/// Erik ... à suivre ... \\\

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Corse, Partie 2 : LE Raid Gravona / Ucciani

Dimanche 19 avril…

7heures…on a mis des cloches dans la chambre !

Non, ce sont les cloches du village, mais le vitrage de notre chambre doit être fin, et il est impossible de rester endormi avec 20' de son de cloche dans les tympans !

Au moins…nous voilà bien éveillé, Manu M. se lève en même temps que moi. Nous retrouvons presque tout le monde dans le séjour, plus ou moins en train de se laver, moi je mange ! Un petit cou d'œil dehors pour voir le temps, il fait un grand ciel bleu...magnifique! Alors que la veille, même Alain, pourtant d'ici, était plutôt bien pécimiste!

Un grand chocolat chaud, un bon morceau de pain…l'affaire est faite ! Il aura quand même fallu 20' ! Un petit lavage, en tenue de gala, bien chaudement vêtu, trois épaisseurs en bas, trois épaisseurs en haut…pas de quoi avoir froid !

Enrique, malgré plusieurs réveil de notre part, reste au lit...jusqu'à 7h55...départ dans 5'!!!


Le départ de la course est prévu pour 9h30, nous décollons de la maison à 8h00.

Le nez collé au pare brise embué, Manu G. nous amène sur le site de la course. Sur place, tout est prêt. Notre staff nous y attend, Céline est déjà arrivée, les Bohard Brothers sont également là avec Thomas, nous entassons nos sacs dans notre salle attitrée et nous mettons en condition.

9h45 : Petit échauffement plus ou moins groupé, nous partons pour des allers/retours sur le premier kilomètre du départ. Nous saluons les stagiaires de la veille avec qui nous avons pu échanger, en les encourageant pour la course.


Récupération des dossards en vitesse, surprise…je ne suis pas inscrit ! Je trouve Philippe, le coorganisateur avec Alain, qui me conduit derrière les inscriptions et me fait inscrire. Il me donne un dossard…c'est bon…je peux partir !

Le départ approche, je me sépare de mon survêtement et de mon collant long, je ne garde que mon tee-shirt manche longue au dessus de mon maillot de course manche courte.

Je clips ma ceinture porte bidon Ultimate toute neuve, un bidon de 50cl et un gel dedans, je suis fin prêt pour la course.

Comme d'habitude et comme tous les autres coureurs du Team, j'ai chaussé les Asics Trail Attack, « légère et dynamique », exactement ce qu'il faut pour ce terrain technique, court et difficile.

Aujourd'hui, le niveau est relevé malgré le fait qu'on se retrouve en Corse, sur un trail de 20km un peu perdu…mais c'est ce qui en fait son charme et sa beauté !

On retrouve au départ les meilleurs coureurs Corse, particulièrement compétent sur ce genre de terrain puisque connaissant par cœur ces dénivelés et cette technicité, en plus d'avoir un challenge ciblé sur ce type de course. Jean Paul et Ugo Battesti, Franck Biaggi, Olivier Giorgi en sont les principaux représentant.

Chez les métropolitains, on retrouve Sébastien Chaigneau, quadruple vainqueur du Lybian Challenge et 3ème du Grand Raid de la Réunion 2005, entre autre, on retrouve également Guillaume Le Normand, vainqueur de la CCC 2008, du Lybian Challenge 2009 avec Seb, et de bien d'autre course, et les gars du Team Asics, avec en tête de liste Manu Meyssat, ancien champion de France de course en montagne, membre de l'équipe de France…, les frères Bohard, Alain et Patrick, Thomas Saint Girons, récent 4ème de la Piste des Seigneurs, et 5ème des Templiers 2007, Enrique Gerard, 8ème du Grand Raid de la Réunion 2007, Manu Gault, récent vainqueur de l'Eco Trail de Paris, Franck Bussière, pas mal de place d'honneur à son actif et Céline Lafaye, qui gagne presque toute les courses de montagne d'une vingtaine de kilomètre…bref, un beau plateau !

Sans compter, sur le 10km, sur Niko Darmaillacq, 4ème du Grand Raid de la Réunion 2008, 10ème de l'UTMB 2007, et pas mal de place d'honneur en plus, ainsi que sur le coach de l'équipe, Pascal Balducci, toujours là quand il faut !

