/// Erik ... à suivre ... \\\

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Disgrâce au Trail de Guerlédan…mais 7ème quand même !

En ce moment, coup de fatigue, du boulot, de l'entrainement et pas beaucoup de temps à moi pour faire mes petits compte-rendu, du coup, un peu de retard ( !), mais dans la semaine je mets en ligne celui de ce weekend à Sizun et bientôt celui, avec beaucoup plus de retard, du raid Trek Tours Endurance…de mars !)

En attendant, voilà la difficile aventure bretonne du Trail de Guerlédan…

 

 

 

Une nouvelle épreuve en perspective pour ce weekend de la pentecôte.

Au programme : les 52km du trail de Guerlédan transformés en 55km, avec changement de parcours et un dénivelé monté à 1700m positif. Une épreuve qui s'annonce difficile notamment avec un parcours usant, beaucoup de côte et de relance sur de petit sentier semé de roche et racines.

Annoncés au départ, je vais retrouver David Pasquio, qui joue à domicile, Pascal Guiguet, nouveau représentant du Team Salomon et 4ème au Trail du Petit Ballon juste derrière moi, et les locaux Bretons annoncés tel qu'Olivier Le Guern, 5ème de l'Ardéchois, Thierry Gallou, qui avait accompagné mon frère dans la montée de Dos d'Ane sur la diagonale des Fous, mais également Patrick Bohars, de mon Team Asics, et Thierry Mercereau de la région Nantaise. Ce sont là les noms sités au départ, avec le mien puisque sur ces mêmes terres l'année dernière j'avais gagné le défi avec une victoire le samedi sur le 20km et une 3ème place sur le 55km comptant pour le challenge Salomon.

Bref, le weekend commence bien tôt puisque Céline et moi allons voir le jeudi soir un orchestre de musique classique dans lequel joue un ami. Très belle soirée musicale originale. Une grande première pour nous.

Le lendemain, vendredi soir, c'est chez Céline et Xavier que nous nous retrouvons pour fêter l'anniversaire de Quasy. Soirée tranquille et bien sympa…il n'y aura pas de photos…, mais nuit écourtée.

Le lendemain matin, réveil tôt pour remplir la voiture de nos 3 vélos, sacs et canots gonflable…on sait jamais !

Départ 10h00 en direction de Mur de Bretagne via Vannes et Pontivy. Nous devions faire route avec Domi, nous ne la voyons pas et vu la circulation, nous ne prenons pas le risque de nous arrêter.

12h45 : arrivée sur place et nous nous garons à notre place de 2008.

Nous récupérons aussitôt nos dossards et retrouvons ensuite mes parents en train de manger dans leur voiture.

Sylvie fait le 11km, le départ est prévu à 14 heures. Nous profitons du petit répit pour aller boire un verre à l'écluse du canal de Nantes à Brest, par où passe l'arrivée du parcours.

Retour sur la ligne de départ. Une centaine de participant sur cette épreuve, quelques photos sur le départ, puis je file au canal pour la voir passer et reprendre quelques photos. J'envisage une interception dans la forêt, mais je les rate et fais demi-tour. 15' de footing qui me mettent en sueur !

Je retrouve Céline qui part se préparer, puis mon père avec qui nous remontons le sentier pour voir ma mère arriver.

Nous voyons les premiers passer, Sylvie ne tarde pas et est plutôt pas mal, concentré sur ces appuis. 1h15 de course et la voilà qui arrive. Elle est 2ème V2, première course réussie.


Céline prends le relais pour courir sur le 22km. Elle aura pour sa part le droit de monter sur les landes bretonnes. Il fait chaud, mais il y a de l'air.

16h00 : départ de sa course. Nous la retrouvons sur son retour de la première boucle. Elle est autour de la 10ème place. Je cours par un chemin parallèle pour la retrouver au ravitaillement de mi-parcours, sur le site du départ, puisque la course fait un 8.

J'arrive juste après son passage de la rivière. Je sprint pour rejoindre l'autre coté du pont et la prendre en photo…ouf…de justesse ! De retour au ravitaillement, je trouve Domi qui participe elle aussi au 22km…elle abandonne, défaillance physique oblige.


