/// Erik ... à suivre ... \\

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Virée dans les Alpes

Deux semaines de congés, et un planning qui affiche déjà complet !

Au programme, reprise des entrainements après trois semaines de coupure. La fin de première moitié de saison s’étant terminée avec une tendinite au tendon d’Achille, une pubalgie récalcitrante, beaucoup de fatigue et un mental un peu érodé. Bref, une coupure indispensable !

Départ de la maison dès le vendredi 16 au soir, direction Mâcon, première étape de ce tour de France accéléré, avec étape en cours de route et dodo dans la voiture. Il nous faut être à 14h précise sur place pour le mariage de Christelle et Jérôme.

La fête est belle et dure jusqu’au lendemain midi. Nous repartons le dimanche après midi direction La Plagne Bellecôte pour une semaine de vacances/entrainement/compétition. La semaine s’annonce intense. Nous arrivons à La Plagne en fin de soirée et prenons aussitôt possession de notre appartement.

Lendemain, début des festivités pour moi.

Lundi 19 juillet, rando de 2h30 avec Céline, un peu difficile et le bébé se manifeste ! Je profite d’un plat à 2200m d’altitude pour une petite séance de ppg. Le cœur monte vite, mais la reprise fait du bien !

Mardi 20 juillet :

110km de vélo. Départ de La Plagne, descente dans la vallée, 17km à 47 de moyenne sans un coup de pédale, que du bonheur, jusqu’à Bourg-Saint-Maurice, puis montée du Col du Petit Saint Bernard. 30km d’ascension régulier à 5% de moyenne. Bonne moyenne, bonne sensation, j’arrive en haut régénéré…les joies de la montagne ! Je passe la frontière pour le geste et me retrouver en Italie, puis je rebrousse chemin et redescends vers la vallée. Je commence l’ascension vers la Plagne en attendant le retour de Céline, parti faire quelques courses. C’est finalement après 7km de montée sous une grosse chaleur, à 10km de la station, qu’elle me récupère.

L’après midi, repos avec petite baignade en piscine.

Mercredi 21 juillet :

Départ dès 9h00, avec un peu de fraicheur, pour une descente/montée entre La Plagne et la rivière de l’Isère.

17,5km de descente rapide…17,5km de montée…un peu moins rapide !

Après 22’, je me retrouve sur le pont, tout en bas dans la vallée, avec un 47,5km/h au compteur de moyenne.

Je fais demi-tour, et commence à monter la rampe qui me ramène à l’appart…8%, 8%, 7%, 8%, 10%, 7%, 8%...et quelques gouttes de sueur ! J’arrive à maintenir une moyenne instantanée au dessus des 12km/h, même dans les rampes les plus délicates, j’en suis content…ça fait du bien la montagne !

Le soleil monte, l’ombre disparait sur le bord de la route, ma température commence à bien monter et les gouttes dégoulinent de mon front et de mon nez, de plus en plus grosses !

Et finalement, 1h20 de grimpette plus tard, me voilà de retour à 1900m d’altitude, à notre appartement. Au final, 35km, 1h42 de selle. Que du bonheur !

L’après midi, j’ai programmé une « promenade » vers les hauteurs. Afin de profité du site, l’objectif est de monter au moins jusqu’à la Roche de Mio (2700m), jusqu’au Glacier de Bellecombe si je ne suis pas trop mal. Quoi qu’il en soit, je pars pour 2h30 maxi…c’est l’objectif ! Je décide de prendre mon sac à dos Ultimate avec quelques ravitaillements et la poche à eau…il va faire chaud ! Téléphone et appareil photo pour quelques souvenirs.