(Bientôt un article rien que sur les membres du Team…)

Bref, Philippe nous rassemble sur la ligne, nous sommes tous la, près de 350 sur les deux courses, une belle masse dans ce petit village de montagne Corse.

Rassemblement sur la ligne, comme à chaque fois, il faut se reculer sur la ligne…on se tasse, on loge tous…c'est bon !

Le maire du village donne le départ, tout le monde se rue dans la rue principale du village en direction de la montagne. Nous sommes serrés sur ce début de course, je pars à gauche de la route, empiétant sur le bas coté pour ne pas être gêné.

De l'autre coté de la route, un gars tout habillé de Quechua se retrouve à plat ventre sur le bitume, heureusement juste à coté du trottoir, je crois un instant qu'il s'agit de Guillaume Le Normand, mais quelques mètres après, je suis à son niveau…ce n'était donc pas lui.

Le premier kilomètre étant sur route, le peloton s'étire, les plus rapides prennent quelques mètres, je reste sagement autour de la dixième place. Pas d'excitation, la suite sera suffisamment dure ! Devant, Manu M. et Niko sont aux commandes en compagnie de Pascal. Devant toujours, Thomas, Alain et Enrique sont intercalés avec Guillaume. Quant à moi, je suis sur les talons de Seb avec Manu G. Franck, gêné par son genou, et quelques mètres derrières avec Patrick et Céline sur les talons.

Après 500m, au passage d'un pont, j'accélère un peu histoire de ne pas être enfermé sur le sigle-track qui monte, j'envisage une montée soutenue, qui me servira toujours d'entrainement pour le Trail du Nivolet deux semaines plus tard.

Dans mon accélération, je laisse Manu G. et Seb, je reprends Thomas, et j'embraye sur le début du sentier. Je profite d'un virage pour passer Enrique, les dénivelé ne devant pas être encore suffisamment important à se niveau pour notre Basque du Team. Je me retrouve à l'entame de la cote bien placé puisqu'à la 6ème place, incluant les coureurs du 10km.

Je n'ose pas me retourner, je fais le forcing dans la cote.

Virage à droite, nous voilà au pied du mur. Manu et Niko sont déjà en haut, une centaine de mètre d'ascension pour 40 mètres vertical d'un coup, sur la terre, heureusement sèche…et je ne marche pas, toujours au trot. J'en profite pour reprendre Alain et un Corse, Jean Paul Battesti. En haut, nous retrouvons un sentier un peu plus roulant, et malgré le dévers, le sentier et très roulant et me permet de bien relancer.

Juste après, une première barrière à bestiaux nous est ouverte, on court bien, puis la seconde est là. Celle là est fermée. Pour la passer, il faut passer par une petite échelle en bois sur le coté, petit exercice de style, je passe vite fais et prends mes jambes à mon cou pour distancer mes poursuivant. Devant, je ne vois que deux des 3 coureurs qui me précède. Il y a devant moi Pascal et Jérôme Bosch, le détenteur du record de l'épreuve en 2h15'.

Petite descente courte avec un ruisseau dans le fond, puis deuxième partie d'ascension. Le fait de l'avoir déjà montée vendredi me permet de savoir où j'en suis et j'apprécie bien !

C'est juste à l'entame de cette deuxième partie que je reprends Pascal, une petite tape sur les fesses et un encouragement mutuel sans ralentir l'allure, je suis bien et ne m'arrête pas de trottiner malgré le pourcentage élevé. Pascal et toujours aussi souriant…c'est bon signe !

La cote alterne montée sèche et pente plus réduite, ce qui me permet une récupération relative. Mon altimètre, que je regarde régulièrement, m'indique 800m, c'est bon, « plus que » 150 mètres avant la séparation des deux parcours. Et devant moi, il ne reste plus que l'intouchable Manu M., Jérôme B. et Niko D., qui lui est parti pour le 10 km. Je relance avant d'atteindre un pierrier à escalader, je cède quelques mètres et marche un peu, mais repars dès que la difficulté est passée.

