/// Erik ... à suivre ... \\

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Merrell Oxygen Challenge : "Petit résumé" d’un long weekend !

Mercredi soir, il est 17h30, c’est la fin du boulot…le week-end Merrell peut commencer !

Un rapide détour par la maison pour prendre les dernières affaires, et puis je reprends la route en direction de chez mes parents. C’est parti pour 2h20 de route.

20h, arrivée à La Palmyre. 1h30’ d’arrêt, juste le temps de goûter les pâtes à manman, et on repart…cette fois, pour 6h00, direction, Le Lioran, station de ski au fin fond du Cantal, l’endroit le plus inaccessible de France pour un Nantais, et pourtant, c’est sur les cartes routières !

Pour arriver jusque là, pas d’avion, pas de train et donc encore moins de TGV, et des routes sinueuses, petites, dangereuses, et pour aujourd’hui, complètement mouillées…bref, que du bonheur !

Mon père conduit. Pour ma part, je m’allonge rapidement. Mon père nous arrête vers 1h du matin, nous dormons à trois dans l’Espace *** aménagé tout confort.

 

Jeudi matin, 7h00. Réveil.

Nous reprenons la route après un rapide petit déjeuné. Encore 3h de route.

10h30, après avoir emprunter ces petites routes qu’on ne trouve que là, avec, il est bon de le souligné, de magnifiques paysages…quand la brume ne le cache pas…

Bref, à 10h30, arrivée à la station du Lioran, sous la pluie et dans le brouillard.

Nous rejoignons le staff pour quelques renseignement, pour la prise de possession des chambres, puis partons au retrait des dossards.

J’ai pour ce week-end le dossard n°1073 et j’ai l’honneur de faire parti des « favoris » !

 

 

 

Jeudi 13 mai : Prologue : 4’30’’ de montée ascensionnelle. Départ prévu à 15h50 avec la vague « élite ».

Choix du matos après reco de la montée (200m de plat puis piste rouge) : chaussure de cross-country (pointe de 12mm), bâtons (après une longue hésitation, ne sachant pas trop les manier), je me décide à les prendre après avoir essayé ceux de Maud, ça va quand même être bien utile, et tenue de course classique, maillot du Team en haut et corsaire en bas, avec manchon Compressport…pour le sponsor présent sur place. (Et pour me maintenir les jambes au chaud !!!)

Le temps : Froid (à peine 7°), brouillard (on ne voit pas le haut de la piste !), terrain dure avec passage un peu plus glissant.

La montée : En quatre temps. 200m de plat, puis montée sur 200m pentue, puis « replat » sur 100m, puis MUR sur 150/200m

La forme : plutôt bien, aucune douleurs musculaires, légère douleur à la pubalgie seulement, mais aucune gêne en montée…donc c’est tout bon !

Mon objectif initial : 1500m/h, soit à peu près 125/130m…

Alimentation : Maxim en boisson d’attente…et rien pendant l’effort !

Stratégie : Toute trouvée. Ne pas trop se mettre dans le rouge sur les 200 premiers mètres de plat, et tout donner ensuite en essayant de relancer sur les portions « un peu plus roulante »…et il n’y en a pas beaucoup !

 

Je serais donc dans la dernière vague pour la première épreuve. Pas le type d’effort auquel on peut être habitué sur la côte atlantique ! Le but étant, sur une piste de ski « noire » (et sans neige !), de monter le plus haut possible en 4’30’’, sachant que nous trouvons des pentes à plus de 25%.

En tout cas, je suis quand même dans la vague élite, et celle-ci part à 17h50.

Dans mon groupe, quelques beaux noms, tel que Seb Chaigneau, Thomas Lorblanchet, Vincent Delebarre, Yoan Meudec, Benoit Laval, Martin Reyt, Renaud Rouanet. Je suis le seul du Team Asics à partir aujourd’hui chez les hommes, et le seul à faire le Merrell Oxygen Series. Manu (Gault), Kirtap (Patrick Bohard), Taz (Thomas Saint Girons)

Chez les femmes et donc dans notre groupe, Karine Baillet, Géraldine Leroy, et deux de nos Asics Girl, Cathy (Dubois) et Maud (Giraud).

Les premiers départs s’élancent à 11h. Rapidement, et pendant pas mal de temps, la meilleur marque stagne autour des 117 mètres de dénivelé ascensionnel.

