume qui me prend d'assaut ! Nez bouché, toux grasse, yeux qui brillent…ça pourrait s'annoncer mieux pour la course.

Nous arrivons enfin dans les Pyrénées, dominés par le sommet du Canigou…Et dire qu'il va encore falloir monter ça…Petite balade le vendredi du coté de Font Romeu, puis 4 heures de sauna/hammam/bains le samedi à Saint Thomas-les-bains…Journée relaxante et bien reposante en vue de la course du lendemain, en espérant juste ne pas être trop ramolli.

Samedi soir, dodo sur place dans notre luxueux deux pièces mobile (poste de pilotage à l'avant et salon-chambre-cuisine-rangement à l'arrière…). Nous serons à pied d'œuvre pour le combat qui m'attend dès 7 heures le lendemain.

 

Premier dimanche du mois d'août de l'an de grâce deux mil huit, cinq heures trente cinq minutes…(03/08/08…)

Drinnnnnngggg ! Réveil en fanfare. Aujourd'hui, c'est la dernière étape du challenge Salomon avec le mythique Championnat du Canigou (103ème anniversaire, 34 kilomètres, 2100 mètres de dénivelé positif). Déjà dure en soit, je pense que pour moi cette course sera terrible vu le programme chargé de ce début d'été et les séquelles qui font leur apparition !

Une heure et demi pour se réveiller, manger, s'habiller, « ranger » la voiture (c'est-à-dire tout bourrer en vrac dedans !), et rejoindre le centre de Vernet-les-bains 500 mètres plus bas.

Physiquement, ca va…être dur ! Le seul fait de rejoindre le départ, je ressens encore, bien que légèrement, ma douleur au genou de la semaine passée à La Plagne…souvenir de Roth…

Je me faufile sur la première ligne. A ma grande surprise, Dawa Sherpa, second à la 6000D, est également présent. A ses côtés, de nombreux espagnols réputés pour leur niveau de performance élevé sur ces parcours montagneux. On compte en plus le champion de France de course en montagne, et d'autres athlètes habitués à ce genre de dénivelé…ca va pas rigoler !

Le départ est donné. Départ rapide. Jambes pas fraîches, souffle court, je me laisse tout de suite distancer par les premiers et me stabilise autour de la 15ème place. J'espère grâce à ce départ prudent pouvoir remonter au fil de l'ascension, bénéficiant de l'expérience de la semaine précédente.

Premiers kilomètres sur la route. Tout va encore bien, le pourcentage n'est pas encore trop élevé, ce qui me permet de rester en vue de la tête de course sans pour autant m'enflammer.

Juste avant d'attaquer le chemin, Dawa Sherpa arrive à mon niveau…toujours avec sa petite foulée régulière que j'ai découverte la semaine passée.

Connaissant sa régularité, je prends sa foulée et nous nous engageons sur le chemin forestier.

Malheureusement pour moi, cette 3ème course d'envergure en 3 semaines ne me permet pas de suivre bien longtemps. Pour autant, pas de courbature ni douleurs quelconques dans cette montée, mais je sens bien que mes muscles commencent à être un peu las de tous ces efforts !

Et puis en plus du rythme cardiaque à son maximum, ma respiration est rendue difficile par le rhume encore bien présent malgré la « cure » de la veille dans les bains de St Thomas !

Je laisse donc, à mon grand regret, filer une nouvelle fois le plus français des Népalais.

De moins en moins vite…j'avance…mais j'avance, c'est le but !

Ma progression est laborieuse. Pas mal d'athlètes me doublent, le nantais Thierry Mercereau également…je ne peux rien faire…quand on est dans le dur…on y est pour de bon !

Quelques mètres plus loin, c'est au tour d'un autre nantais de me doubler…il m'encourage. Je l'encourage aussi…mais le laisse passer ! Je m'accroche malgré tout à la faveur d'une portion plus « roulante ». Un grand mot mais dans ce genre de circonstances un passage à 8% devient un passage de plat ! Nous passons le 8ème kilomètre, je m'aperçois maintenant qu'ils sont marqués au sol…un atout vu mon état de fraicheur !

Mon camarade de fortune m'encourage et m'annonce bientôt le second ravitaillement, pas loin du 10ème kilomètre. Nous y arrivons effectivement peu après…ce ravitaillement est pour moi un « déclic ». Les jambes vont mieux, on sort de la forêt, je retrouve des chemins de montagne que j'apprécie tant. Je me sens mieux malgré une gorge toujours un peu prise. On nous annonce près de la 30ème place…

Je repars devant mon compagnon, et sur ces chemins avec le sommet en point de mire, je commence à doubler quelques gars.