Les mètres (verticaux !) défiles à ma Suunto, c'est parfait, plus que 30m !  C'est gagné pour cette partie…plus que 1000 mètres d'ascension positifs.

Le col arrive, les arbres disparaissent, et sur la droite en contre bas, je vois le passage qui signifie la séparation des deux parcours. Jusque là-bas, la descente est un chemin étroit mais facile à négocier qui ne me pose pas de problème. Passage au col…je suis 3ème ! J'apprends après la course qu'à ce moment, je suis virtuellement 1er du 10 km…parce que Niko c'est planté de chemin et qu'il c'est retrouvé avec Pascal, 1' derrière ! Ce qui ne l'empêchera pas de repartir ! Je passe à ce point stratégique en 29'…et déjà 2' de retard sur Manu M. !!

De mon coté, je négocie le faux plat descendant un peu technique qui me mène à un ruisseau avant une partie roulante de plusieurs hectomètres. J'en profite pour essayer de me faire un petit pécule de seconde supplémentaire sur mes poursuivants.

Un peu plus loin, le chemin s'élève à nouveau au milieu des arbres, je ne stoppe pas ma course, et sautille dans un semblant de foulée !

Enfin nous sortons des arbres, la vue se dégage sur des bosquets et herbes hautes. Un bénévole m'indique le chemin…droit dans la montée…faut bien l'avaler à un moment donné le dénivelé !

100m plus loin, je me retourne…Jean Paul Battesti est juste derrière ! Je cherche le balisage, un moment de distraction après m'être retourné, je fais un tout droit…pas bien grave, juste qu'au lieu de prendre le chemin qui contourne la végétation, moi je suis rentré en plein de temps. Je récupère le chemin juste au dessus, peu de temps de perdu, pas de drame !

Je laisse passer Jean Paul B. et je m'accroche derrière lui. Derrière, Seb C. est apparu. Il revient progressivement, pas d'inquiétude.

Nous voilà au milieu du célèbre maquis corse. Un maquis dont je me souviendrais car j'en ai les mains plantées d'épines et les jambes lacérées !

Nous enchainons sur un chemin à flanc de montagne…vertigineux ! Et tout au bout, tout là haut, de l'autre coté du cirque que nous devons traverser pour ressortir de l'autre coté de la montagne…et il n'a personne pour l'embêter !


Encore quelques minutes dans ce décor qui se dégage de plus en plus sous un ciel complètement bleu, et nous voilà arrivé à Caccione. La dernière montée pour y accéder est raide, ce qui me permet, au physique, de rester au contact.

Je passe quelques secondes après Jean Paul à ce pointage. Deux bénévoles nous attendent et grâce à leur « poêle » ils bipent notre puce placée derrière le dossard. Une dizaine de seconde derrière, Seb m'emboite le pas. Derrière, pas trace de poursuivants. Devant…j'ai 5 minutes de retard sur Manu M., et nous n'en sommes qu'à 45' de course (pour moi…) pour 4,5km !!!

La première partie de montée est terminée, nous ne devons pas en être loin des 1000 mètres de dénivelé positif !

Une petite descente suit. Jean Paul s'échappe. Derrière, je sens le souffle de Seb tellement il devient près de moi ! Une petite partie technique, je le laisse passer devant…et prends sa foulée. J'arrive à maintenir l'allure sans trop de problème, il me prend quelques mètres dans les descentes, que je récupère juste après dans la cote suivante, puis nous débouchons sur un vaste pierrier, formé par un éboulis, sur lequel se mêle dalle et pierre de plus ou moins grosse taille, des appuis toujours instable, je prends mes précautions et cède quelques mètres à Seb qui m'encourage à le suivre…mais je ne suis pas suffisamment à l'aise dans ces parties techniques, je manque de terrain d'entrainement comme celui-ci sur Nantes ! Franck Biaggi en profite pour se rapprocher. En bout de pierrier, il ne nous reste plus qu'à le remonter, et après n'avoir cessé de courir, je suis stopper net…il s'avère que courir dans un pierrier est impossible. Sous la pression des foulées, les pierres s'enfonce et le pied recule…on se retrouve au point 0 ! Alors j'essaye de faire de grand pas, de marcher sur des pierres plus stables…et j'avance ! Seb me prend quelques mètres supplémentaires, Franck revient sur moi…mais on retrouve enfin du terrain solide, on peut recourir…et tout de suite je repars.