Et puis, un breton pointe son nez et mets la barre beaucoup plus haute, montant à 139 mètres. L’altitude du fanion bleu indiquant cette meilleure marque n’évoluera pas jusqu’à la vague élite. S’élance alors les filles, Cathy échouant à une poignée de centimètres de la meilleure marque chez les féminines, de 105 mètres. Il ne reste plus que Maud à s’élancer…elle monte, sans jamais s’arrêter de courir, jusqu’à 117 mètres, battant de 12 mètres la désormais seconde.

Les filles remplissent donc le podium, avec une première et une troisième place…je sais ce qu’il me reste à faire !

La course étant courte ( !)…mais intense ( !!!), je m’échauffe longtemps à l’avance.

Bonne échauffement de 45’, quelques accélérations, la meilleure marque du moment est à 138m par un breton, recordman de … montée de phare !

Je croise Séb C. et Vincent D., Yoan Meudec part, Séb m’annonce la future marque de référence. Lui ne prend pas de bâtons, tout comme Séb…je ne les prends pas, c’est décidé, je les laisserais à la tente de Compressport, comme mes affaires de rechange.

Je m’avance vers la tente de départ où ils m’équipent avec les montres altimètres partenaires de la course.

Les premiers « élites » partent. Je ne tarde pas à m’élancer pour éviter de me refroidir et de piétiner sur place en bas. Vincent Delebarre, Tom Lorblanchet (il n’a prévu que le prologue et le 65km), Seb Chaigneau…ne sont pas encore parti, tant pis, je m’élance avant eux.

On m’équipe d’un montre ??? (c’est pas Suunto…alors je connais pas !!!), elle doit vibré 5’’ avant la fin et sonner quand c’est terminé.

Je suis sur la ligne, un officiel appuis sur le bouton de la montrer et je m’élance.

200m soutenu mais pas à fond, il faut en garder pour la montée, le gain de dénivelé étant logiquement plus important dans la montée que sur le plat. Les bâtons dans une main.

Après 200m, pied de la montée, un bâton dans chaque main, juste le temps de glisser un doigt dans chaque dragonne, et je commence…à « pousser » !

Le début se fait bien, mais le lactique descend vite dans les jambes au fil de la montée. Je souffle comme un bœuf dès le début, en m’aidant des bras et des bâtons pour soulager au maximum mes jambes.

Après 200m de montée, la pente s’attenu un peu, j’essaye de relancer le plus possible. Le panneau des 60m de dénivelé est passé. Je regarde ma montre, les 2’ sont passées, plus que 2’30’’…mais dans ces conditions, 2’30’’, c’est l’enfer !

Les jambes chauffent, le lactique tombe vite, mais le souffle revient un peu…à peine le temps de dire ouf, je suis au pied du mur. J’évite de justesse de tomber dans une grosse ornière…merci les bâtons ! Je me rééquilibre et relance, c’est le mur.

J’ai vite l’impression d’avoir le corps parallèle à la pente, mais l’avantage, c’est que les panneaux arrivent rapidement, d’abord celui des 80m, et puis, ils défilent rapidement. Le souffle devient très court et de plus en plus rauque. Je force mes jambes à sauter pour avancer…je m’interdis la marche. Je pousse sur les bras en prenant appui sur les bâtons pour soulager les jambes le maximum.

A peine le temps de voir le panneau des 100m, des cris d’encouragements se font de plus en plus nombreux. Je reconnais à mes cotés ceux de Coach Laurent qui m’accompagne. Un peu plus haut, ceux de mes parents.

Je passe les panneaux, sans plus les regarder, même plus la force de tourner la tête pour y prêter attention. Le but, aller tout là haut, alors je me concentre sur ma poussée.

Ma vue se réduit au fil des mètres, Laurent me crie qu’il reste 45’’…aller le plus haut possible ! Ma vue d’obscurci, je commence à pousser des râles, moitié d’encouragement, moitié de douleurs.

Ma mère me crie que le drapeau et juste devant, de lever la tête et de le regarder, de voir l’objectif à battre. Je relève à peine la tête et la rabaisse aussitôt…l’objectif est si prêt, mais je commence à voir des étoiles !

Je pousse tout ce que je peux, les jambes n’en veulent plus !