Je saute les obstacles, franchis la rivière, double et commence à prendre du plaisir…l'heure de course est passée, je commence à « être chaud » !

Comme je l'ai remarqué déjà sur mes précédents trails « longue durée », après une première heure difficile, je rentre dans la course et hausse mon allure…je suis « chaud » !

Deuxième partie de la montée. Après un petit bout de pierrier, nous retrouvons un chemin de montagne bien sympa, et bien pentu, au milieu de prairies, pour atteindre un vallon dans lequel un poste de pointage et quelques spectateurs nous attendent. Quelques encouragements toujours agréables. Passage de torrent puis nous filons à travers la prairie et entamons la deuxième partie de l'ascension vers le pic du Canigou.

Il est là haut, il domine la vallée, je ne distingue même pas le chemin qui doit nous y emmener…

Nous sommes toujours à l'ombre. Je suis trempé de sueur, et l'air frais me glace le corps…mais je mets cette désagréable sensation de coté pour me concentrer sur ma montée.

J'entame le chemin à travers rochers et éboulis. Sur ce parcours, je me sens bien. Il est possible de « courir » malgré la forte pente, les « marches » naturelles et les cailloux.

J'enchaîne les lacets. Dans l'un d'entre eux, un poste de pointage, avec ravitaillement à la source…L'eau est glacée, mais j'ai soif. J'engloutis deux verres de suite malgré les recommandations des pointeurs. Ca me glace l'estomac!

Je poursuis ma montée et double deux coureurs coup sur coup. Ce passage à flan d'ébouli me parait rapide, j'y suis à l'aise. Toujours les petits panneaux kilométriques au sol. J'arrive à celui annonçant 18km. Le sommet est à 500 mètres, je relève la tête.

Effectivement, le sommet est juste au dessus, mais pour y accéder, il nous faut passer par le goulet diabolique de « la cheminée ».

La cheminée : une faille rocheuse dans laquelle nous devons nous faufiler. Ce passage ressemble à de l'escalade vu que l'usage des mains est quasiment obligatoire…à moins d'être une chèvre ! Tout en haut de cette cheminée, où je double un nouveau coureur, nous débouchons directement au sommet de Pic du Canigou ! Ouf ! Un flot de soleil pour nous accueillir, et les encouragements des spectateurs pour nous remotiver. Le Team Salomon au rendez-vous ! Ravitaillement rapide pour ma part. Un verre d'eau glacée, et je repars en passant devant la croix du sommet pour m'engager dans la descente technique. Dès le début, ma jambe me fait souffrir, j'adapte la foulée en limitant la flexion pour ne pas trop contraindre le tendon.

Je réussis quand même cette première partie de descente sur sentier sinueux et à travers éboulis sans trop ralentir malgré le gène occasionné. Au pic Joffre, on retrouve un sentier de montagne parsemé de quelques rochers, mais sur terre. Ma jambe me fait souffrir et je me concentre pour la garder dans la meilleure position possible.

La descente continue. Un bolide me double en trombe…je ne le reverrais plus.

Ravitaillement suivant, au chalet des Cortalets. Je m'y arrête pour déguster l'eau du coin et manger 2-3 raisins secs. Je repars en trottinant, cette reprise me déchire encore plus le tendon. Après quelques mètres, il se réhabitue à la foulée et la douleur s'estompe un peu. Le sentier devient chemin. Par moment nous le quittons pour couper par un raccourci qui retrouve le chemin un peu plus bas. Ces portions sont plus pentues et bien sûr plus délicates à négocier à cause de mon genou.

…je serre les dents ! Je dois être autour de la 20ème place. Avec cette maudite douleur, ma remontée ne sera pas aussi importante que la semaine passée à la 6000D, mais j'ai quand même réussi à gagner une dizaine de places.

Un trailer vêtu de bleu ne tarde pas à revenir sur mes talons. Juste après, nous débouchons de notre sentier sur une ancienne route, au pourcentage plus doux qui limite ma douleur.

Cette partie de route me permet de distancer mon adversaire. Ravitaillement rapide. Obligé de stopper pour prendre le temps de boire. Douleur toujours aussi forte au redémarrage. Juste après, passage sous un tunnel. Après environ 3 kilomètres de route, j'embraye sur un sentier à travers broussailles très sympa et sinueux.

Les broussailles empiètent tellement sur le chemin que je ne vois pas au dessous de la ceinture et donc je ne vois pas où je pose les pieds…Mais ce sentier en pente douce dans un premier temps me permet de récupérer de ma douleur. Derrière, je ne vois plus personne !