Elle m'accompagne en marchant à contre sens du parcours pour retrouver Céline. 1h00 après, elle débouche, toujours autour de la 10ème place. Quelques photos et Domi et moi lu courons après pour la voir à son arrivée. Lorsque nous déboulons sur le site, elle est déjà assise dans l'herbe, contente de sa course. Une belle course !

Petite douche rapide en pleine air avec notre douche solaire qui n'a pas pris beaucoup de soleil sous l'ombre du grand arbre au dessus de la voiture.

Le reste de la journée n'est que repos avant le repas du soir en compagnie des « bibets » qui nous picores le crane !

Dodo tôt à 200m du départ pour être frais et dispo le lendemain pour une longue journée.

 

Dimanche 31 mai : La course…

 

Réveil à 7h00. Les tables de pique nique sont juste à coté, le temps de plier le lit et nous nous retrouvons tous autour pour un petit déjeuné à base de gâteau sport Maxim et chocolat au lait !

Le repas avalé, c'est la séance habillage, c'est donc chaussure Asics Gel Attack, comme d'habitude maintenant, j'essaye pour la première fois les chaussettes de contention Compressports, le short utlta light qui va bien avec ma tenue blanc et or du Team Asics (waowwww !!!), la p'tite Suunto T6 qui me permet d'avoir le dénivelé et de savoir où j'en suis sur l'épreuve, les lunettes Julbo Trail que j'essaye pour la première fois en course, et bien sure, ma touche perso…ma casquette bleue qui me suit partout !!!


Bref, équipé des pieds à la tête, en passant par la ceinture porte bidon Ultimate/Maxim pour m'auto-ravitailler entre les rares ravitaillements.

 

8h30. Je retrouve Patrick sur le site, et mes parents et Céline sont là.


8h50. Je me positionne sur la ligne de départ, avec un rapide coucou à David Pasquio et Pascal Giguet, à Thierry Mercereau que j'ai déjà rencontré l'année dernière puisque Nantais aussi. Patrick se place de l'autre coté de la ligne…un blanc et or (Asics) de chaque coté des rouges (Salomon) !

9h00. Le départ est donné.


L'objectif de ma course, ne pas se précipiter sur la première moitié. David à prévu de partir cool, et bien je reste avec ! Le départ est plutôt tranquille, un petit train à 14.5km/h.


Quelques mètres de goudron, passage du pont sur le canal de Nantes à Brest, virage à droite et c'est parti pour 3 bons kilomètres sur le chemin de halage. Petite discussion avec Olivier Le Guern, il m'apprend qu'il a fait 2h31' au marathon de Paris et qu'il a plus de mal a récupérer de son marathon que d'un trail de 50km, ce qui ne m'étonne pas. Nous quittons enfin le plat chemin de bord de canal pour tourner à gauche et entamer une montée d'1.5km.

Oliver Le Guern prend la course en main, Pascal Giguet le suit avec Johan Serazin. Je suis 4ème, je les laisse prendre un peu le large, et je me maintiens devant le groupe suivant, avec David juste derrière moi…rester avec lui, ne pas s'enflammer, je garde ses fils conducteurs en tête.

La cote se fait au train, sans plus s'investir que ca…garder des force !

Deux petits passages plus techniques vers le haut et la cote s'achève. Virage à gauche. Une petite portion de single track plat, je garde mon concurrent direct à porté de vue, derrière, David est dans ma foulée, se qui me rassure, s'il est là, c'est que je ne suis pas trop rapide.

Le single s'achève, j'ai repris Johan, les deux autres ont pris 150m, je ne m'énerve pas, je laisse dérouler dans les deux kilomètres de descente qui nous ramène au point de départ. Je retrouve mon père qui m'attend en sortie de chemin, puis ma mère sur le pont…pas entendu Céline…

Ravitaillement en eau, 6ème kilomètre. Pascal Giguet a un problème avec sa ceinture porte bidon…il est arrêté sur le bord !

100 mètres plus loin, c'est Olivier qui est arrêté, en train de trafiquer quelque chose avec son sac. Bref, sans rien demander à personne, je me retrouve en tête !