Ca crie dans tout les sens, je sens pas mal de monde autour de moi…et puis mon poignet vibre, plus que 5’’, je donne tout…et un commissaire m’arrête…je m’effondre instantanément...les jambes ne me portent plus !

Un voile noir, des étoiles, je me retourne sur le dos, et me relève…le drapeau et juste devant moi, pas de record pour moi, mais 137m, contre 138 pour les deux premiers ex-æquo.

 

Place     Nom                                       Prénom                 Dénivelé               Séries

1          MEUDEC                      Yoan                138                   S

1          TANNÉ                         Corentin            138

3          CLAVERY                    Erik                  137                  S

4          CHAIGNEAU                 Sébastien         136                  S

5          CAMUS                        Sylvain             135                  S

6          MATHIEU                     Jean-Claude      133                  S

7          LORBLANCHET            Thomas            132                  S

8          RANCHIN                     Emmanuel        130                  S

9          SBALBI                        Tony                 127                  S

10        DAURIAC                     Philippe            126                  S

 

 

Vendredi 14 mai : Enduro Trail Traking : 20km avec 4 spéciales chronométrées de 700 à 900m. Départ prévue à 8h00 avec la vague « élite », repoussé à 9h00 en raison des conditions météo.

Choix du matos : chaussure Asics Attack (légère et dynamique), tenue de course classique, tee-shirt et short, avec manchon Compressport et Quad Compressport…pour mieux récupérer pour le lendemain au niveau quadriceps et limiter la « casse de fibres ». (Et pour me maintenir les jambes au chaud aussi entre les spéciales…) Sac et poche à eau Ultimate avec 1litre de boisson énergétique Maxim, coupe vent (pour l’entre-spéciale)

Le temps : Froid (3°), brume sur les hauteurs, légère pluie/neige de temps en temps.

Le parcours : Parcours de replis en raison du temps. Terrain humide, enneigé par endroit, technique à d’autre endroit et quelques portions de bitume.

Principe de la course du jour : 4 spéciales chronométrée de 700 à 900m sur un parcours non chronométré de 20km.

1ère spéciale : 700m en chemin avec profil en cote 10/12% usant.

2ème spéciale : 800m sur monotrace profil plat à flanc de montagne.

3ème spéciale : 900m en profil descendant, première moitié roulante, deuxième moitié raide

4ème spéciale : 800m en profil plat très technique puis descendant jusqu’à l’arrivée.

La forme : plutôt bien, aucune douleurs musculaires, légère douleur à la pubalgie seulement, plutôt satisfait et pas de grosses gênes.

Mon objectif initial : s’arracher sur les spéciales, ne pas se refroidir entre

Alimentation : Maxim en boisson de course, et un gel qui n’aura pas servi.

 

Sur place à 8h00 pour le départ, on nous apprend un retard d’1h à cause du temps trop mauvais. Le départ s’effectue pas vague de 4 coureurs. Maud part avec le Team Platinium/Compressport, comprenant entre autre Martin Reyt et Yoan Meudec.

Je pars dans la seconde vague, avec Cathy et son Julien. Départ tranquille en échauffement, nous ne tardons pas à monter sur les premiers lacets. En haut de côte, les pieds se retrouvent vite humides, car nous passons dans une espèce de tourbière. Nous prenons notre temps pour nous les mouillés le moins possibles.

En haut, c’est le brouillard, nous redescendons sur un bon chemin, avec une vigilance particulière sur les appuis et les chevilles.

Nous revenons sur le premier groupe, en train de faire une halte technique, et repartons ensemble. Le troisième groupe nous rejoint bientôt, mais ils sont plus que 4…avec Séb Chaigneau, les frères Camus, Vincent Delebarre, Renaud Rouanet et quelques autres.

Nous arrivons tous à un hameau, où se trouve des bénévoles…et normalement la première spéciale…pas de trace de celle-ci, les bénévoles sont là pour les VTTistes…nous filons.

Une partie de route bitumée, toujours pas de spéciale, on retrouve un sentier qui mène dans le fond de la gorge. Nous passons sous la route principale, mes parents sont là et nous encourage. Le minibus Asics est là…mais pas les coachs…ils doivent être plus haut…

Mes parents sont là et ne manquent pas quelques encouragements alors que nous progressons trés tranquillement en groupe.