Je pars, sur le même tracé que la course prévu le samedi, le Trail des 2 lacs, course organisée en parallèle de la 6000D. D’entrée, montée de 150m de dénivelé qui m’emmène sur un petit plateau, puis un peu de plat avant de remettre le compteur à dénivelé en marche, passage par le lac des Blanchets, puis à nouveau un plateau que je traverse. De l’autre coté, je récupère une piste qui monte d’abord tranquillement, puis à un bon pourcentage, vers la Roche de Mio. Je m’accroche, et finalement, arrive là haut sans m’arrêter de courir, une grosse suée en récompense. J’en suis à 1h10 de footing. En tableau de fond, le glacier. Trop tentant…je sais qu’il culmine à 3000m, et entre mes 2700m et les 3000m en face, il faut que je passe par le col de la Chiaupe en contrebas, à 2500m d’altitude…ça fait un peu plus de dénivelé…mais je m’y lance. Je verrai au col à combien de temps j’en suis. Finalement, 15’ plus tard, j’y arrive. Là où j’en suis, je ne peux faire autrement que monter là haut…je bifurque donc sur le parcours de la 6000D classique, recommençant à monter par les pistes de ski. Et puis à 2600m d’altitude, je décide de prendre le parcours à contre sens, et m’engage dans la montée afin d’avoir un panorama sur le Mont Blanc, je stop donc ma course et poursuis en marche forcée. La pente est de plus en plus raide, je fais l’erreur de ne pas prendre la piste qui trace à travers pente, je coupe droit vers le sommet. La pente devient très délicate, sur des cailloux broyés, mes pas glissent régulièrement, je manque de reculer à plusieurs reprise plutôt que d’avancer. Mais finalement, l’avantage, c’est qu’avec une telle pente, l’altimètre s’excite et tourne rapidement…2800m…2900m…je continu à progresser rapidement, et finalement, je termine ma course dans la neige, au bord d’un petit lac de sommet.

3000m. Je m’avance sur la crête, et m’assied pour récupérer de mon effort, ainsi que de l’altitude que m’active la circulation et m’essouffle rapidement !

J’en profite pour admirer la vue…imprenable sur un Mont Blanc complètement dégagé de tout nuage. Un petit coup de téléphone, quelques photos, et frais et dispo, je repars dans la descente par le tracé de la course. Cette fois, je prends le chemin et coupe lorsque le tracé l’indique, à travers névés et cailloux. Je me retrouve rapidement au col de la Chiaupe, mais je m’aperçois que je mettrais forcément plus de temps que prévu !

Je poursuis maintenant ma descente sur un petit single de montagne qui sinue dans la pente. Quelques sauts, virages, et me voilà bientôt à 2000m d’altitude. Le chemin file ensuite à peu près à l’horizontal et la foulée devient plus ample. J’arrive au Dérochoir, puis repars pour une nouvelle montée, cette fois-ci vers le dernier objectif de la journée, après m’être un peu perdu en faisant un « tout-droit » dans les règles de l’art !

Ce nouveau passage est pentu, mais j’arrive bientôt au lac du Carroley en direction du col de l’Arpette que j’atteins après un dernier « saut » de 300m de dénivelé !

Ca y est, il ne me reste plus que de la descente, je repars donc aussitôt avec en point de mire Belle Plagne que je traverse, puis Plagne Bellecôte que je rejoins 20’ après avoir passé le dernier col.

Finalement, c’est seulement après plus de 3h30 que je rejoins l’appartement, fatigué mais heureux de cette virée ensoleillée.

Nous accueillons Laurent, Kty et Pascal qui prennent place dans leurs appartements avec un petit apéro comme il se doit.

Aucune difficulté à m’endormir après une bonne journée bien remplie !

Jeudi 22 juillet :

Rendez-vous était donné à 9h00 sur le parking avec Laurent et Kty…j’y suis ponctuel, en tenue de vélo, vélo à la main, mais je m’aperçois que mon pneu arrière est en état de décomposition avancée…je vois la corde ! Aille, les descentes vont être dangereuses ! Prudence !

Je pars avec Kty, Laurent descend en camion, afin de nous éviter la remontée sur la Plagne en fin de sortie et de nous permettre d’aller sur le site de l’organisation, au fond de la vallée.

Nous descendons avec Kty, prudemment, mais à bonne allure, jusqu’à Aime La Plagne, ou nous arrivons après les 22’ standard !

Laurent est prêt, le camion Asics est garé, nous filons par une petite route de fond de vallée jusqu’à Bourg-Saint-Maurice. Cette fois-ci, pas de Petit Saint Bernard au programme, mais la montée jusqu’au Cormet de Roselend, avec une petite excursion avec Laurent jusqu’au fond de la Vallée des Glaciers.

La pente avoisine les 7% régulièrement, quelques petits plats pour récupérer sur cette belle montée arborée et ombragée. Et puis nous rentrons dans la vallée des Glaces, sur une portion de l’UTMB, sur une petite route aux pentes (très !) raides, Laurent en profite pour m’attaquer, je calle un peu sur ces à-coups successifs.