Je coupe donc mon effort pour attendre mes poursuivants, qui sont toujours David, un breton et ¾ autres coureurs du cru, et les accompagne pour notre remontée sur les landes bretonnes. D'abord 800m sur de la route, je reste aux avant-postes, Céline m'encourage en haut de la cote, et me mitraille de photos, ca va…je suis encore à l'aise…heureusement !


Derrière, Pascal et Olivier recolle. Thierry Gallou, le breton croisé en 2007 sur la montée de Dos d'Ane à la réunion, toujours lui, est également là. Nous tournons à droite pour récupérer l'ancienne « Allée couverte ». Couverte de quoi, on ne sait pas, mais nous y allons de bon cœur, avec cette fois-ci Pascal en tête de liste. Je lui emboite le pas.

L'allée monte progressivement, le peloton s'effiloche, une première sélection se fait. Après un petit kilomètre de montée sur ce chemin, embranchement à droite, nous descendons un petit single, toujours Pascal en tête, puis le sentier longe le flanc du coteau, avec quelques racines. Pascal à pris quelques mètres, David le suit. Je suis derrière avec Thierry.

Après un bon kilomètre de sentier technique, nous arrivons au pied de la cote qui nous permet d'accéder aux Landes. Je passe Thierry en bas, et talonne David. Pascal c'est échappé.

En haut, la vue se dégage. Les arbres font places aux Landes. Le chemin est toujours très technique avec la roche apparente. On récupère rapidement Pascal. Derrière, lors de la montée, le trou c'est fait sur nos poursuivants. Nous voilà à trois.

David en profite pour nous présenter sa région… « Elle est pas belle la Bretagne ? »

Sur ce, Pascal prend le large, je me retrouve à talonner David. C'était l'objectif initial, je suis bien, tout va donc bien !

Après quelques kilomètres sur ce sentier, nous descendons un chemin en trombe qui nous amène à une portion de deux kilomètres de route. Je passe devant David. Le soleil commence à bien chauffer, et sur cette route protégée par les arbres, j'avance en profitant de toutes les ombres qui se présentent à moi !

Je quitte la route devant David et bifurque à gauche sur un petit monotrace en pleine forêt. Petit parcours où je prends grand plaisir et où je prends quelques mètres à David…j'en profite !

Juste avant la fin de ce sentier qui nous fait retraverser la forêt jusqu'à la route Nationale, je trouve mon père qui m'encourage, petite tape au passage et j'enchaine sur le virage à gauche qui nous amène au pied d'un petit mur dont je commence l'ascension. Chemin large, pente raide, escalier de temps en temps que j'évite avec soin, préférant la régularité de la pente à coté, ce qui m'évite entre autre de monter les genoux à chaque marche…c'est toujours ca d'effort de gagné ! Et puis ma mère, puis Céline et Domi sont là pour m'encourager. J'essaye de rester concentré sur mon effort tout en m'économisant le plus possible.


En haut, David m'a repris, je relance progressivement. Descente, j'essaye de m'y appliquer et de bien enchainer les courbes et rochers qui ponctuent le tracé. Nous voilà de retour dans les Landes, avec de magnifiques points de vue sur le cœur de la Bretagne.

Enchainement de descentes, puis cotes, puis ornières, et enfin nous arrivons au bout de la colline. Des spectateurs nous y attendent, et nous entamons la descente en replongeant dans la forêt. Petit sentier, puis chemin, David toujours derrière moi, Pascal hors de vue, et derrière personne en vue. La voie est libre !

Je dévale le sentier que j'avais déjà emprunté la veille pour arriver à une rafale d'escalier que je prends prudemment. Mon père est sur le coté, je reste concentré sur mes appuis, et arrive sur un chemin engravillonné où ma mère m'attends et m'encourage ! Nous sommes a peu près au 12ème kilomètre, je ne suis pas trop mal, mais il reste encore un marathon à courir, avec quelques mètres de dénivelé à avaler !


Traversée du pont, Céline m'attends de l'autre coté, et je file sur cette piste cyclable, David toujours au trousse, Pascal loin devant en point de mire sur cette longue ligne droite qui s'étend devant nous.

Nous courrons cote à cote, tous deux concentrés, au bout de la piste, nous arrivons à une route, que nous traversons sous les encouragements de groupe de spectateurs qui nous y attendent…David à plus de succès que moi, privilège de l'autochtone !