Nous bifurquons de l’autre coté de la route sur un petit monotrace raviné entre deux haies, pas de stress, nous reprenons notre rythme…en marchant.

En haut du chemin, un petit hameau que nous traversons, mes parents sont à nouveau ici, encore des encouragements, quelques bénévoles, nous reprenons notre footing pour faire bonne impression devant ces encouragements.

Quelques centaines de mètres à peine, et la première spéciale se présente. Petite discussion avec le pointeur, nous lui demandons la distance de cette spéciale de ce parcours de replis. Il nous annonce…une dizaine de minutes d’effort !!

Surpris pas la durée annoncée, j’appel immédiatement Coach Laurent, qui m’annonce de son coté 600m…c’est plus raisonnable. Dans le doute, le contrôleur appel son binôme de l’arrivée, celui-ci annonce 700m…c’est bon, on part sur cette distance !

Les premiers s’élancent. Devant moi, Julien, Cathy, Seb, Vincent, Renaud. C’est à mon tour de m’élancer.

Le début et pittoresque avec des cailloux dans tous les sens, les chevilles partent, puis une ligne droite, la pente est régulière, les jambes chauffent vite. Le départ a peut être été un peu trop rapide !

A mi parcours, virage en épingle à droite. La montée se continue à l’identique, je ne tarde pas à doubler Julien parti juste devant moi.

Le pointeur de l’arrivée est en vue, je donne tout et bip aussitôt à son niveau. J’ai l’impression d’avoir fait une bonne montée, mais je ne saurais pas le résultat définitif avant les résultats du soir.

Avec les quelques unités déjà arrivés, nous repartons avant d’avoir froid sur le chemin qui monte toujours en pente douce.

Déjà plus de la moitié du parcours de réalisé. Nous quittons le chemin pour suivre le balisage. Celui-ci nous emmène sur un sentier qui monte en pente sèche à travers des broussailles qui ne manquant pas de nous griffer les jambes. Pour l’occasion, mes manchons compressport jouent le rôle de guêtre !

Nous marchons à bon pas pour maintenir la température corporelle suffisamment haut pour ne pas se refroidir. Nous discutons, avec Seb (The North Face) et Renaud (Lafuma), de tout est rien, de vie familiale, de Team, de voyage, bref, nous passons le temps. Plus nous montons, plus le froid pique. Arrivé au col, Seb m’indique la spéciale de l’année passée, un mur en direction du sommet. Pas au programme dans ce parcours de replis, trop dangereuse vu les conditions. Nous sommes maintenant pieds dans la neige. Seul l’étroit sentier est déneigé.

Le col tout juste passé, un commissaire est là, chargé de nous pointer pour le départ de notre seconde spéciale.

Spéciale de 800m, toute plate, à flanc de montagne, sans aucune difficulté majeur.

Je pars en second pour l’inconnu de cette nouvelle spéciale. Départ à fond, je me fais mon sprint. Pas de ralentissement, une marche en pierre à sauter, je poursuis le sprint, et arrive rapidement au pointage suivant.

Quelques coureurs arrivent derrière moi, puis nous poursuivons notre épopée, dans un décor couvert de neige. Nous contournons la montagne et empruntons un chemin, neige aux chevilles, qui descend…quelques mètres jusqu’au ravitaillement. Nous demandons ensuite notre chemin après nous être rempli le ventre…il faut remonter !

Nous remontons et croisons les autres qui commencent à se poser des questions ! Mais bien vite, nous arrivons à la clôture en crête et suivons les conseils, la longeons en ligne de crête, pied dans la neige…crunch…crunch…

Tout en haut, 500m plus loin, toujours à frayer notre chemin dans la neige, nous rencontrons deux bénévoles qui nous y attendent, avec une esquisse d’Igloo pour se protéger du vent. A partir de là, nous basculons et laissons la crête pour une partie de glissade dans la neige pour certain, de luge sur les fesses pour d’autres.

Puis nous retombons sur un chemin saupoudré de neige, et enfin, retrouvons Katy et Laurent venu à notre rencontre. C’est le départ de la 4ème spéciale.

Laurent me brief. « Première moitié en pente franche, droite, puis dirage à droite, puis à gauche, puis épingle à droite et le chemin plonge en pente très raide. » …ça va faire mal aux cuisses !