De retour sur la crête, Vue imprenable sur un panorama grandiose et complètement dégagé, juste quelques nuages au loin qui font leurs apparitions.

Nous enchainons une succession de montée/descente, je suis bien dans les montées, je vois mon écart grandir par rapport à Seb et Franck me déposer dans les descentes…trop technique pour moi ! Des cailloux partout, à ne pas savoir où poser le pied ! Des descentes raides, où parfois je m'arrête presque pour sauter un obstacle. Je suis à allure très réduite et j'appréhende déjà la fin de parcours en descente qu'on nous a décrite comme hyper technique !

Je profite des parties un peu plus roulantes, c'est-à-dire pour moi en montée ou presque plate, pour profiter d'être monté jusque là pour regarder de décor Corse, ces montagnes effilées.

Nous longeons la crête. Sur la droite comme sur la gauche, la descente est raide ! Presque des descentes de 500m de dénivelé d'une seule traite ! Bref, je me contente de regarder au loin et mes pieds.

Malgré tout, cette partie cours plutôt bien et bien que devant, ils soient maintenant pratiquement 4 ensembles à chasser en vain derrière Manu M., je suis content de ma progression. Je suis surpris de voir arriver de nulle part derrière moi un Ugo Biaggi que je n'avais pas vu…il est vrai qu'avec ces parties techniques, je n'avais pas l'aisance suffisante pour me retourner !

A son tour, il joue avec moi. Il me dépose dans les descentes, je reviens sur lui dans les montées, il me prend jusqu'à une centaine de mètre, mais je reviens sur lui dans la montée suivante. Lui marche, moi je cours, je lui prends plus de 100m.

Nous arrivons dans des blocs rocheux très techniques. Je suis obligé de poser les mains pour passer certains obstacles, nous voilà en train d'imiter des chèvres ! En haut du dernier bloc rocheux, c'est le pointage de Pointe de la Crena. Juste après suit le passage technique, une corde à était fixée au rocher en guise de main courante…personne sujette au vertige : s'abstenir !

Je termine se passage délicat sans problème en gardant une bonne allure, mais je ne peux pas empêcher Ugo de me reprendre du terrain.

La descente suivante, rien de technique. Une grande plaine herbeuse que je dévale sans aucune appréhension. En bas, c'est le ravitaillement de la Bocca Pazzara. Je passe 7ème avec quelques secondes d'avance sur Ugo.

Devant, on voit nos adversaires sur la crête dégagée, mais ils ont plus de 2' d'avance. C'est la dernière fois que je les ai en visu.

Au ravitaillement, je prépare mon bidon pour pouvoir le remplir rapidement, je récupère une petite bouteille que je vide dans ma gourde et je la remets en place.

Je regarde ma montre…1250m d'altitude…plus que 400 mètres d'ascension et « ce n'est plus que » de la descente jusqu'à l'arrivée !

Au vu du temps du record, j'étais partis sur un temps de 2h25', il me reste donc a priori une cinquantaine de minutes…c'est encourageant !

J'entame la dernière montée (400m positif en 1,5km) sur un bon rythme. L'hélico n'est pas loin. Je me sens bien, les jambes répondent et je suis très satisfait de cette belle sortie encourageante pour les prochaines échéances. Derrière, Ugo c'est rapproché mais je garde une petite avance.

La montée est dégagée est sans difficulté autre que le dénivelé, ce qui est plutôt à mon avantage. Presque au sommet, nous contournons le point sommital par la droite…par un passage un peu technique avec des chevilles qui partent dans tous les sens, que je ne trouve pas trop à mon goût, mais que je négocie sans problème…en ayant adapté l'allure qui va bien ! Les nuages commence à être bien présent sur le sommet, le panorama est encombré, je ne suis plus distrait par le paysage, et vu l'état du chemin à emprunter, c'est tant mieux !

Ca y est je le vois. 4 mètres au dessus, deux bénévoles prêts à « me biper » avec leur détecteur, c'est le sommet de la Punta d'Isa ! 1630 mètres d'altitude, et presque autant de dénivelé positif d'avalé !