Nous filons droit dans la végétation. Je pénètre en premier dans une végétation d'herbe haute, le chemin est à peine tracé…si chemin il y a ! Mais oui, c'était bien un chemin puisque celui-ci devient monotrace, nous entrons dans la forêt et entamons une descente. Au bout de celle-ci, des voitures. Nous arrivons au ravitaillement du 18ème kilomètre. C'est devant David que j'y arrive, aucune trace de Pascal, il a pris la poudre d'escampette…

Alors que David troque son kamel bag  contre une ceinture porte bidon que lui tend son ravitailleur de luxe…Christophe Malarde, je me contente de m'arrêter au ravitaillement pour boire 2 verres de coca et 2 verres d'eau…puis je repars. J'ai suffisamment de boisson sur ma ceinture pour aller jusqu'au prochain ravitaillement, celui du 33ème kilomètre.

Passage sur la passerelle de l'écluse, David se prend une marche des escaliers, puis nous retrouvons un single de l'autre coté. Pour ma part, j'ai mené une bonne partie du début de course, je me contente maintenant sur cette partie plus technique de suivre David en bordure de lac. Je n'ai pas les jambes des grands jours, mais ca va plutôt bien malgré tout.

Nous voilà parti pour une partie de virage, montée, descente, relance, faux appuis, re-virage… Je sens que David se sent à son aise et je le soupçonne même d'accélérer un peu. A ce rythme, Pascal n'y résistera pas longtemps, sauf s'il a fait un départ de folie !

Effectivement, c'est toujours sur ce chemin en bordure du lac que nous le reprenons, quelques kilomètres plus loin.

Nous débouchons sur une plage, un groupe d'enfant nous encourage, un bénévole nous indique la direction à suivre…nous filons à trois.

Je m'imagine déjà renouveler mon podium de l'année passée…mais la course est encore loin d'être terminée !

Nous retrouvons le sentier de bord de lac, puis après un tout petit kilomètre, le fléchage nous indique la forêt ! Nous laissons donc le sentier pour couper à travers bois dans un dédale de rochers recouvert de mousse…on s'attendrait presque à voir apparaitre des lutins ou des trolls !

200 mètres de montée raid dans ce décor fantastique et nous débouchons sur une large piste…plus rien à voir !

Nous tournons à gauche, et le chemin s'élève progressivement. David relance fort…je ne prends pas le risque de le suivre, il est trop fort !

Dans un premier temps, Pascal reste avec moi dans un premier temps, jusqu'à ce que la piste s'élève franchement, il décide de rejoindre David. Son accélération me semble osée…soit il est bien, soit je le revois d'ici peu !

En 400m, il me prend les 80 mètres qui nous séparé de David…j'accuse le coup, sno accélération m'a déstabilisée !

Je monte à mon rythme, sans m'exciter. De toute façon je ne pourrais pas tenir 20 mètres si je devais accélérer !!

En haut, je les ai déjà perdu de vue…je n'en suis pas encore à mi course, le reste du parcours va être long, tout seul.

Arrivé en haut…bien sure, il faut redescendre !

Je laisse ma foulée dérouler, me décontracter un peu les muscles et prendre mon rythme de croisière.

Du large chemin, j'enchaine sur un petit single. La descente est sèche, j'essaye tant bien que mal de la descendre rapidement. Au passage, je croise le staff du Team Salomon qui ne manque pas de me glisser une petite vanne sympathique, et je retombe en bas sur le sentier qui longe le lac. Toujours en sous bois, les jambes reviennent, je garde un bon rythme à l'approche du barrage. L'objectif ayant été de partir tranquille et surtout d'être bien au ravitaillement du 33ème kilomètre, j'approche de mon objectif, me sentant même plus à mon aise qu'avec David, plus serein. Le barrage approche, je commence à guetter de l'autre coté de la rive pour peser l'écart que m'ont pris mes deux rivaux. Et presque arrivé au barrage, je les vois enfin, ils sont ensemble et doivent avoir une bonne minute trente d'avance !