Je ne tarde pas, range mon coupe vent dans le sac, et m’élance dans la descente. Ma pubalgie me lance plus que dans les autres spéciaux. Je cours en cycle avant pour freiner, et force sur mes abdos…douleurs. La première partie passe, la seconde plus raide m’est plus désagréable.

Je descends comme je peux, et arrive enfin en bas pour pointer…

Je ne suis pas satisfait du tout…j’ai trop trainé !

A peine arrivé, je ne m’attarde pas et pars devant avec un autre coureur pour ne pas risquer le refroidissement.

Nous traversons un bois, et débouchons sur une prairie, le sentier trace à travers, nous filons au petit trot.

Bas de vallée, la station se rapproche, grosse montée que nous montons tranquillement en marchant, et tout en haut, après une traversée de névé, nous voilà prêt pour la dernière spéciale. 800m avec départ en cote, puis traversée d’un bois avec appuis instables et en dévers, puis après une montée de talus, descente direct sur le site via un large chemin, puis un pont de bois glissant, puis une piste de terre qui fait office de patinoire avant la dernière ligne droite d’arrivée.

C’est la fin, je pars, encouragé par Katy, Laurent, et les coureurs encore au départ de cette spéciale.

C’est la dernière, départ pied au plancher…peut être un peu trop ! En haut de la petite cote, virage à gauche pour la traversée du bois, les chevilles partent dans tous les sens mais tiennent bon le chemin.

La bois traversée, petit talus, en haut, les jambes sont oxies, il reste encore pourtant toute la descente !

Je déroule la foulée sur les 250 qui me sépare du pont de bois, puis ralenti pour éviter la glissade, le franchi les pieds bien à plat sans risque, puis repars à fond dans la descente.

C’est sans compter sur le fait que la fin de la descente en terre est une vraie patinoire ! Je manque de peu de me retrouver à plat ventre !

En bas, je relance sur le plat, petite partie droite, virage à gauche, et après encore 100m, je franchi la ligne à bout de souffle et les jambes coupées !

Le résultat restera inconnu pendant encore quelques heures en attendant que le reste des troupes soit arrivé. Il nous aura fallu 2h32 pour faire la boucle de 18km de cette épreuve original. Belle randonnée et magnifique décors !

 

Place     Nom                       Prénom         Spécial 1 Spécial 2 Spécial 3 Spécial 4       Tps total

1          MEUDEC          Yoan           00:04:12 00:01:26 00:01:49 00:02:03      00:09:30

2          CHAIGNEAU     Sébastien    00:04:01 00:01:37 00:02:02 00:02:10      00:09:50

3          CAMUS            Sylvain        00:04:34 00:01:19 00:01:59 00:02:09      00:10:01

4          CLAVERY        Erik              00:04:34 00:01:18 00:02:23 00:02:12      00:10:27

4          RANCHIN         Emmanuel     00:04:42 00:01:34 00:02:03 00:02:08      00:10:27

6          CAMUS            Sébastien     00:04:43 00:01:21 00:02:09 00:02:16      00:10:29

7          DELEBARRE    Vincent         00:04:49 00:01:34 00:01:55 00:02:17      00:10:35

8          TANNÉ             Corentin        00:04:38 00:01:36 00:02:18 00:02:06      00:10:38

9          REYT               Martin            00:04:51 00:01:37 00:02:10 00:02:21      00:10:59

10        ROUANET        Renaud          00:04:58 00:01:38 00:02:07 00:02:19      00:11:02

 

Après un bon repas plein de glucide, c'est-à-dire 2 grosses assiettes de pâte (officiellement, 1 seule, mais j’ai réussi à me resservir une fois en « loosedé » !)

 

A peine le repas terminé, il est trop tard pour la sieste, je pars avec Philippe, « notre » photographe de chez Asics, pour une séance photo personnelle dans un décor bien sympa, encore une expérience enrichissante avec le professionnalisme d’un photographe qui c’est arrêté dans le Cantal entre deux séances photos avec des stars internationales de l’athlétisme ! Quel honneur pour nous !

 

2 heures de séances photo, un peu de repos dans le lit de l’appart’, où j’arrive à accéder après m’être frayer un passage au travers le bazar de Maud…

Sieste de courte durée, et puis c’est déjà l’heure de (re) manger. Moi qui m’étais contraint à un régime drastique ces dernières semaines, je remets les couverts ce soir en prenant deux nouvelles (énormes) assiettes de pâtes…discrètement pour éviter la sanction du staff !