Maintenant, place à 8km de descente ! 1200 mètres de dénivelé à dévaler !

Les hommes en jaunes prennent mon temps de passage (1h48' pour 13km), je passe le sommet et me retrouve de l'autre coté…j'ai un moment d'hésitation.

Une sueur froide m'envahi…

Devant moi…la descente…30 mètres de pente raide et puis tellement raide que je ne vois même lus au dessous !

J'avance timidement, pas à pas, et puis ouf !

Je m'aperçois que les marques orange qui jalonnent le parcours partent légèrement sur la gauche…amortissant ainsi la pente. Une pente de terre avec beaucoup de cailloux…une pente pour cabris, chamois ou isards, pas pour moi !

Je descends à petite foulée, assurant mes appuis, ce n'est plus là de la timidité, c'est limite de la peur !

Quelques mètres ainsi, et une fusée nommé Ugo Battesti, enfant du pays, me dépose sans que je n'ai pu articuler quoi que ce soit pour me justifier ! Pas besoin de se justifier d'ailleurs…chacun sa terre…celle-là n'est pas la mienne !

Après une petite dizaine de (très) longe minutes, et enfin j'entame une pente légèrement plus roulante, qui me permet au moins d'avancer moins lentement. Et puis, la pente devient moins technique. Moins de cailloux. Moins de pente…et plus de vitesse ! La vigilance que j'avais juste avant disparait progressivement, mal m'en prend puisque je me tords la cheville sur un caillou…pas loin l'entorse ! Rappel à l'ordre, je décélère immédiatement

En contre bas, Monte Borbo. Un groupe de personne m'y attend. Ils sont pourtant bien loin…et pas un seul poil du Ugo qui vient de me doubler…un kamikaze ! Au final, après lecture des résultats, je m'aperçois qu'il m'a pris 4' dans la descente…4' en 8km…soit 30'' au kilo…et en descente !!!

Je mets une bonne minute pour arriver jusqu'au groupe, en finissant en trombe à travers la prairie. Les cailloux ayant presque complètement laissé place à un grand près. Je sens encore à ma cheville une légère douleur, mais rien à voir avec une entorse. Une légère foulure tout au plus. La douleur s'estompe d'ailleurs avec l'effort. Arrivé à leur niveau, il check mon numéro de dossard sans que je m'arrête, et moi je tourne sur la gauche pour enchainer sur un chemin de montagne beaucoup plus à mon aise. Passage de ruisseau dans le bas du chemin, petite remontée jusqu'à une ligne de crête, que je suis à bonne allure. La végétation est dégagée, la vue est belle, les nuages sont restés plus haut !

Je quitte rapidement la crête, la descente maintenant ce fait à bonne allure, plus d'écueils au sol sur lequel je pourrais y laisser une cheville.

De la descente dégagée, nous revenons dans la forêt. Le chemin est maintenant un bon chemin de montagne en terre, bien roulant qui zig zag entre les arbres.

Maintenant, je n'ai plus aucune appréhension, je cours à fond. Certainement à plus de 20 à l'heure ! J'enchaine les virages beaucoup mieux que sur la première partie de descente, je saute les obstacles, m'accroche aux arbres dans les virages, jusqu'à un virage où je rate un arbre, où mon pied en profite pour heurter une racine, et où je me vois basculer vers l'avant en direction d'un fourré en extérieur de virage.

Et à ce moment précis, je me visualise très bien la scène. La scène de mon corps en train de basculer sur le coté. Et en l'espace d'un quart de seconde, le quart de seconde que je mets pour tomber sur le sol, je trouve le temps de penser tout en perdant la notion de l'apesanteur, « pourvu qu'il n'y ai pas de cailloux au dessous des herbes sur lesquelles je vais me retrouver !! »

Et à ce moment là, mon flan touche le sol…je glisse sur le sol dégarni, heureusement pour moi, dégarni aussi de cailloux !

Le maillot bien marqué, je me relève d'instinct et repars comme si de rien n'était…j'ai pas de temps à perdre, parce que même si je ne traine pas sur ce final, mes poursuivants seraient capables de revenir !