J'arrive au barrage, que je traverse pour arriver sur une portion de route que j'emprunte sur un petit kilomètre. Après cette petite « pause », le travail reprend et je monte un escalier qui devient bientôt chaotique et je suis obligé de marché pour arriver au sommet. Pas bien longue, je préfère me préserver pour espérer faire un bon final. Je reprends ma course dès que le sentier redevient roulant. J'y croise quelques marcheurs qui ne manquent pas de m'encourager et retrouve rapidement une descente que je négocie bien et sans difficulté.

Retrouvaille avec les rives du lacs, et j'entends de l'autre coté de l'anse sur laquelle je débouche des encouragements à mon intention ! Ce sont Céline et ma mère qui crie depuis là haut !

A mon train, je remonte la route qui m'emmène jusqu'au ravitaillement du 33ème km. Tout le monde m'attends, j'échange de bidon avec mon père, bois un coup de coca et d'eau au ravitaillement et continu dans ma lancé. On m'annonce David à 2', Pascal à 1'…je sens bien que ¨Pascal commence à faiblir, c'est bon signe !


Céline me mitraille de photos, je repars sur un chemin. 33 km de parcouru…plus qu'un semi marathon !

J'ai échangé un bidon de 50cl presque vide contre bidon de 75cl…le changement de poids sur la ceinture est radical et ma ceinture a tendance à bouger un peu trop à mon gout ! J'avale un gel rapidement et part à la chasse au « rouge ».

Le chemin me ramène, via un parking, puis une traversée de champs, sur le bord du lac, le chemin le contourne et je le vois passer de l'autre coté, sur une traversée de champs dont je me rappel parfaitement de l'année passée, Pascal n'est pas bien loin devant.

Un petit bout de route, virage à gauche sur un chemin, toujours en bord d'eau, qui me permet d'accéder à un parking où des bénévole m'oriente et m'indique le passage qui me permet d'accéder au champ que nous devons traverser. L'herbe est rase, et bien que les appuis soient rendus fuyants par ces touffes d'herbe rase, j'arrive à courir correctement, avec en prime Pascal en point de mire pas si loin que ca devant !

Le balisage nous permet d'éviter une zone humide, malgré tout, le pied s'enfonce un peu, mais reste sec. Je passe une clôture en me contorsionnant par-dessous et passe dans le champ d'à coté.

Autre champ…autre propriétaire…autre histoire !

L'herbe est maintenant beaucoup plus haute, elle arrive aux hanches ! Je la fauche avec les pieds pour avancer comme je peux. Pour éviter la butte et les herbes, je longe le lac, l'herbe est un peu moins haute, et j'ai l'avantage de courir sur du plat ! Je contourne une première tente de pêcheur…puis une seconde…et retour aussitôt sur la rive. Après un peu moins de deux kilomètres de champs, j'enchaine sur un ponton au dessus d'un marais, Pascal n'est plus qu'à 1'…la ceinture ballotte dans mon dos sous le poids du bidons de 75cl que je vide pourtant régulièrement.

Nous retrouvons un chemin technique qui nous mène au pied dune nouvelle cote. Je trottine toujours sur la première partie jusqu'à caler et marcher à l'amorce des rochers qui restent à escalader. En haut du promontoire rocheux, vu surplombante sur le lac. Les gars du Team Salomon sont là, photographe et caméraman…tout le monde s'y est donné rendez-vous ! Il m'annonce le prochain ravitaillement dans 3km…ouf, de l'eau !

Je joue l'équilibriste sur le haut des rochers, passe l'obstacle est repars, pour une petite de vue de Yo…

Et 200 mètres plus loin, juste après avoir passé un buisson, c'est le début de mon calvaire…je vomi une première fois…je suis encore troisième.

Et puis j'enchaine…je n'ai pourtant mangé qu'une banane et 2 gels, et pourtant, je vomis encore trois fois, toujours sans m'arrêter. Ce n'est plus que du liquide…

A la quatrième, je n'ai plus rien à vomir…je suis vidé, j'ai bien encore un gel, mais à l'idée de reprendre du concentré de sucre, j'en ai la nausée !

Du coup, je bois petite gorgée par petite gorgée, ca passe…mais c'est dur !