 

Et puis, 21h30, direction le lit, et 22h00, dans le lit après avoir préparé toutes les affaires pour le lendemain.

Et puis, allongé, je n’ai aucune fatigue, je n’arrive pas à dormir, je regarde ma montre toutes les demies heures.

Je pense au levé à 3h00 du matin pour le départ à 5h00. Je pense à la course. Je pense à la saison…plein d’autre choses me traverse la tête.

23h. Il faut que je dorme, ca ne me fera que 4h de sommeil, mais c’est déjà ça…

Minuit. Plus que 3h avant le réveil, et je n’arrive toujours pas à fermer les yeux. Kirtap dors bruyamment sur la mezzanine, Maud dors sereinement dans le lit d’à coté.

1h. Toujours pas le moindre soupçon de sommeil en vue…il me reste 2h…comment vais-je faire pour la course sans sommeil ?

2h du matin…mes yeux se ferment à moitié, mais je ne dors toujours pas. « Réveil » dans 1h. Départ des 70km de prévu dans 3h…je me tourne, retourne…mais ne dors toujours pas !

 

Samedi : 3h00 : A peine arrivé à somnoler que le réveil sonne…départ dans 2h, une nuit blanche derrière, une course de 70km devant…pfff

 

La tête un peu dans les nuages, je m’habille rapidement de ma tenue de course, puis je pars rejoindre Manu, Taz, Laurent et Katy dans l’autre appart’ pour le petit déjeuné après avoir réveiller Kirtap. Maud ayant la chance de partir à 9h00 avec le 45km.

 

Le petit déj est composé d’un bon thé, fini l’époque du chocolat au lait, d’une moitié de carbo-cake, oublié les tartines à la confiture avant les départ, maintenant, c’est alimentation surveillée !

 

Le petit déjeuné pris, vêtu chaudement en prévision de conditions fraîche, nous prenons la direction de la ligne de départ. Pour ma part, petit détour par l’Espace/camping-car de mes parents et petit échauffement pour préparer ma pubalgie à plus de 6h d’effort.

 

Samedi 15 mai : Trail 70km : 70km sur un tracé de replis en raison des prévisions météos. Parcours de 3200m de dénivelé positif. Départ à 5h00 du matin.

Choix du matos : chaussure Asics Gel Trabucco (confortable et stable), tenue de course « renforcée », tee-shirt avec juste au corps en dessous et short, manchette pour les bras, avec manchon Compressport et Quad Compressport…pour mieux assimiler les kilomètres…et les jours précédent, et limiter la « casse de fibres ». (Egalement en raison de la « fraicheur prévuet pour me maintenir les jambes au chaud sur toute la course !) Lampe frontale Petzl RXP pour la première heure en nocturne. Sac et poche à eau Ultimate avec 1litre et demi de boisson énergétique Maxim, gel maxim, banane sur les deux derniers ravitaillements, matériel obligatoire…et l’inséparable casquette « Hawaiian style » !

Le temps : Froid (1° au départ, 5°C maxi), jusqu’à -10°C en température ressenti à 5km de l’arrivée (1600m d’altitude), brume sur les hauteurs, légère pluie/neige de temps en temps.

Le parcours : Parcours de replis en raison du temps. Tous terrain, passage « immergés », boue, passages enneigés par endroit (sur les hauteurs), technique à d’autre endroit et quelques portions de bitume.(en raison du parcours de replis)

Principe de la course du jour : 65km (5km de moins en raison du parcours de replis qui n’en perd rien à sa beauté !) non-stop avec « toute la clic ». Beau parcours, beau plateau…pas beau temps…tout y est !

La forme : plutôt bien, aucune douleur musculaire, légère douleur à la pubalgie seulement, plutôt satisfait et pas de grosses gênes, légères gênes en descente et sur les parties de relance.

Mon objectif initial : prendre les 600pts attribué au 1er des « Series » sur cette course…et pourquoi pas s’accrocher au podium sur la course !

Alimentation : Maxim en boisson de course, coca et eau, gels 3 doses et bananes.

 

Tout le monde se regroupe sur la ligne de départ. On retrouve chez les hommes Thomas Lorblanchet, Sébastien Chaigneau, Vincent Delebarre, Pascal Giguet, les frères Camus, le Team Asics avec Kirtap, Taz, Manu et moi.