Nous revenons au refuge pour un petit coca désaltérant et ne trainons pas pour continuer notre ascension jusqu’au sommet du col. En haut, nous attendons Kty alors que le temps ce couvre sérieusement, puis une fois la petite photo souvenir faite, nous repartons dans la descente, frein lâchés ! Au bout d’km, crevaison de Laurent. 3 crevaisons plus tard, plus de chambre à air…dernière chance. S’étant aperçu que c’était lors du freinage qu’il crevé…il termine la descente…uniquement avec le frein avant !!!

Kty et moi sommes partis devant, prêt à revenir avec le camion le chercher. La sortie fera en tout 90km avec un bon col est pas mal de dénivelé, belle sortie !

Un petit tour sur le site de la 6000D et nous remontons à notre appartement.

Vendredi 23 juillet :

Lever à l’aurore. Aujourd’hui : Trail Expérience By Asics. Encadrement de stagiaire pour une journée bien sympathique. Elle ne commence pourtant pas au mieux avec un temps couvert et quelques gouttes. Pour m’accompagner, Francky (Bussière), qui ne participe finalement pas à la 6000D car en reprise après blessure, Kirtap (Bohard), qui part le lendemain en reco UTMB, et notre épouvantail du Team Maud Giraud, qui court quant à elle les 66km de la 6000D du lendemain.

Et pourtant, les sessions se suivent et affichent presque toutes complets. Je retrouve des connaissances, tel qu’Eric de la Réunion. La journée se passe entre accompagnement lors du test VMA, essayage de chaussures, bref, la journée passe vite.

Le soir, après un essai vain pour la pasta party, j’y croise Yann, le « Tchèque Réunionnais », on se rabat dans un petit resto à coté du site entre nous avant de retourner dans nos appartements, car le lendemain, c’est la course.

Le sommeil arrive rapidement après une journée à ne pas chaumer...

Samedi 24 juillet :

C’est le jour de la course. Pour moi, départ 9h30. Le départ des 66km de la 6000D classique est quant à lui donné à 8h00 dans le fond de la vallée…je fais bien de courir le 22km dont le départ est donné au pied de l’appartement !

Bref, réveil tranquille à 8h00, préparation des affaires. Je fais light ai niveau des ravitaillements, je prévois 2h00 de course maxi, il y a un ravitaillement à mi parcours, j’opte donc pour la ceinture porte bidon avec 1 gel Maxim 3 doses « au cas ou ».

Pour la tenue, ce sera ma tenue de course habituelle, tee-shirt manche courte malgré la fraicheur, le parcours monte dès les premiers mètres, je vais donc rapidement me réchauffer. J’enfile mes manchons et Quad Compressport, ils me gaineront bien les muscles des jambes et la descente risque de taper un peu, ça me préservera ainsi de petits traumatismes musculaires et me gainera pour la montée.

Pour les chaussures, je chausse mes Asics Trabucco. Je peinerais un peu plus que les autres dans la montée certainement car ce ne sont pas mes chaussures les plus légères, mais la descente étant technique, elles me permettront de m’y aventurer sans appréhension, étant très stable et elles maintiennent bien mes chevilles. Bref, la tenue la plus appropriée pour une reprise d’entrainement/compétition en limitant les risques de blessures. Et pour la « final tuch », je visse ma casquette fétiche sur la tête…y’a plus qu’à !

Pour l’objectif, c’est une reprise. Si je termine dans les 5, je serais déjà satisfait ! Une reprise, et qui plus est en montagne, je ne veux pas viser la lune non plus !

Bref, fin prêt, avec Pascal, nous partons nous échauffer. Francky, lui, est parti en avance pour rejoindre le glacier de Bellecôte. La montée du départ (120m de déniv. +  quand même !) faite en échauffement, ça me suffit pour moi, Pascalou repars donc sur le circuit, et moi, je m’avance dans le sas de départ.

Pas de tête connue sur la ligne. Romuald (De Paepe), m’avait annoncé qu’il viendrait peut être…il n’a pas l’air là. Tant pis, je fais ma course « d’entrainement », je profite du paysage et de l’opportunité de pouvoir courir en montagne.