A la route suivant, je découvre mes parents, c'était convenu avant le départ…mais ils ne me voient pas dans le plus beau des états…et il s'en rende vite compte ! Je leur fais un état des lieux rapide tout en continuant, et repars aussitôt sur un chemin en montée…le ravitaillement du 40ème kilomètre arrive, et je l'attends avec impatience !

En haut de la cote, j'entends un enfant qui crie…allez papa ! Ce n'est pas pour moi…je me retourne, en bas, Olivier Le Guern pointe son nez…ma troisième place fond tout comme je fonds sous la chaleur qui me pèse de plus en plus.

En haut de la cote, je retrouve la route, 200m de ruban bitumé sous le soleil avant d'arrivée à ma délivrance…le ravitaillement. Celui-ci n'est que d'eau.


A son approche, je vide mon bidon…encore plus qu'à moitié rempli. Mes parents et Céline ont eu le temps d'arriver jusque là avant moi…je n'ai pas du aller bien vite ! J'arrive au ravitaillement de ce 40ème kilomètre…encore troisième, mon successeur est en haut de la route. Je prends une bouteille d'eau, rempli ma gourde et repars en buvant pleine goulée avant de revisser le bouchon de ma gourde et la replacer. Les organisateurs ont eu la bonne idée de mettre une grande bassine pleine d'eau fraiche, je plonge ma casquette dedans et la revisse sur ma tête…l'eau me dégouline partout, et m'arrache les reins…je suis tout écorché à cause de mon bidon !


Je repars sur le monotrace qui m'attend, il me reste 15km qui s'avère galère, et je ne tarde pas à entendre mon poursuivant me talonner. Après un petit kilomètre, je m'écarte pour le laisser passer. Il se veut encourageant en me disant de le suivre…mais c'est un TGV, et je suis loin de pouvoir le suivre !

Je poursuis ma progression, j'arrive à l'endroit qui m'avait marqué l'année passée, puisque je m'y étais arrêté pour percer une ampoule à un orteil. Je descends les escaliers après être monté à marche forcée. La descente qui m'est pourtant favorable est maintenant douloureuse.

Juste en bas, alors que j'ai déjà vidé mon bidon d'eau, et que le prochain ravitaillement, celui du 48ème km est encore à 5km, je reviens en bord de lac, et encore un bolide arrive dans mon dos. Cette fois c'est Thierry Gallou. Au passage, il me rappel aux bons souvenirs de la montée de Dos d'Ane de la Diagonale des Fous, et m'encourage à suivre son rythme, me motivant en me persuadant que je peux le suivre…encore de l'utopie !

Je le laisse s'enfuir, en lui indiquant qu'Olivier va bien mais que le podium est encore jouable, Pascal ne semblant plus être au mieux.

Je me retrouve à nouveau seul, et je commence à me déshydrater, en plus du fait que j'ai le ventre vide et que je commence sérieusement à manquer de carburant !

C'est décidé, prochaine fois que j'ai un accès propre au lac, je bois dedans !

J'en arrive même au point où j'attends impatiemment la prochaine côte, car ne me permettant pas de marcher sur les portions « roulantes », j'ai moins de complexe à marcher dans les montées…et puis enfin, l'ouverture sur le lac se présente, je m'approche du bord et mets un premier pied sur un caillou pour me baisser…et j'ai devant les yeux… un poison mort !

J'abandonne l'idée d'un ravitaillement naturel et remonte sur le chemin…tant pis, j'attendrais le prochain ravitaillement…encore 4 km !

Je suis donc 5ème ; il me reste une dizaine de kilomètre à courir…10km qui pourraient paraitre si simple sur course sur route…mais là, avec 45km dans les jambes, plus d'eau…pas de solide…c'est long…très long…un calvaire. Et si je stoppais tout au prochain ravitaillement ?

Je n'y suis de toute façon pas encore.

A deux kilomètre du ravitaillement, dans une cote, où je marche lessivé, un coureur s'approche derrière moi…c'est Thierry Mercereau… je m'écarte. Il me demande comment ça va…je lui réponds « pas bien ! » Il m'encourage malgré tout, je l'encourage à mon tour…je ne peux pas faire grand-chose d'autre. Tout le monde est marqué, fatigué, usé par le parcours et les conditions de chaleur.

