/// Erik ... à suivre ... \\

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Eco-Trail de Paris...pari perdu

Déçu bien entendu par ce nouvel abandon, je ne voulais pas faire de compte rendu, mais après réflexion, c’est dans la douleur qu’on avance, alors je me lance…

 

La semaine passée, j’ai pu faire une bonne semaine d’entrainement. Plus aucune douleur à l’ischio malgré de grosse séance, juste une légère sensation à la pubalgie, mais infime. Je prends donc ma décision…je vais courir à Paris.

 

Arrivée en TGV à paris à 22h le vendredi soir, nous enchainons sur le métro et ressortons à la station « Denfert-Rochereau ». Sur les 500m qui nous mène à l’appartement de nos amis, Laure et Hugues, sous une petite pluie fine, un monsieur, ses affaires dans une cabine téléphonique, s’affaire sur le trottoir, pantalon sur les chevilles, journal à la main, en train de se laver…

Premier constat…ils sont bizarres dans ce village !

Nous arrivons à l’appartement, une plâtrée de pâte nous attend…miam miam !

Coucher sans tarder à minuit, pour une bonne nuit pré-compétition.

 

Samedi 20 mars, 8h00…

La journée commence, petit déjeuné. Thé, carbo-cake, pain…miam miam !

Et puis, c’est préparatif. Préparation des pâtes pour midi, avant la course, habillage, avec ma toute belle tenue 2010…qui n’a pas encore beaucoup eu l’occasion de briller ! Préparation ces camel bag, préparation des ravitaillements, préparation des chaussures et tenues de rechange, bref, le sac est bien rempli !

Et puis pas de perte de temps. Nous laissons nos amis pour prendre le métro direction « Tour Eiffel ». Ce sera ma première destination de la journée, et j’espère le terme de ma journée à la fin des 80km de course.

30’ plus tard, me voilà sous le chapiteau au pied de la tour, dossard en poche, prêt à rejoindre la base de loisir de Saint Quentin en Yvelines.

Nous attendons Manu qui doit arriver d’une minute à l’autre afin de faire RER commun.

Il arrive quelques minutes plus tard, prend son dossard et celui de Maud, interview oblige, lui vainqueur l’année dernière ici même, et puis nous voilà parti avec son amie Mylène, son « beauf » et David Lager

Nous rentrons dans sous terre pour prendre un RER après quelques hésitations, puis filons sur rail.

Trente minutes plus tard, arrivée à Issy les Moulineaux. Transition pour récupérer une navette bus et 15’ plus tard, nous voilà arrivé sur place où nous retrouvons Kathy et Laurent ainsi que Maud.

Dernière préparation, soin des pieds, chaussage, choix définitive de la tenue, dernier bouchée de carbo-cake et petite pasta de dernière minute pour ne pas partir trop léger…

Les minutes s’égrènent, le départ approche, nous rejoignons au petit trop l’aire de départ, petite interview de dernières minutes, et nous voilà sur la ligne.

Le speaker donne un compte à rebours à la fin duquel, bien sûre, tout le monde s’échappe…faux départ !

Le départ était destiné à un mal voyant !

Après 100m, tout le monde fait demi tour, retour sur la ligne.

2’ plus tard, le départ est enfin donné. Les 1500 concurrents se rue sur le parcours.

A la fin de la première ligne droite, un homme en noir est déjà seul en tête avec quelques mètres !

Derrière, le gros de la tête reste groupé. Je guète Manu pour rester à sa hauteur, et resté solidaire ! Même s’il s’agit d’une course individuelle, je me motive toujours autant de la présence de mes camarades de Team.

Quelques mètres plus loin, une tape sur l’épaule, surprise, c’est Thierry Breuil. Je n’ai pas encore eu l’honneur de courir beaucoup avec lui, mais j’ai plaisir à le saluer.

Deux virages à gauche après, nous voilà sur une piste blanche et tout le monde prend sa place, quant à moi, après quelques minutes, je ne tarde pas à avoir des envie de stop, je mets donc le clignotant, profitant que la course ne soit pas encore lancée.

…première pause pipi !!

Le groupe d’une vingtaine dans lequel j’étais me distance. Derrière, un petit trou est déjà fait. Je repars alors que Maud débarque.

J’accélère l’allure pour rejoindre sans tarder le groupe que j’ai laissé filer et le réintègre sans problème, une petite accélération plus tard !