Le départ est donné. Aucune transition. Dès la ligne franchie…ça monte ! Et ça monte sévère !

Je pars vite, car au bout de 20m, il n’y a de place que pour 1 personne à la fois sur le tracé du talus que nous devons monter. J’y arrive le premier ! Premier objectif : atteint !

Je poursuis mon effort tranquillement, un groupe de 5 me rejoint, et nous entamons la première montée par un chemin qui se rétrécie au fil des mètres.

Dans ma folie, j’accélère le rythme, laissant tout le monde à quelques longueurs derrière moi. Nous enchainons les lacets, mon accélération à fait mal…surtout à moi ! Du coup, ils sont 2 à revenir sur moi, il y a Marc Maroud qui est ici sur ses terres, et José Istace. Nous approchons de la crête, et c’est Jérôme Poussines, qui porte le même maillot Asics que moi, qui nous rejoint. Derrière, l’écart est fait. Sur la crête, nous voilà à 4, Jérôme ayant recollé.

Bientôt, après le kilomètre de plat sur la crête, avec descente, Jérôme et José se font la belle.

J’essaye de suivre, pour finalement me retrouver intercaler entre les deux hommes de tête et l’homme de la Plagne derrière.

La montée reprend, je continue à trotter, en maintenant au mieux l’écart avec les premiers, mais ils me prennent mètre par mètre. Derrière, je gagne progressivement un peu de terrain aussi. Nous grimpons par un large chemin de 4x4 roulant, seul la pente rend la progression difficile.

Les écarts n’évoluent plus, le parcours quitte le chemin pour un sentier raide et difficile, quelques instant plus tard, me voilà sur la butte. De l’autre coté, Pascal m’attends et m’encourage à vive voie. Devant, la tête de course à 400m d’avance, ils sont au bord du lac des Blanchets. Je redescends jusqu’au lac, avec Pascal à mes trousses qui me crie ses encouragements.

Arrivé au Lac, je vois les premiers de l’autre coté qui commence l’ascension des quelques lacets du mur qui permet d’accéder à la plaine précédent la montée à la Roche de Mio.

Une moto-cross me tourne autour, me faisant partager ses gaz d’échappement, moi qui suis déjà le souffle court. En prime, j’ai le droit et pétarade du moteur…quoi de mieux que le trail, nous qui venons courir en nature !

Derrière, Marc Maroud et un gars au maillot Adidas reviennent sur moi. Je monte avec ce nouveau challenge de ne pas marcher. Avec persévérance, j’arrive au sommet de la montée, tout en maintenant mon écart avec es poursuivant. Je ne me préoccupe maintenant plus des premiers, ne pensant plus pouvoir les reprendre.

Le plafond nuageux s’abaisse, dissimulant les sommets environnant ainsi que le sommet de la Roche de Mio. Je retrouve pour quelques mètres le piste de 4x4 avant de bifurquer sur la droite à travers la plaine. J’estime à une minute l’écart avec l’avant-garde, mais à moins l’écart avec le 4 et 5ème. Je m’attends à un retour rapide, je commence à avoir les cuisses qui chauffent. Je pense donc à m’économiser sur le reste de la montée pour faire une bonne fin de course et intégrer les 5 premiers.

Je rentre dans les nuages, au pied de la Roche. Derrière, Marc a lâché le Adidas et reviens sur moi. Je temporise en espérant pouvoir m’y accrocher pour le petit kilomètre qu’il reste à grimper. Je me fais violence, mais lorsqu’il me rejoint, je donne tout pour prendre son rythme…et j’y arrive ! Nous creusons ainsi le trou sur les coureurs qui nous suivent…par contre, impossible de savoir si ceux de devant sont loin…nous n’y voyons pas à 20 mètres !

Marc maintient une bonne allure, je reste calé. Un virage en épingle à mi pente, il se met à marcher. Je garde ma petite foulée, je passe devant et lui prends quelques mètres.

Il revient rapidement sur moi et reprend les commandes. Je le recale derrière. Nous recommençons encore deux fois la manip’, pour finalement arrivée au sommet sans l’avoir vu approcher avec la densité de la brume. Le froid est saisissant. En haut, pas mal de monde pour nous encourager. Pour ma part, je suis dans le brouillard dans tous les sens du terme. Usé par cette éprouvante montée. En prime, mes jambes sont toutes dures, plus l’habitude d’efforts aussi intenses !