La pression monte sur la ligne, le speakeur monte le son ; ca se bouscule de plus en plus au portillon de départ.

Le starter nous libère enfin après un décompte scrupuleusement respecté, et nous nous élançons dans le noir, frontale vissée sur la tête.

Après 200m de plat, le pente étire le peloton de luciole.

Je reste dans les premières places du peloton, au coté de Manu qui semble avoir des fourmis dans les jambes, et de Thomas L. qui prend ça place de favoris. Kirtap n’est pas bien loin, avec Taz en soutien. La pente s’accentue après le premier lacet, et nous nous retrouvons bientôt dans un pré abrupt, après avoir sauté un talus. Thomas prend les choses en main, je reste accroché, toujours avec mon Manu à coté, mon soutien psychologique !

Dans cette première difficulté, je découvre un Kirtap aux jambes de feu. Avec ses bâtons, il nous passe à coté et rejoint sans difficulté l’avant poste. Pascal Giguet tente de s’accrocher et y parvient temporairement.

En haut, un petit œil derrière, le groupe n’est plus qu’un mince fil de lumière qui serpente sur la pente. Devant, c’est l’éclairci dans la nuit noir, on retrouve les « favoris » de la course, et je suis heureux de pouvoir compter parmi eux !

Nous retrouvons enfin un chemin rendu technique par l’obscurité qui redescend vers le fond de la vallée.

Petit arrêt toilette, je quitte l’avant de la tête pour repartir vers la 10ème place. Kirtap mène la danse, et me voilà derrière toute l’équipe.

Pas de douleur, j’allonge la foulée dans la descente, et reprends place par place, avec des dépassements en général prudent, parfois « osés ».

J’arrive assez rapidement aux cotés de Manu et Thomas, ayant juste avant passé Taz.

Bientôt une petite partie goudronnée, je vois Seb Chaigneau, puis Vincent Delebarre, furtivement, à mes cotés. Un petit effort, et je les lâche pour me retrouver dans le groupe de tête qui s’effrite.

1er ravitaillement. Mes parents sont à l’entrée et m’encourage.

Devant, je vois Manu, juste devant moi, lancer quelque chose à Laurent, je crois que c’est sa frontale. Sans réfléchir, je retire la mienne et lui lance à mon tour…dans le jour naissant, mais encore un peu timide, je me retrouve tout nu, sans lumière sur le front ! (Toujours ma Petzl E-lite sur moi…mais dans mon sac !). Finalement, il a juste laissé ces manchon et a toujours sa frontale avec lui !

Dans le sous bois qui suit, la pénombre m’handicape un peu, je prends donc encore plus de précautions. Après le ravitaillement, nous sommes 6 à nous détacher. Il y a un certain Ludovic Lanceleur, inconnu au bataillon, Tomtom Lorblanchet, connu de tous, Kirtap, en grande forme, Manu, mon idole, un coureur non identifié, et moi. La descente se poursuit prudemment.

A la sortie du bois, je souffle. La visibilité est plus importante, et le jour se lève progressivement, je suis donc moins lésé par le manque de lumière.

Un peu plus loin, toujours à six, dont trois « Asics », nous grimpons un pré pour terminer par franchir une barrière.

Tomtom passe en premier, je le suis, juste devant Manu et Kirtap, et nous rejoignons le ravitaillement quelques mètres plus loin. Je suis très bien, pas besoin de ravitaillement puisque j’ai encore tout ce qu’il me faut dans mon sac. Tout le monde change ces bidons, prends le temps de se ravitailler, j’attends les copains, et nous repartons tous ensemble sur la route.

Une bonne portion de cette route, je reste devant et emmène mes camarades.

Virage à droite, nous embrayons sur un chemin en montée. Derrière, la visibilité est grande, 1 coureur pointe sont nez tout au bout.

Quelques minutes plus tard, nous arrivons au pied d’une cascade, les bénévoles nous indique le chemin à prendre…il nous faut traversée au pied de la cascade !