Je retrouve David Lager, Manu bien sure, Thierry, Seb Lefebvre, Damien Vierdet et bien d’autre, le groupe compte une vingtaine de gars.

Le tour du lac s’effectue sur une bonne piste, sans la moindre difficulté, à un train tout à fait raisonnable pour le départ d’un 80km ! Devant, Stéphane Bégaud à déjà plus de 200m d’avance.

A la fin du tour du lac, nous pénétrons dans un bois, toujours sur notre piste. Quelques sauts de flaque, encore quelques kilomètres, et nous passons sur une autoroute. Devant le peloton, les Adidas, avec Thierry, David et Damien, à mes cotés, mon Manu, et puis Seb, et avec nous toujours le même groupe, qui perd de temps en temps une unité, mais restant toujours nombreux…à mon goût !

Je suis rassuré, déjà plus de 20’ de course, et toujours pas de douleur à l’ischio, à peine un soupçon de quelque chose au niveau de ma pubalgie, mais presque inexistant. Si je suis tranquille à ce niveau là, je serais déjà très satisfait…mais la course est encore longue.

Après le passage sur la quatre voie, nous traversons un centre urbain par des pistes cyclable…les joies de la nature !

Après cette incursion en pleine urbanisation, retour à notre plus grand plaisir, les chemins de forêt.

Nous ne tardons pas à longer un nouveau lac, ou peut être une rivière, en tout cas, le chemin sur lequel nous nous retrouvons à une vingtaine et roulant, juste quelques faux plats pour faire semblant de durcir la course.

Je suis bien, toujours aux avants poste du groupe, avec mon Manu et la force Adidas au complet. J’ai l’impression de piétiner, je me laisse aller à un train, histoire de délier les jambes, elles fourmillent après tant de temps d’inactivité.

Dans ce nouveau faux plat, un kilomètre heure de plus suffit à creuser un petit écart qui s’allonge progressivement. Dans la petite cote suivante, je profite de mon avance pour monter plus tranquille que les autres, user moins de cartouche qu’eux, c’est le but de la journée, arriver sur les bords de Seine le plus frais possible.

Ils reviennent, mais le groupe s’effrite. L’objectif est atteint. Je souhaitais un groupe plus mince, le régime fait donc effet !

Après quelques nouvelles accélérations, de ma part, de Manu, de Thierry ou de David, et nous voilà bientôt à sept derrières l’homme de tête. Avec nous quatre, Damien, Seb tiens bon, avec un homme au maillot noir, un portugais.

Dans les descentes, je déroule, je lâche les freins…et mes camarades ! En bas, je déroule toujours, me laissant remonter, puis nous repartons tous les six.

La cote suivante, elle est plus raide. Seb et le portugais, le nommé José Azevedo, lâche légèrement prise. Une centaine de mètre derrière. Nous voilà à cinq…derrière l’indomptable Stéphane Bégaud.

Nous arrivons à un village. Au loin un peu de monde, c’est bon signe, le premier ravitaillement, le « semi marathon », 21km de course, et nous sommes à 1h25’ de course, le train est bon, je suis confiant, je ne ressent aucune fatigue, juste une pointe de douleur au niveau de ma pubalgie, mais qui reste largement supportable… « Plus que » 4h30’ de course, ça peut sourire.

Au bout de la ligne droite, virage à gauche, oui, c’est le ravitaillement. J’entre devant, avec Manu. Au passage, Laurent et Kathy nous encouragent. Dans l’enclos de ravitaillement, Céline me donne coca et eau, histoire de varier un peu la boisson de mon Maxim Energy. Je ne prends pas le temps de rester plus longtemps. Je repars le premier. Au passage, je bifurque pour voler une banane sur les tables de ravitaillement, et repars. Toujours pas de signe de Stéphane Bégaud, alors que nous avons pourtant accéléré.

Manu me rattrape, les Adidas, Thierry et Damien semblent prendre leur temps aux stands, seul David avec quelques mètres d’avance.

Manu et moi profitons de cette petite avance pour une pause pipi tant attendue, une nouvelle pour moi…décidément !

Quand nous repartons, Thierry et Damien sont repassé devant avec une vingtaine de mètre d’avance, David et à cent mètres, derrière, personne dans les roues.