200m plus loin, Isa, caméra au poing, film mon bout de descente…un peu plus et c'est ma chute qui était sur la bobine !

La descente est rapide, le balisage est clair, j'enchaine les virages, le village apparait de temps à autre entre les arbres.

Une trouée dans la forêt, à un virage de chemin, un groupe de personne, je reconnais entre autre Pascal, Niko, Céline…outre le plaisir de voir des spectateurs, c'est le fait de penser l'arrivée proche qui me réjouit le plus ! Car s'ils sont là, c'est que l'arrivée n'est pas loin !

Effectivement, quelques centaines de mètre plus loin, et je débouche sur la route, la ligne est à moins d'1km !

La route est en descente, le retour sur cette surface dure accentue la douleur musculaire accumulée…je fais mon sprint. Même tout seul, je termine à fond !

Arrivée dans le village, je traverse quelques ruelles, encouragé par des spectateurs, ce qui me fait relancer, et au détour d'un virage, l'arrivée apparait au bout de la rue.

Un bon groupe de spectateur nous y attend, et dans la même foulée, je franchi la ligne. Satisfait de ma course, satisfait de mes sensations, satisfait du devoir accompli sur un terrain qui n'est pas le mien.

Le reste du Team est là pour nous accueillir, Laurent et Kathy, et en ce qui me concerne Manu M. et Alain B., qui finalement ont terminé respectivement 1er et second de la course, Manu en pulvérisant le record de plus de 10' en terminant en 2h05', Alain en terminant en beauté avec une descente en 24'00'' (il me met 4' !).

Quant à moi, je termine à la 8ème place, en 2h16'12'', à 1' de l'ancien record de Jérôme Bosh, de quoi être plus que satisfait de ma course !

Je reçois les félicitations du staff, et m'en vais grignoter sous la tente parmi le copieux buffet mis à notre disposition…miam miam !

Accolade avec Seb qui a fait une belle course régulière, je félicite Manu pour sa victoire (logique !) réalisée de forte belle manière et d'Alain pour sa belle seconde place.

Mes camarades de team ne tardent pas à arrivée, Thomas d'abord, auteur d'une descente prudente, Enrique ensuite, qui c'est préservé pour son 24h qu'il a deux semaines plus tard, Patrick, en reprise et ici en guise d'entrainement, Manu G., en pleine préparation pour le Challenge national FFA, et Céline qui gagne la course en femme avec une large avance et seulement 20' derrière moi. Bref, c'est un carton plein pour le Team Asics.

S'ensuit une dégustation culinaire bien appréciable, avec toutes les spécialités Corse dont on peut rêver, jambons, fromage, cochon sauvage cuit à la broche (depuis 3h du mat' !), salade de pate en provenance de Bastia et amené par la Dream Team du camion frigorifique Enrique et Manu G., bref, la dégustation tourne en remplissage de ventre. Le tout organisé par Philippe et Alain (et leur équipe). Une grande réussite !


Le temps de quelques minutes à se reposer avec les gars sur la scène de « notre » salle, et une mélodie attire mon attention. Des champs corses !

Je cours dehors, sur la scène, 4 gars et une fille chante des chants corses magnifiques, je prends quelques photos et apprécie ces voix graves et mélodieuses.


Vient le podium, Niko 1er du 10km, Pascal second.

Manu 1er du 21km, Alain second, moi 8ème, puisque les 10 premiers montent sur le podium ! Et cette fois ci, je ne casse pas la bouteille gagnée !

Céline 1ère du 21km. Nous faisons à Manu et Céline une petite spéciale puisque nous les portons en gloire jusqu'à leur 1ère marche, sans trop de mal au vu de leur poids plume…


Et nous montons par équipe sur la première marche, grâce notamment à nos deux premiers athlètes.

 

La fête se termine, vient l'heure du démontage, du rangement de toutes les structures, des calicots, du matériel, tout le monde s'y met, le tout est vite emballé ! J'entends parler de quelqu'un qui vends du fromage corse, j'avais promis de revenir avec du saucisson corse, mais pas la moindre boutique dans ce petit village, alors je m'intéresse à cette offre ! Je demande aux corses, organisateurs, puis trouve enfin une personne, en la personne d'Alain, qui m'oriente à l'arrière d'une voiture où une dame, effectivement, dans son coffre, vends ces fromages odorants mais délicieux !