Sans hésitation, je saute pied joint dans l’eau glacée, jusqu’aux cuisses, et traverse en me tenant à la corde servant de main courante. En parallèle, mes compagnons choisissent tous de traverser par les rochers, grosse perte de temps pour épargner temporairement leurs chaussures de l’humidité. A la sortie de l’autre coté, je ne les attends pas et poursuis ma course, je bénéficie d’une centaine de mètres sur eux…

Je me retrouve à monter un coteau avec, à quelques mètres derrière, 3 gars, Sylvain, Ludovic L. et Tomtom, je me permets de temporiser la monter et de les laisser revenir pour m’épargner quelques forces. A l’entrée du bois, ils me reviennent dessus. Je suis maintenant seul représentant Asics, Manu ne s’est pas complètement remis de son coup de mou des dernières semaines, tant pis pour moi.

La suite et fin de cette montée à travers le bois s’effectue dans une alternance de marche et course. Je suis confiant. Ludovic commence à lâcher prise de temps à autre, Tomtom ne me parait pas au mieux, mais Sylvain à l’air bien, et c’est pour moi le principal adversaire, puisque lui aussi concurrent sur le Merrell Oxygen Series.

Au détour d’un rocher, nous laissons derrière nous la forêt, et le vent froid nous fouette le visage et le corps. Les appuis se font instables, la neige apparait sur le sol. Quelques hectomètres plus loin, c’est tout le sommet qui se dégage, recouvert d’une mince pellicule de neige vierge. Malgré les nuages, le décor est somptueux !

Je mets, puis enlève, puis remets mes gants. Ils sont mouillés, mais me protège du vent. Mais mouillé quand même, donc ils garde le froid…bref, je ne sais pas quoi en faire !

En fin de cette partie sur la crête, j’ai les jambes qui fourmillent, et un Sylvain qui s’accroche, je prends la course à mon compte et fait un forcing léger en préservant au maximum mes forces. Le quatrième lâche, nous voilà à trois. Sylvain fait l’élastique. Thomas reste collé, mais je m’en doute un peu !

La descente dans les alpages commence. Je relance régulièrement. Nous alternons alpage, puis piste, et enfin chemin pour retourner en bas de la vallée. Je retire mes gants définitivement, il y a moins d’air, mes mains souffre moins.

Je suis désormais seul avec Tomtom, satisfait de l’effet et soulagé d’être en tête sur le Series !

Sur le chemin, Sylvain est à une grosse centaine de mètres derrières, je relance donc dans chaque virage, au coude à coude avec Thomas, pour le décrocher définitivement…tâche ardue !

Lorsque Sylvain disparait de mon champs de vision à l’arrière, Thomas me conseil de relancer moins fort pour éviter de se « flinguer », la course n’est pas terminée !

Je suis ses conseils, et continu la course à ses cotés.

Le 3ème ravitaillement approche. Il se situe dans un petit hameau, mes parents sont à l’entrée, heureux a priori de me voir si bien placé, et surtout encore en si bonne forme, à mi parcours déjà bien passée.

Virage à gauche, je manque le tout droit et Thomas me rappel à l’ordre ! Retour sur la bonne route !

Arrivée au poste de ravitaillement, je bois juste un verre, j’ai encore ce qu’il me faut sur moi, et me prépare à repartir. J’attends Thomas pour repartir ensemble, conscient que la suite sera plus facile à deux, surtout pour empêcher le retour de Sylvain.

Nous repartons ensemble par la traversée d’un kiosque, sur un petit sentier aménagé en bordure de rivière. Un ponton en bois, les semelles baignent dans l’eau !

Retour sur le sentier rocailleux, pont de bois dans cet univers enchanteur, encore des paysage qu’on aime traverser !

Et puis il nous faut ressortir du fond de la vallée. Nous ne remontons jamais sur les sommets, mais commençons une partie de montée/descente qui entame bien les jambes. Je commence à sentir des prémices de fatigue, et je sens Thomas prêt à s’en aller. Je m’accroche comme un beau diable le plus longtemps possible. J’essaye de relancer dès que possible, recollant désespérément, il m’attend presque dans une montée. De retour à son niveau, je lui « propose » d’aller chercher sa victoire, comme s’il avait besoin de se conseil. Quelques secondes plus tard, un petit coup de bambou de ma part et le voilà qui poursuit son aventure seul devant…et moi seul derrière !

J’arrive sur une route au ravitaillement suivant. Je détache mon sac pour l’échanger contre un nouveau remplis de bonne chose, de gel neuf et de boisson Maxim.

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10/06/2010
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