J’entends, sans les reconnaitre, beaucoup d’encouragements à mon attention, je reconnais juste la vie de Céline qui me tend mes lunettes pour me protéger les yeux dans la descente et m’éviter de m’embrumer les yeux de larmes. Je les mets aussitôt…mais pas longtemps !

Je passe le pointage lors duquel on bipe mon dossard, Marc m’a pris une dizaine de mètre à cette occasion, puis j’entame la descente vers le col de la Chiaupe. Je n’y vois toujours pas à 10 mètres ! Avec le brouillard, je me retrouve plein de buée sur les lunettes, je les retire donc rapidement ! Je maintiens la distance avec Marc, stabilisant à une trentaine de mètre l’écart qui nous sépare.

La piste est toujours large et roulante, à grande enjambée, je la dévale, pas de vive douleur à mes douleurs de début de saison, juste un petit rappel à ma pubalgie, mais sans grande inquiétude. 10 minutes de descente à tombeaux ouvert et nous approchons du col, en sortant tout juste du nuage dans lequel nous nagions.

Devant, Marc m’a pris une centaine de mètre.

Derrière, deux poursuivants, mais avec une bonne trentaine de seconde de retard, je suis soulagé !

Surprise, au col, ravitaillement, ça, c’était prévu, mais Marc s’arrête pour se ravitailler. Je passe sans m’arrêter, encore plein de ravitaillement dans ma ceinture porte bidon.

Je repasse donc sur le podium et poursuis ma descente sur la piste. Je dois avoir une bonne minute de retard sur la tête de course.

Rapidement, alors que la piste part en lacet, le tracé nous fait couper ceux-ci, je file sur le single à suivre. Avec les chaussures, aucunes appréhensions, j’enchaine les sauts. Un peu plus loin, profitant d’un retour sur la piste de quelques mètres et donc d’un sol roulant, je me retourne…pas la moindre trace de quiconque derrière…plutôt rassurant !

Tout en continuant à dévaler la pente, je vois, devant, à une trentaine de seconde, les deux premiers pas loin l’un de l’autre. Alors que je regarde où ils en sont, je loupe un virage du single, et par en tout droit ! Je récupère la piste un peu plus loin après avoir fait un parallèle en hors piste ! Du pur plaisir ! Je saute pour récupérer la piste et repars dans la trace. L’écart avec Jérôme, second, fond comme neige au soleil, heureusement…il n’y a pas de neige.

Derrière, toujours personne en vue ! Quant à moi, les jambes vont de mieux en mieux, je me prends pour mon frère et pars à fond dans les virages. Le bas de la descente approche, je recolle rapidement à Jérôme. Je reste un peu caler derrière, pour me reposer un peu, et parce que le sentier ne me permet pas de doubler. Passage d’un torrent, et de l’autre coté, nous trouvons un sentier un peu chaotique, qui suit en montée descente à flanc de montagne. L’altimètre se stabilise autour des 2000m. Je profite d’une bosse pour passer devant et accentuer l’allure. Je lâche mon camarade tout en l’encourageant, des encouragements qu’il me retourne.

Devant, le premier est à une centaine de mètre. Je fais le forcing pour revenir dessus, une partie un peu plus technique, je sais qu’il a des chaussures de running classique, il doit donc forcément être moins à l’aise que moi, et effectivement, je vois tout de suite la distance entre nous deux se résorber.

1km plus loin, j’arrive au point d’eau du Chalet du Carroley, je suis maintenant avec José au pied de la dernière difficulté qui monte jusqu’au Col d’Arpette. 300m de dénivelé supplémentaire ! Je pointe mon dossard auprès du commissaire et repars dans la foulée de José.

Les premiers mètres de l’ascension, je me contente de rester sagement derrière, voulant récupérer un peu de ma remontée, et puis mes jambes me démange, je passe devant et appui l’allure. Il ne tarde pas à lâcher prise et je me retrouve en tête de la course, en marche rapide dans la partie la plus pente, à creuser mètres par mètres mon avance. Je profite de chaque pente un peu moins raide pour reprendre un pas de course plus rapide et à conforter ma petite avance.