J'en achète quelques uns, et bien que ce ne soit pas du saucisson, je suis content d'avoir trouvé quelque chose !

 

Le travail terminé, un groupe s'en va en visite sur Ajaccio à une trentaine de minute du village, de mon coté, je reste sur place pour me reposer un peu au calme, sachant que mon avion du lendemain est à décolle 6h25…

Laurent nous propose de marcher, nous faisons le tour du village. Je reconnais très bien les chemins empruntés la veille à l'occasion du T.E.B.A.


La balade terminée, nous attendons un peu, les autres reviennent de leur promenade d'Ajaccio et nous prenons notre repas tôt pour pouvoir se reposer un peu avant le vol du retour !

Encore de bonne rigolade autour de la table, Isa, Yo et Seb ce sont joint à nous, la tablée prend toute la salle, et l'appétit et grand après une grande journée comme celle-ci…oui je sais…vaut mieux m'avoir en photo qu'à diner !

Le dessert à peine fini, je pars pour un aller retour à la maison pour faire mon sac et récupérer mes affaires. Isa et Seb m'ayant proposé de dormir dans leur maison de location, j'ai accepter puisque ce sont eux qui me ramène à Ajaccio pour prendre l'avion, le même qu'eux d'ailleurs !

40' plus tard, me voilà de retour avec les autres. Ils sont prêts à partir. A peine arrivé que je dois partir, pas d'au revoir aux larmes, pas le temps ! Je fais le tour de l'assemblée, remercie tout le monde en vitesse pour ne pas faire attendre le Team Mouss prod et Seb, et nous partons en nous souhaitant de bonnes courses à venir...et nous filons.

La maison n'est pas loin, 5' tout au plus, on m'attribue le lit d'un gars partis le matin même, ce sera ma nuit la plus confortable, avec drap, chaleur, salle de bain perso, chambre pour moi tout seul…bref, le grand confort !

Je range mes sacs un peu mieux, range mes « gains » de course, c'est-à-dire mon petit trophée gravé 8ème du Raid Gravona, ma bouteille, et mes fromages emballés dans un sac plastique.

Il est 23h00…demain réveil 4h30…la nuit va être courte !!

 

Lundi 20 avril…

4h45' : après avoir flemmardé 15' supplémentaire, dure réveil !

La journée va être longue !

Je descends de l'étage ou je suis pour aller prendre le petit déj. Au salon. Seb me demande se que je prends…chocolat chaud…il me fait mon petit déjeuner ! Je vais pour l'aider, il me dit de m'assoir…Lui, je l'embauche à la maison !

Il avait prévu un départ à 6h00, et nous partons à 6h01 après avoir fermé la maison et avoir mis toutes nos affaires dans la voiture…ponctualité oblige ! Fort se Seb !

A 6h35, nous sommes devant l'agence de location de véhicule. Le véhicule rendu rapidement, nous reprenons sur le dos nos bagages et entrons dans l'aéroport…pour l'enregistrement. Presque personne, pas le temps d'attendre bien longtemps, les bagages sont prêts à partir, je réussi malgré mais 8h d'attente prévue à Lyon à faire enregistrer mon bagage directement pour Nantes…c'est toujours ca de gagner, je n'aurais pas à me le trimballer sur Lyon !

Seb et Isa m'invite à prendre un café dans le bar de l'aéroport, je me joins à eux. Je regarde ma montre de peur de rater l'avion…pas de panique…


A coté, c'est Jérôme Bosh qui s'installe. Petite rigolade…

Mais arrive 5h45. L'avion est sensé décoller dans 40', c'est la première fois que je rentre si tard dans un halle d'embarquement, mais rien ne sert de courir, ils n'ont pas encore ouvert les portes.


6h05, l'heure d'embarquement est arrivée. Nous sortons sur la piste pour accéder à notre avion. Une personne va vers un avion à réacteur…on se met à rêver de calme sur ce vol retour…mais arrivé au homme en jaune, on nous oriente sur un autre avion…à hélice…tant pis !