Nous revenons rapidement sur nos deux lascars, et la cote suivant nous permet de reprendre l’avance prise par David, nous voilà à nouveau à cinq…Deux Asics…trois Adidas, le combat va être rude !

Le rythme à changer, chacun prend ses responsabilité et mène le train à son tour. Réel tentative d’usure des autres, tentative d’échappée ou intox ?

Cette course commence à me plaire, un peu de stratégie embellie la course !

Ma douleur pubienne commence sérieusement à se manifester après quelques descentes un peu plus corsées. Mais le moral est toujours là, et j’ai à cœur de montrer de quoi je suis capable.

Un peu plus loin, Damien n’arrive pas à rester accrocher…il décroche donc, nous voilà à quatre, et je sens Thierry qui prends de plus en plus les rennes, lui qui me paraissait relativement sage et serein en début de course. Bientôt, ses réactions me permettent de me rendre conte qu’il s’inquiète de ne pas voir devant Stéphane malgré notre hausse franche de rythme…il commence à demander aux bénévoles s’il y a quelqu’un devant. Ceux-ci nous répondent par la négative…nous serions donc premier ?

Sur un chemin, David et Manu s’apprêtent à partir tout droit, moi je suis, Thierry nous rappel à l’ordre…il faut prendre à gauche ! Erreur déjouée de peu ! Merci Thierry !

Ma douleur s’accentue sévèrement, nous avons passé les deux heures de course, je commence à me poser de sérieuse question quant à mes possibilité physique de rallier l’arrivée debout…le dégoût commence à me porter au cœur.

Un deuxième bénévole, Thierry demande à nouveau s’il y a quelqu’un devant… « Personne, et ça fait 30 minutes que je suis là ! »…a priori…vraiment personne devant !

Je sens alors Thierry beaucoup plus serein et relâcher la pression qu’il semblait soutenir depuis plusieurs kilomètres.

Nous sommes toujours quatre…deux Asics pour deux Adidas, les forces sont beaucoup plus équitable…mais mes craintes se renforce, et encore quelques kilomètres, une descente plus sèche que les autres dans laquelle j’agrandi ma foulée, et je sens pour la première fois mon ischio se contracter. Trois heures de course, un marathon d’avalé, la mi parcours, et je sais maintenant que je ne montrais pas à la tour Eiffel…je suis déçu, triste, dégoûté.

Je suis mes compagnons d’échappée, je ne veux pas les laisser. L’ischio me laisse tranquille dans les montées et le plat, mes dès la moindre descente, il me rappel à l’ordre.

Nous remontons un chemin, toujours derrière, je hèle mes camarades qui filent tout droit…il faut monter le talus pour prendre un chemin…nous évitons une seconde erreur de parcours.

Je les laisse passer devant et me cale derrière. Je signale à manu pour la première fois que mon physique me trahi à nouveau.

Un peu plus de trois heures de course, nous passons devant deux promeneurs, au dernier moment, ils crient mon nom…Didier et la Mouette ! Ils m’encouragent, la peine dans l’âme, je ne trouve rien d’autre à leur répondre qu’un signe de dépit pour signaler mon proche abandon. C’est décidé, prochain ravitaillement, je dépose les armes…j’en ai les larmes aux yeux…

Je suis pourtant si à mon aise à cette allure, derrière, sans impression de m’employer, mais dès la descente suivante, ils me prennent quelques mètres. J’encourage Manu, lui souhaitant le meilleur…et pourquoi pas refaire la même que l’année dernière ?

En bas, un peu de plat, je les garde à distance très respectable. Montée suivante, ils marchent, moi je trottine et revient sur eux, sans douleurs…je donne une tape amicale à Manu, l’encourageant une dernière fois…et je les laisse partir. Je continu en trottinant, en boitillant, en pleurnichant comme si le monde s’arrêtait…ce n’est pourtant qu’une course…

Je les vois, au bout du chemin, ils s’échappent, ils m’échappent, la course s’en va.

Malgré mon allure réduite, les suivant tarde à revenir, d’ailleurs, je ne les revoie pas revenir. Sur ma gauche, un petit lac…Damien est de l’autre coté ! Dans ma tristesse, j’en ai oublié de suivre la balisage, je e suis perdu !! En haut du lac, je traverse un marigot pour me retrouver du bon coté. Les trois premiers sont partis, Damien est juste devant, en haut du mur qui se présente à moi. Dans cette nouvelle montée, José le portugais me double, il ne manque pas de me lancer un petit encouragement…mais ce n’est pas la peine, ce n’est pas l’envie qui me trahi, juste le physique.