Après une traversée d’alpage, je me retrouve sur un chemin à 4x4, des spectateurs m’encourage, et je me sens de mieux en mieux. Les jambes répondent bien malgré l’accumulation des kilomètres et la rapidité de la course.

J’arrive enfin au Lac du Carroley, à près de 2200m d’altitude…encore 140m avant le col…

Pour repartir du lac, le parcours s’engouffre dans un rentrant abrupt d’éboulis. La marche devient imposée. Les cuisses rentrent en ébullition !

En haut du mur, je reprends un monotrace qui longe la pente, en montée un beaucoup plus douce. Je me retourne, José est encore au pied du rentrant. L’écart est fait. Je ne m’inquiète plus trop, je me sais a priori plus à l’aise dans les descentes, et la première moitié d’ascension montre que je suis plus frais que lui. Je n’ai donc pas de motif de m’inquiéter.

Je traverse une piste, notre itinéraire coupe direct vers le col, traversée de pierrier, puis après quelques mètres d’ascension sévère, j’arrive sur l’alpage qui monte en direction du col.

Je relance aussitôt, me forçant à surpasser la douleur dans les cuisses de plus en plus pesante.

Arrivé en haut, nouveau pointage, toujours en tête, et derrière, je me retourne, c’est encore José, suivi de près par Jérôme. J’ai une bonne quarantaine de secondes d’avance. Rassuré par la descente précédente, j’envisage une descente prudente jusqu’à l’arrivée.

Je bascule de l’autre coté du col et m’élance à grandes enjambées à travers l’alpage. La descente est jalonnée régulièrement. De temps à autre, je me retourne. Aucune trace de poursuivant !

Mon porte bidon commence depuis le col à se desserré, je suis contraint de le régler régulièrement, mais rien n’y fait. Il tourne sans cesse.

L’alpage traversé, je retrouve la piste 4x4 et poursuis par celle-ci ma descente jusqu’à Belle-Plagne. Plus trace de balisage, je commence à m’inquiéter, mais poursuis dans la bonne direction, arrive dans Belle-Plagne, et retrouve enfin la trace…ouf !

Je décide de prendre mon porte bidon dans la main, il est instable autour de ma taille et me perturbe plus qu’autre chose, tant pis, je cours avec lui à la main…

Maintenant, c’est « tout schuss » jusqu’à l’arrivée par un chemin caillouteux, et toujours personne en vue derrière, l’arrivée approche rapidement, la course et presque gagnée !

400m du but…mon bidon tombe, le temps de m’arrêter, je rebrousse chemin sur quelques mètres pour le récupérer et repars dans la bonne direction. En bas, Pascal m’attends juste avant l’arrivée, je suis heureux de gagner sans en avoir eu l’intention. C’est toujours « une victoire dans l’escarcelle » !

Dernier talus à descendre, et puis je franchi enfin l’arche d’arrivée, victorieux, après 1h44’ de course, un début de course bien laborieux, mais tant de plaisir dans la deuxième moitié de course !

Pour moi, la semaine est terminée, et joliment !

Je file à la douche, reviens sur l’aire d’arrivée pour voir passer la course du 66km, encourager les premiers et notre Maud nationale, puis nous filons la rejoindre en direction de la vallée pour l’accueillir à l’arrivée.

Elle termine première… « Comme d’hab’ » !

En milieu de journée, enfin, nous remontons à nos appartements, puis y dinons avec les boss, avant la remise des récompenses, le lendemain midi, puis un long retour vers la maison.

 

 

Nom

Prénom

Temps

Club

1

CLAVERY

Erik

01:44:29

TEAM ASICS

2

ISTACE

José

01:46:31

AS ANZIN ATHLÉTISME

3

POUSSINES

Jérôme

01:46:36

 

4

DALBAN MOREYNAS

Clovis

01:47:16

ASPTT ANNECY

5

MAROUD

Marc

01:47:59

VEO 2000 LA PLAGNE

6

DIRAND

Xavier

01:50:06

TEAM MARTINS

7

DIDE

Mickael

01:51:52

RUNNING 41

8

MORO

Serge

01:51:56

 

9

DURAND

Mathieu

01:52:00

SPORTING CLUB ATHLÉTIC DE BRY

10

VIALA

Remy

01:55:26

 



17/08/2010
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