On s'installe, pas de place attitrée, je m'installe à coté de Yo, puis nous décollons dans la foulée.


1h30 de vol plus tard, nous atterrissons à Lyon Saint Exupéry…c'est parti pour 8h00 d'attente !

Je quitte Isa, Yo et Seb en leur donnant rendez vous au Trail du Nivolet Revard deux semaines plus tard, ils y seront.

Quant à moi, 7h30 avant mon décollage pour Nantes, j'ai le temps de prendre l'air et d'aller jusqu'à Lyon centre, histoire de visiter un peu la ville. Je vais vers le quai de gare SNCF de l'aéroport pour regarder les horaires des trains.

J'en profite pour visiter tranquillement l'aéroport. Tapis roulant fermé pour cause d'accident…tant pis, je marcherais !

J'arrive sur le quai de gare, essaye de voir les horaires des trains, mais il y a apparemment plusieurs gare à Lyon ! Le temps de savoir quel nom porte la gare du centre, je peu enfin trouver les horaires de train correspondant, un petit problème, le prochain train à 11h30, et le retour, je n'en ai aucune idée !

Tant pis…je suis condamné à rester dans l'aéroport jusqu'à 15h50 !

Je retourne sur mes pas, regarde quelle porte je dois embarquer, car tant qu'à être cloitré dans l'aéroport, autant retourner dans la salle d'embarquement au calme et au chaud !

Mais ma porte n'est pas encore indiquée, alors je reste dans le halle principal de l'aéroport. Et je fais connaissance avec un vendeur de carte de fidélité Air France, qui me motive tous les ¼ d'heure pour prendre sa carte…moi qui ne prends que rarement Air France !

Bref, pour lui faire gagner un « client »…et me faire passer le temps, je finis après 2h00 d'attente sur mon banc à l'écouter me raconter les bénéfices et avantage de la carte, ce que je n'écoute qu'à moitié, ce qui me permet au final de gagner ½ heure !

Son histoire terminée, mon quai d'embarquement est déterminé, je peux enfin rentrer dans la salle d'embarquement…plus que 3h30 à patienter !

C'est ma dernière épreuve du weekend…un test de patience…je mets le lecteur MP3 et rêvasse les 3h00 suivante…puis c'est enfin l'embarquement !

15h50 : Décollage !

1h10 plus tard, atterrissage à Nantes atlantique, me voilà arriver, il est 16h00…ouf !

Le weekend se termine, un weekend inoubliable avec l'ensemble du team, avec l'hélico, avec le TEBA, avec la course, avec les corses, avec une ambiance inédite pour moi. Une expérience unique…un beau weekend !

 

 

1. Manu MEYSSAT                           Team Asics                  2h05'10''

2. Alain BOHARD                             Team Asics                  2h07'07''

3. Jean Paul BATTESTI                    Alpana                         2h09'07''

4. Sébastien CHAIGNEAU               The North Face           2h09'12''

5. Jérôme BOSH                             Team Inook                 2h10'56''

6. Ugo BATTESTI                             Alpana                         2h13'05''

7. Franck BIAGGI                            A Santamariaccia         2h15'33''

8. Erik CLAVERY                              Team Asics                  2h16'12''

9. Olivier GIORGI                             Corsica Sport Mezza.  2h20'17''

10. Guillaume LE NORMAND            Team Quechua            2h20'51''

11. Thomas SAINT GIRONS             Team Asics                  2h22'29''

12. Enrique GERARD                        Team Asics                  2h26'54''

14. Patrick BOHARD                         Team Asics                  2h28'00''

20. Céline LAFAYE                            Team Asics                  2h35'05'' 1ère femme

22. Manu GAULT                              Team Asics                  2h39'29''




De gauche à droite : Alain Bohard, Laurent Ardito, Manu Meyssat, Franck Bussière, Céline Lafaye, Enrique Gerard, Niko Darmaillacq, Manu Gault, Kathy Ardito, Pascal Balducci, Moi, Patrick Bohard, Thomas Saint-Girons et le camion de pompier...il ne manque plus que Cathy Dubois, partie sur une manche de Championnat de France.



30/04/2009
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