Je progresse à ma petite allure, alternant course sur les portions plates et descendantes et marche de moins en moins rapide dans les montées.

Une montée raide sur une large piste blanche en bordure de carrière, pas d'ombre…je souffre…je pense au prochain ravitaillement qui ne saurait tarder, il doit rester à peine 1 km…

Et derrière, encore un traileur en approche…je me retourne, et en bas de la cote, alors que je suis presque arrivé en haut, je vois la tenue blanche de mon coéquipier Patrick, bâtons à la main qu'il aura gardé toute la course. Il est 50m plus bas…Je m'arrête complètement, m'adosse à la barrière, et l'encourage dans son effort ! Je dois avoir la mine décrépie ! Il a l'air bien, à son allure, régulier, il avance…lui !

Un petit mot gentil de sa part, et il me laisse, je lui emboite le pas…un peu moins vite que lui qui continu sur sa foulée. Et puis quelques mètres plus loin, la descente…je me laisse aller…ca va tout seul…c'est bon les descentes !

En bas, j'arrive à de la route…et mes parents sont là avec Céline ! Ca ce n'était pas prévu…mais ca fait toujours du bien !


Je suis vidé, le ravitaillement est 100m plus loin…je fais les derniers mètres en marchant, je vais au pied des tables, sous l'ombre de l'arbre. Je prends une volée de gobelets et les vides les uns après les autres pendant que le 8ème arrive au poste, décomposé lui aussi. Pendant ce temps, mon père me rempli mon bidon d'eau. Et moi je vide les verres…

Mon nouveau compagnon d'infortune me jette « Aller, on n'abandonne pas » …ce n'était pas mon intension non plus…il reste « plus que » 8km !... « si tu arrête j'arrête aussi, alors on repars ensemble ! » Du coup, moi qui ne souhaitais pas abandonner mais tout de même prendre mon temps au ravitaillement, je me vois « forcé » de repartir…mais pas seul.

Du coup, Céline me force à prendre des gâteaux salés avant de repartir…j'en prends une poignée dans la main et en mange deux, et nous repartons ensemble, avec Johan Serazin.

Nous arrivons à l'écluse, passage sur le ponton métallique, Johan fait le même coup de David à l'aller en se prenant les pieds dans les marches, et nous passons de l'autre coté pour la dernière portion. En face, sur le chemin sinueux du bord de lac, je retrouve un semblant de foulée tout en suivant mon binôme.

Nous avançons et passons ensemble les petites bosses, mais il à l'air plus en forme que moi et imperceptiblement, me prends mètres par mètres. Après deux-trois kilomètres sur ce chemin, nous retrouvons la route, Yohan y arrive une cinquantaine de mètres avant moi, mais je me repère, les barrières blanches, la route, puis l'arrivée à la grande propriété, l'arrivée n'est plus bien loin.

Pour ressortir de la propriété que nous traversons, la route s'élève, Yohan me reprend un peut de distance, tant pis, je ne m'accroche plus, je fini à mon allure…comme je peux !

Retour dans la forêt, ca monte encore un peux, il doit rester 3km…une grande descente, je me laisse aller tout en prenant garde à pas m'emballer non plus et m'emmêler les jambes ! Elles commencent à devenir frêles !

Et puis un petit bout de chemin où je cours bien, je retrouve un peu de mes jambes. Je me retrouve au pied d'un mur, Yohan est juste au dessus. Je commence en marchant, les crampes me viennent ! Alors j'essaye de trottiner, ou plutôt sautiller, les crampes se font plus discrètes ! Du coup, je reviens un peux sur Yohan. La côte devient très raid, c'est la dernière difficulté, je le sais…alors je me remets à marcher, en prenant garde à mes crampes ! Le sommet et à vue…il faut enjamber un tronc d'arbre, puis un second, exercice périlleux avec des jambes raides et crampées !

Me voilà en haut, Yohan à disparu. La montée n'est pas tout à fait terminée, elle se poursuit par un faux plat de quelques centaines de mètres, mais elle me permet de trottiner, alors j'avance, tout ce qui est fait n'est plus à faire, et je sais que c'est enfin la dernière difficulté !