La pente s'accentue, ce qui devient à nouveau franchement très désagréable, et nous emmène jusqu'à un passage de torrent. A la faveur de cette descente, et donc de mon ralentissement, mon adversaire me rejoint. A la rivière, pointage surprise, et je constate avec étonnement que le sentier s'élève à nouveau.

Ne ressentant pas autant la douleur dans les montées, je reviens sur mon compagnon. Il ira même jusqu'à me proposer de  le redoubler. Je n'en fais rien. Je vais le gêner dans 30'' lorsqu'à nouveau nous devrons redescendre.

La côte gravie, un passage plutôt roulant bien agréable, et je reste tranquillement au chaud derrière…

Au col de Juell, le chemin descend à nouveau sévèrement. Mon compagnon est plus à l'aise que moi. Je ne veux pas le laisser partir. Derrière lui, je suis 20ème, et je tiens à terminer dans les 20 premiers…pas 21 ! Ne souhaitant pas qu'on revienne sur moi, je serre encore les dents, cours la jambe tendue dans cette descente plus pentue. Je ne peux retenir quelques gémissements de douleur…mais je réussis à le garder en point de mire à une vingtaine de mètre au plus !

Le 31ème kilomètre est là. Depuis le sommet, j'attends impatiemment les panneaux kilométriques suivant, sachant qu'au 33ème ce sera terminé !

Plus que 2km. Nous retrouvons enfin la route.

Pour moi, route = civilisation, et civilisation = Vernet-les-bains, soit l'arrivée !!

Au bénéfice de la route, je rejoins mon ami de fortune. Tous dans la même galère…

J'ai pas franchement l'impression que le pseudo strapping fait avant le départ me soit très utile, mais bon, me voilà bientôt arrivé et j'en suis heureux…normalement, les souffrances vont bientôt être abrégées !

Je demande à mon camarade combien de kilomètres il reste. Il confirme que nous sommes bientôt arrivés.

Je déconnecte tout. Je lâche les freins, ce qui soulage mon tendon. Je motive mon compagnon, mais après 500 mètres, je me résous à l'abandonner et à partir devant à mon rythme.

J'entre dans Vernet…c'est bientôt fini, mais je m'impatiente. Au passe du panneau du 33ème kilomètre, toujours pas d'arrivée…

La route descend toujours, je suis au niveau de l'église. Grand virage. Derrière moi, il a complètement cédé, plus personne en vue. Au bout du virage, une ligne droite. Au bout de la ligne droite, beaucoup de monde. Au milieu de la foule l'arrivée…

En clopinant, je franchis la ligne. Me voilà de retour !

Soulagement au franchissement de l'arrivée, je peux enfin souffler !

Finalement 19ème, je termine en 3h44'. Le vainqueur a battu le record…avec 41' de moins que moi ! Un espagnol bien sûr. Dawa Sherpa ne termine « que » 4ème. La place de 15ème  de Thierry lui permet de terminer le Challenge Salomon à la 4ème place.

Sur la place du village, sur laquelle trône l'arche d'arrivée où les concurrents arrivent maintenant les uns après les autres, c'est un vrai champ de bataille, digne de la retraite de Russie de Napoléon, où des arrières lignes de Verdun. Des traileurs de plus en plus nombreux s'essayent à même le sol, l'air déconfit, les jambes sales, les maillots trempés, dans tous les sens et n'importe où, leurs sacs à leurs cotés.

C'est là qu'on se rend compte de la difficulté de l'épreuve.

Quant à moi, avec mes deux derniers trails courus à l'arrache, je réussis à remonter à la 5ème place du Challenge National Salomon des Trails…C'est pas beau ça ?

Sitôt passé la ligne, je m'arrose avec le jet d'eau utilisé pour remplir les gobelets du ravitaillement final, et je file à « l'infirmerie » pour faire soigner mon bobo au genou…Diagnostic : tendinite ! Commentaire : « c'est pas prudent de faire un trail avec ca » !!! Mais bon, il me le fallait ce 4ème trail !! Mais si je n'ai pas été vainqueur ici, j'aurais au moins été le premier à bénéficier de l'infirmerie !!!

Repas d'après course dans un cadre magnifique puis nous nous esquivons pour les 9 heures de route qui nous attendent pour rentrer à Nantes…Demain…boulot et fin de vacances !

 

La saison se terminait à Vernet-les-bains. Prochain objectif le 26 octobre, dans une petite bourgade du nom de Nant (je serai pas dépaysé !), pour le Festival des Templiers, trail de 73 km avec 3000m de dénivelé. Mais là, j'arriverai avec une préparation spécifique de 2 mois concoqueté par mon Yann !!!



26/08/2008
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