A mi pente, je demande où se situ le prochain ravitaillement…on m’annonce 800 mètres. Tant mieux, ça écourtera mes peines et mes douleurs !

800m plus loin, un parking…mais pas de ravitaillement…normal, c’est « juste » un parking !

Et en prime, j’ai fait un tout droit ! Déboussolé par mon abandon, j’ai raté un fléchage, je coupe pour récupéré le parcours, descente, chemin, et j’arrive sur la route. Je trottine pour rejoindre au plus vite le ravitaillement qui se fait attendre et éviter au staff de patienter trop longtemps.

La route me semble longe, et derrière, toujours personne qui me rattrape…je suis toujours virtuellement 6ème, et pourtant, je n’avance plus ! L’écart est impressionnant. J’en suis encore plus écoeuré, j’ai vraiment le sentiment d’avoir loupé quelque chose !

Enfin, le balisage m’indique à gauche, je m’avance, j’entre dans le parc de l’observatoire de Meudon. A ce moment, la première femme me double…elle est 7ème, elle passe 6ème…waow !

Je monte, je monte, je monte, puis c’est Seb qui me remonte, il n’a pas l’air au mieux de se forme, mais il est encore bien classé. En haut, la vue est magnifique, imprenable, sur la capitale, avec au milieu…l’objectif inatteignable, la Tour Eiffel…ma déception remonte à la surface…je détourne la tête et reprends le chemin.

Au pied de l’observatoire, un contrôle inopiné…avec vérification du matériel obligatoire…je le présente, pour la forme, et annonce juste après mon souhait d’abandonner et de rapatrié au plus vite le prochain ravitaillement. Le bénévole me l’annonce à 4 km ! Impossible pour moi…

Il m’indique un raccourci. Mon geste est irrévocable…j’arrache mon dossard, je ne fais plus parti de la course…4h45 de course.

Je m’aventure sur l’itinéraire indiqué, et après un petit contournement qui me fait gagner 1 km, je rejoins un carrefour ou des bénévole m’indique encore le ravitaillement à 2km.

Surprise, à ce carrefour, je retrouve Damien. Mais sauf que lui, il a une déchirure à l’ischio et semble souffrir encore plus…je relativise sur ma douleur et ma déception.

30’ plus tard, des bénévoles ont la gentillesse de nous proposer de nous ramener sur le ravitaillement, j’y retrouve Kathy et Céline,averti de mon abandon par Seb, et qui attendaient Maud, à la seconde place chez les femmes derrière l’extra terrestre qui m’avait doublé.

Un peu plus tard, Laurent nous retrouve, et nous rejoignons la tour Eiffel…juste à temps pour l’arrivée des premiers…

Thierry arrive, détruit, et ‘engage dans la montée au premier étage. A peine une minute plus tard, c’est notre Manu, à notre grande surprise mais immense joie, qui s’engouffre à la poursuite de Thierry…suivi à 45’’ par José, le portugais revenu d’on ne sais où !

Au final, après un long suspens, nous apprendrons la magnifique seconde place de Manu, pour seulement 36’’ derrière Thierry, mais bien présent malgré ses difficultés des dernières semaines pour lui aussi.

 

Pour moi, la journée s’achève, je retrouve nos amis Laure et Hugues, et tourne la page pour profiter de la fin de week-end parisienne en visite à la capitale.

 

 

 

Un ami m’a retrouvé dans un livre que je lui ai prêté, à la suite de ma déception personnelle :

"Du temps pour m'habituer à l'idée de ne pas arriver au bout, alors que suis plus en forme que jamais [...] Du temps, pour m'habituer à l'idée de l'échec alors que je suis en position de gagner [...] Et puis, à force de retourner le problème dans tout les sens, je finis par envisager cette expédition comme ce qu'elle est avant tout: une inestimable source d'enseignements sur moi-même. Parmi beaucoup d'autres choses, elle m'aura fait découvrir le goût de l'échec et appris a gérer la défaite, moi qui, jusqu'à présent, n'ai connu que la réussite."

Mike HornConquérant de l’impossible



08/04/2010
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