Et puis ca y est, elle est enfin là, la descente ! Certainement pris de folie de voir l'arrivée se dessiner, mes jambes déroulent ! Je fini presque bien ! Du coup, je reviens rapidement sur Yohan et me retrouve en quelques secondes sur ces talons ! Quelques spectateurs sont remontés jusque là et nous encouragent, en plus d'être agréable, c'est une bonne nouvelle, ca veux dire que l'arrivée n'est pas loin ! Effectivement, juste après, je reconnais le lieu où j'attendais Céline la veille avec Domi…plus qu'un kilomètre ! J'en informe mon compagnon. Un kilomètre de descente avant la ligne !

De la descente, un peu technique, surtout avec la fatigue, mais pour moi ca descend tout seul, à tel point que je suis plus à l'aise que Yohan, et à la faveur d'un escalier, je coupe sans le prendre, juste avant, et lui grille la politesse !

Mais mon intension n'est plus de m'échapper, la course est terminée pour moi depuis bien longtemps !

Je poursuis la descente jusqu'à la route à mon allure, il ne reste plus que 300 mètres. Enfilade d'escalier, chicane, et nous traversons la route. Je me retourne, et ralenti un peu, Yohan me rejoint, et cote à cote, nous continuons notre périple, plus que 500m !


Traversée du pont, petite partie de route, et c'est le final. Pour le spectacle, traversé de ruisseau, les pied dans l'eau, je me jette en premier dedans, de l'eau aux genoux, et en profite pour m'asperger le visage ! Je ressors de l'autre coté, de retour sur la berge, j'attends Yohan pour les 150 derniers mètres, dernier virage, 100 derniers mètres…et je lui demande par acquis de conscience s'il veut faire le sprint, il me répond… « ca va pas non ! » alors on se prend la main et terminons les 30 derniers mètres main dans la main.

Je franchis donc finalement la ligne en 7ème position ex-æquo avec celui qui m'aura empêché de profiter de mon dernier ravitaillement mais qui m'aura bien remotivé pour aller jusqu'à l'arrivée ! Comme à mon habitude, je récupère très rapidement et la ligne franchie, je paraîs beaucoup plus serein !

Sitôt l'arrivée franchie, je vais au ravitaillement final pour vider encore quelques gobelets et enfin manger un peu ce qui est mis à notre disposition.


Je retrouve Patrick et félicité le podium en train de se reposer à l'ombre.

 

C'est 1h30 après mon arrivée que Patrick, par mes explications un peu brouillons, comprends que j'ai franchi la ligne d'arrivée, lui qui était persuadé que j'avais abandonné juste après m'avoir doublé !

Et puis pour clore l'épreuve, j'apprends à la lecture des résultats que je vais monter sur le podium, puisque outre les 3 premiers du scratch, les premiers de chaque catégorie sont récompensés…et malgré la règle des trails qui veux que lorsqu'on arrive ex-æquo ce soit le plus âgé qui soit classé premier, donc Yohan, qui est vétéran, je me retrouve par miracle premier senior ! Effectivement, les trois premiers sont seniors (mais pas de cumul!), mais les 4, 5, 6, et donc Yohan 7ème, sont tous vétérans, du coup je me retrouve premier senior ! Certainement pas vraiment mérité…mais sur le podium quand même au côté de David, Olivier, Thierry et Pascal, 4ème mais quant à lui 1er vétéran.


 

Bref, le weekend se termine pas loin du Golf du Morbihan, chez ma tente Eva, à faire un bain d'eau salée et à manger des huitres…pour la récupération d'une épreuve bien éprouvante !

 

 

1er        David PASQUIO                    4h36'23''

2ème      Olivier LE GUERN                 4h50'06''

3ème      Thierry GALLOU                    4h52'18''

4ème      Pascal GIGUET                      4h59'54''

5ème      Thierry MERCEREAU            5h01'47''

6ème      Patrick BOHARD                   5h07'06''

7ème      Johan SERAZIN                     5h10'25''

8ème      Erik CLAVERY                      5h10'25''

9 ème     Mikael DAOUDAL                 5h18'45''

10ème    Janick JUCHEREAU              5h23'30''



16/06/2009
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